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Les commémorations du Centenaire de la 1ère Guerre Mondiale entament la dernière année. Année pendant laquelle les cérémonies de la Bataille de La Lys vont prendre une importance et signification toute particulière. Retenez la date du 9 avril.

LusoJornal donne aujourd’hui la parole à l’historien Bertrand Lecomte qui vient de publier un livret qui permet de comprendre notre participation dans le conflit qu’on appelé: la Grande Guerre.

Nous avons rencontré Bertrand Lecomte lors de l’exposition des 10 au 12 novembre à Laventie, consacrée précieusement à la participation portugaise à la 1ère Guerre Mondiale.

Le livret, composé de 14 thèmes, était sous presse. Le voilà édité sous impulsion de l’association L3C (La Couture, Champs de Culture). La Présidente de L3C, Anne Serniclay, dans le dos de la couverture nous dit «En hommage à Afonso da Silva Maia… ce livret concerne l’histoire de notre région pendant la 1ère Guerre Mondiale, mais va plus loin…».

Pour en savoir plus voici l’interview que Bertrand Lecomte a accordé à LusoJornal.

 

D’où vous vient la passion pour le thème de la 1ère Guerre Mondiale?

Mon intérêt pour l’histoire de la Première Guerre mondiale remonte à l’enfance quand, par le plus grand des hasards, j’ai découvert quelques shrapnels en me promenant près de Neuve-Chapelle. J’ai aussitôt demandé à ma grand-mère ce qu’étaient ces petites billes grises. Elle m’a répondu: «c’est des plombs! ça vient de la guerre». Je compris alors que le territoire où je vivais avait été un champ de bataille. Très curieux et passionné par l’histoire, j’ai questionné mon entourage pour en savoir plus. J’ai découvert qu’entre 1914 et 1918, des milliers d’hommes avaient combattu dans des tranchées creusées près de la maison de mes parents, à Fauquissart-Laventie, et celle de ma grand-mère où j’avais trouvé les «plombs».

 

Pourquoi le thème de la participation portugaise?

Durant mon adolescence, j’ai passé une grande partie de mon temps libre à parcourir le territoire en vélo à la recherche des traces du conflit visibles dans le paysage: cimetières, mémoriaux, blockhaus, etc… J’ai ainsi constaté l’existence du cimetière militaire de Richebourg et du mémorial de La Couture, consacrés à la mémoire des soldats portugais. J’ai aussi lu de nombreux témoignages de civils dont certains évoquent la présence des troupes portugaises. Lorsqu’Anne Serniclay, Présidente de l’association L3C, qui œuvre notamment à l’entretien des liens culturels entre La Couture et le Portugal, m’a proposé de publier en 2017 un texte sur les Portugais et la Première Guerre Mondiale, j’ai aussitôt pensé qu’il était judicieux de produire un récit historique sur la présence du CEP dans les tranchées de Flandre à partir d’avril 1917.

 

Comment est venue l’idée du petit livret?

En discutant avec Anne Serniclay et d’autres habitants de La Couture, il est apparu nécessaire d’expliquer aux habitants du territoire, notamment les nouveaux résidents, l’histoire des soldats portugais dont le passage a laissé des traces dans le village. En effet, à un siècle de distance, la population locale ne connait pas toujours les raisons de l’édification près de l’église du monument portugais dont la statue représente le combat entre un soldat et la mort. Une présentation didactique, accessible aux lecteurs de tous les âges, semblait donc la meilleure solution. Je remercie l’association L3C et sa Présidente pour la confiance qu’ils m’ont accordée en me confiant la réalisation de cet livret intitulé «Les troupes portugaises en France 1917-1919».

 

En quelques phrases comment résumer la participation portugaise à cette 1ère Guerre?

Pendant la Première Guerre mondiale, l’effort de guerre portugais a d’abord été dirigé vers l’Afrique pour la défense des colonies menacées par les troupes allemandes (Angola et Mozambique). Puis, après la déclaration de guerre par l’Allemagne en 1916, le Gouvernement a décidé d’expédier une force militaire de 55.000 hommes pour combattre en Europe aux côtés des Britanniques. Engagées en première, les troupes portugaises ont été impliquées dans les premiers combats de la Bataille de la Lys déclenchée par les Allemands le 9 avril 1918. L’effort de guerre portugais en France a également permis de constituer un Corps d’artillerie intégré à l’Armée française. Des aviateurs ont été affectés à des escadrilles alliées et des travailleurs portugais ont rendus d’importants services dans les usines d’armement françaises.

