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Quatre étés de vacances au Portugal, notre quatrième article dans LusoJornal: «Vacances au Portugal: réflexions subjectives». Titre auquel nous pourrions ajouter ou remplacer par «élection municipales: le ressenti de notre intérieur dans l’intérieur du Portugal».

Septembre au Portugal 2017, mois de campagne électorale pour les élections municipales. Acte qui se répète tous les 4 ans. Image de démocratie.

Démocratie qui au Portugal n’est pas si lointaine que cela… liberté retrouvée le 25 Avril 1974, après 48 ans de dictature Salazaliste-Caetaniste. Démocratie retrouvée, démocratie partagée, le Portugal donnant l’indépendance à ses anciennes colonies qui étaient l’Angola, le Mozambique, le Cap Vert, la Guinée Bissau, São Tomé e Príncipe et Timor. Démocratie que dans ces derniers a encore bien des progrès à faire.

Rappelons qu’Angola, qui a été visitée, peu avant sa mort, par Lady Diana, avait à l’époque, le record du pays au monde avec le plus d’explosifs enterrés. José Eduardo do Santos, en tant que Président de la République y a régné de 1979 à 2017. Pour des raisons de santé, il a abandonné cette charge, donnant place à l’élection, le 28 août dernier, de João Lourenço. Eduardo dos Santos prend lui en main le parti MPLA, ce même parti qui distribue les richesses et les postes.

Au Portugal, ce dimanche1er octobre, l’alternance l’importera ou un nouveau mandat sera reconduit pour certains des élus locaux en place. Les élections municipales ne se font qu’à un tour.

Impossible d’échapper et de ne pas être au courant que des élections se préparaient: la télé et autres moyens de communication sont là pour le rappeler, ainsi que des panneaux gigantesques dans les lieux stratégiques avec le portrait des candidats. De la pollution visuelle?

Il y a eu de l’animation ces dernières semaines au Portugal. Elle s’est accélérée à l’approche de l’acte électoral: chaque candidat local a organisé sa caravane avec parfois tout type de moyens de transport, décorés de drapeaux, d’affiches et avec musique et slogans à fond la caisse. De la pollution sonore?

Le plus petit recoin du Portugal a pour l’occasion été visité. Nous avons été bloqués à l’entrée du petit village de Descoberto par la caravane de voitures du candidat à la Mairie de Fundão, Paulo Fernandes. Les voitures étaient presque plus nombreuses que le nombre d’électeurs du village. Signe de démocratie, de pêche aux électeurs indécis, visite qui s’impose pour l’image avant quatre ans d’oubli, signe d’espoir ou de nouvelles responsabilités qui seront assumées?

Lundi 25 septembre, jour de Marché à Fundão, jour de campagne, les candidats sortent les dernières «armes». Les caravanes des différents candidats montent et descendent la bien-nommée Avenida da Liberdade, ils visitent les stands du marché, les cafés et autres commerces.

Paulo Fernandes, candidat du PSD à la Mairie de Fundão, brigue un nouveau mandat. Malgré les prévissions de sa réélection, il semble être le plus actif des candidats.

Alors que nous mangions au restaurant «A Cascata», il accepte de nous parler pendant deux minutes. On le sent un peu fatigué. La fatigue commençait à se faire sentir à une semaine du verdict des électeurs.

L’été a été chaud pour Paulo Fernandes. A la température extrême de juillet et août, Paulo Fernandes s’est trouvé en première ligne alors qu’un incendie dévastateur détruisait bonne partie de la montagne de Gardunha, feu qui a anéanti les efforts d’une vie, détruisant même des vergers de la réputée cerise de Fundão. Des paysages qui prendront des dizaines d’années à renaître de ses cendres. On a vu dans les télés, l’image du candidat, interrompre l’interview, pour courir vers une voiture de pompiers qui venait de se retourner. Quatre pompiers furent blessés. Cela s’est passé à Alcongosta.

Dans l’Avenida da Liberdade, à Fundão, nous interpellons un ancien collègue de lycée, candidat dans la liste communiste de la colligation CDU. Il conduisait une voiture de la caravane, haut parleurs avec musique et slogans. Pas de photo du candidat sur la voiture… je lui ai dit: même si je veux voter pour toi, je ne vois pas pour quelle liste tu fais campagne. Il me tend un prospectus. Pas loin de là, sur le trottoir, d’autres distribuent la même information et parlent aux clients des cafés attablés en terrasse.

A notre cousin Hélder Marrucho, qui fait cause commune avec Paulo Fernandes et qui se candidate pour un deuxième mandat à Alcaria, village de 1.200 âmes, nous avons posé la question s’il avait organisé des réunions publiques. Il nous a répondu, préférer être sur le terrain, aller à la rencontre des citoyens pour mieux les écoutez et informer.

L’ambiance ce 25 septembre était bruyante à Fundão. Les caravanes des différents candidats faisaient presque toutes les mêmes parcours, elles se croisaient dans un respect mutuel… n’est-ce pas là un des signes de la démocratie?

Fundão et sa région se dépeuple, la population vieillit. Une population qui veut encore y croire, alors que bien des têtes pensantes semblent, eux, dire que la lutte est perdue d’avance… nombreux étant les handicaps.

Des universités attirent de plus en plus d’étudiants, l’enseignement y est de qualité, des entreprises étrangères s’y installent dans des domaines tels que l’informatique, l’horlogerie, sous-traitants en produits de grand luxe…

Attachés à leurs terres, les «Beirões» veulent faire pousser d’espoir là ou l’on voit que des cendres. N’est-ce pas là une des caractéristiques des Portugais en général? Peuple qui a traversé bien de crises, mais qui ne perd jamais l’espoir de voir arriver des jours meilleurs.

N’est-ce pas là, la qualité d’un peuple qui semble sortir en cette fin 2017 d’une importante crise économique? N’est-ce pas là, également, une des raisons qui attire touristes et fixe des étrangers?

 

 

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