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À quelques jours du début de l’événement le plus médiatisé, le Championnat du Monde de Football, il nous semble opportun de réfléchir sur la place du sport dans notre société.

Cristiano Ronaldo est un grand joueur de football, primé par 5 Ballons d’Or. Est-il un simple joueur de football? Ou n’est-il pas aussi un important agent économique, voire «matière première» pour le Portugal et son club?

Il est bien difficile de quantifier l’impact économique, toutefois peut-on ignorer le fait que parler de Cristiano Ronaldo, c’est d’une certaine façon parler du Portugal? Combien de touristes ne se sont-ils pas déplacés au Portugal, voir Madère, île dont Cristiano Ronaldo est originaire, consciemment ou inconsciemment, à cause du Ballon d’Or?

Le sport est source de bien-être, moteur économique, mais aussi activité où les dérives sont nombreuses, voire un milieu où règne la corruption.

Le sport fait parfois la une des faits divers: l’affaire Joseph Blater, Platini, la sex-tape Benzema-Valbuena, l’arrestation de plusieurs membres éminents de la FIFA,… ont eu droit de cité dans les médias du monde entier. Ajoutons également pour la France, le scandale des matchs truqués d’handball et pour le Portugal, la corruption maintes fois dénoncée, de l’arbitrage.

La liste est bien longue.

Depuis le 15 mai, le Sporting de Lisboa a droit de cité dans les médias dans le mauvais sens: une cinquantaine d’individus se sont introduits dans l’Academia d’Alcochete, le Centre d’entraînement et de formation du club, et ont blessé l’entraîneur, son adjoint, 6 joueurs et des physiothérapeutes.

La conséquence de ceci: la demande de résiliation de contrats de part de joueurs et de l’entraîneur, Jorge Jesus. Ce dernier part entraîner en Arabie Saoudite. Parfois quand on change de club et l’on demande à l’intéressé pour qu’elle raison, on réponde à la presse: «j’y vais pour le défi sportif, pour le projet…». Nous dirions: «mon œil!». Jorge Jesus va gagner par heure le correspondant d’un SIMC un quart d’un ouvrier portugais, soit 800 euros à l’heure… pour un entraîneur c’est pas mal!

Dans le sport, et tout spécialement dans le football, l’hooliganisme a pratiquement disparu en Angleterre, à la suite de mesures radicales prises, mais s’est développé ici et là. La violence s’exprime ainsi malheureusement dans des lieux où la fête doit régner. Des idées extrémistes s’y expriment.

Le sport source de violence, source de drames, à l’image de la finale de la ligue des Champions entre Liverpool et Juventus, le 29 mai 1985 au stade du Heysel: 39 morts et 454 blessés.

Il y a la corruption par l’argent, mais aussi par la triche au niveau des pratiquants du sport de haute compétition. Chiffre éloquent et terrifiant à la fois, entre 1968 et 2014, sur les 3 cyclistes du podium à l’arrivée du Tour de France, 65% d’entre eux a été épinglé par le dopage à un moment donné de leur carrière.

Le seul intérêt du sport de haute compétition, n’est-il pas dans la recherche de l’audience? De la médiatisation de l’événement et de la vitrine offerte aux grandes marques?

Alors que la presse écrite au Portugal ne se porte pas trop bien, le Portugal doit être le seul pays au monde possédant 3 quotidiens de sport: a Bola, le Record et le Jogo… de quoi créer des polémiques et de les entretenir entre les clubs et entre ses Présidents.

Le football l’opium du Portugais?

Dans l’antiquité, le sport était vu comme un Art, les athlètes étaient adulés, montrés comme des héros, voir comme des Dieux. Pierre de Coubertin définissait: «le sport va chercher la peur pour la dominer, la fatigue pour en triompher, la difficulté pour la vaincre».

Les critiques du sport voient celui-ci comme un moyen de gouvernance, un moyen de pression vis-à-vis de l’opinion publique et une manière d’encadrement idéologique des populations, tant dans les pays totalitaires que dans les pays dits démocratiques, alors que le sport se veut ou se présente comme un synonyme de liberté, de fraternité, de justice, de morale et de pureté.