 

Avez vous d’autres thèmes de la vie de l’histoire qui vous passionnent?

Professeur d’Histoire-Géographique au collège Pierre Brossolette de Noyelles-sous-Lens, je suis intéressé par toutes les périodes historiques. Cependant, je me suis spécialisé dans l’histoire des conflits, notamment la Première Guerre Mondiale. Considérant l’événement dans son contexte, j’étudie son histoire aussi bien sous l’angle militaire que sociétal. Lors de mes études universitaires, j’ai donc rédigé un mémoire sur l’expérience des civils vivant près du front entre Béthune et Armentières, au contact des soldats britanniques et portugais. Je viens d’ailleurs de publier un article sur cette question dans la Revue du Nord: Lecomte Bertrand, «Les civils et la présence militaire britannique sur le front du Pays de l’Allœu (octobre 1914-avril 1918)», Revue du Nord, 2017/1 (n° 419), p.151-171. DOI: 10.3917/rdn.419.0151.

 

Depuis combien de temps travaillez vous le thème de la Grande Guerre?

Cela fait donc plus de 20 ans que je m’intéresse beaucoup à ce thème notamment dans le Nord et le Pas-de-Calais. Ma formation universitaire et mon métier d’enseignant me permettent d’aborder ce travail d’histoire d’une façon efficace et de faire un important effort de vulgarisation.

 

Faites vous parti d’associations?

Avec un copain passionné, Loïc Vasseur, j’ai créé en 2004 une association qui œuvre à l’histoire et la mémoire de la Première Guerre Mondiale dans la région des Hauts-de-France. Elle est intitulée «L’Alloeu Terre de Batailles 14-18». Je suis également adhérent d’une autre association: «Fromelles en Weppes Terre de Mémoire 14-18».

 

Comment mettez-vous en valeur le produit de vos recherches?

Le résultat de mes recherches est mis en valeur dans plusieurs cadres. En 2014, la communauté d’agglomération de Béthune-Bruay m’a par exemple demandé de concevoir une exposition historique et pédagogique intitulée «Ligne de Front». Ce fut une expérience passionnante de vulgarisation de l’histoire de dix communes entre 1914 et 1918, dont celles de La Couture, Richebourg et Neuve-Chapelle. Des offices de tourisme, des écoles et des associations me demandent parfois de donner une conférence sur certains événements, d’animer des visites découvertes sur le terrain ou des ateliers pédagogiques. Dans le cadre de l’association «L’A.T.B.14-18» dont je suis Président, j’assure la mise en place avec l’aide du collectif d’un cycle d’expositions afin de partager la connaissance de cette époque auprès de tous les publics. En 2017, l’association a ainsi présenté une exposition dédiée aux soldats portugais à l’occasion du centenaire de leur arrivée à Laventie, La Gorgue, Merville, Richebourg, Lestrem, La Couture, Neuve-Chapelle, etc…

 

Selon vous n’a-t-on déjà tout dit sur cette Guerre? Sinon sur quels axes y a-t-il encore de progrès à faire dans notre connaissance de ce conflit?

L’histoire de la Première Guerre mondiale, en tant que fait de société, est un puit sans fond. De nombreux aspects, tant militaires que sociaux, sont à étudier. Depuis quelques temps, je m’intéresse notamment à la question des relations entre les civils et les militaires dans la zone du front exposée aux bombardements. C’est un sujet passionnant et méconnu qui révèlent des relations surprenantes entre les deux groupes.

 

Le Centenaire de la Bataille de la Lys aura lieu le 9 avril, jour même de la bataille. Allez-vous participer à ces commémorations?

À l’occasion du Centenaire de la Bataille de la Lys, durant laquelle les troupes britanniques et portugaises ont combattu les forces allemandes, plusieurs événements seront organisés dans la communauté d’agglomération Artois-Lys Romane sous la coordination de l’Office de Tourisme. J’assisterai très probablement à la cérémonie officielle. Par ailleurs, l’exposition sur les troupes portugaises produite par «L’A.T.B.14-18» sera installée dans l’église de La Couture, me donnant ainsi l’occasion de la présenter au public.

 

 

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