Il faut dire le «Beau sport» s’est transformé en une célébration de «l’argent roi» où les plus riches gagnent et où les sportifs ne sont guidés que par leurs comptes en banque.

Quel triste modèle donné à la jeunesse que ce jeu où des joueurs, trop souvent mercenaires et parfois mal élevés, amassent des fortunes.

Quel triste spectacle que ces clubs de plus en plus déracinés de la région d’où ils viennent.

À cette vision du sport s’oppose celle qui défend le sport comme galvaniseur des passions et des émotions, de réconciliations et de terrains de rencontres des classes de la société. Le sport est l’école de la vie, le combat pour le sport c’est le «combat pour la vie, pour l’avenir».

Le sport a une fonction de mobilisation des foules pratiquement à nulle autre pareille: il fusionne les classes à la différence d’autres idéologies qui, elles, divisent et avivent les clivages.

Autres aspects essentiels et raison d’être: le sport comme instrument efficace au service du développement et de la paix, le sport comme outil humanitaire, social et de réconciliation. Le sport améliore les résultats scolaires, la santé et soutien l’économie en créant des emplois. Il fait la promotion de l’égalité des sexes et enfin sensibilise aux problèmes de l’environnement. Avoir une population en bonne santé à des répercussions positives sur l’économie: les coûts médicaux diminuent et plus de personnes seront en état de travailler.

L’autre point positif du sport est que chacun peut le pratiquer quelles que soient ses idéologies politiques, sa langue, ethnie ou religion. Le sport devient ainsi une «langue mondiale», il détruit les murs et les barrières. Ce type d’événement est fédérateur et mobilisateur, faisant souvent oublier le clivage politique et économique.

Le Ministre des sports, Patrick Kanner, à la veille de la finale de la Coupe Davis, au stade Pierre Mauroy, entre la France et la Suisse, en date du 17 novembre 2014, affirmait: «On a besoin d’une France qui gagne… ça fait du bien de positiver à une époque où on doute beaucoup…». On voit dans ces propos l’importance du sport pour un pays et son caractère mobilisateur. C’est un message fort de cohésion nationale.

Avec comme slogan «Paris entre en jeu», toute une région s’est mobilisée autour de la candidature de Paris aux Jeux Olympiques de 2024. Le sport permet de mettre en évidence des hommes, des paysages, des événements.

En 1998, la France organise le Championnat du Monde de Football. Elle le gagne. Alors que le PIB a progressé de 2,3% en 1997, en 1998 la progression a été de 3,5% et redescend à 3% en 1999.

Nous dirons que le sport est à l’image de notre société, à l’image de ses dérives… étant parfois un d’exécutoire, générateur de violence, qui parfois peut être organisé et programmé.

Des images et des événements sportifs peuvent devenir «intemporelles». Comment oublier les images du Marathon remportées par Alain Mimoun le 1er décembre 1956 lors des Jeux Olympiques. Des images qui resteront à toujours, l’image du courage, d’une France qui gagne, d’un pays multiracial et accueillant. Comment oublier les images de Carlos Lopes, vainqueur haut la main, du Marathon des Jeux Olympiques de Los Angeles en 1984? La nuit du 05 août 1984 fut pour beaucoup d’entre nous, une nuit blanche.

Le sport rapproche les peuples et peut servir même de déclencheur au dialogue diplomatique, à l’image de ce qu’on a appelé «La diplomatie du ping-pong» entre les États-Unis et la Chine et plus récemment lors des Jeux Olympiques d’Hiver 2018 entre la Corée du Nord et la Corée du Sud.

L’Espagne, en crise depuis quelques d’années, se sert du sport comme le Soft Power de son développement économie. Le tourisme et le sport, deux secteurs aux corrélations étroites. L’Espagne est l’un des trois premiers pays du monde en matière de fréquentations touristiques et les stades du Real Madrid et du FC Barcelone parmi les sites les plus visités. Le sport en Espagne s’exporte.

L’Espagne est connue et reconnue partout grâce au sport, au football principalement. Le sport est ainsi utilisé comme l’élément-clé du dispositif de renforcement de la marque «Espagne®».

La recette totale de l’Euro en France 2016 aurait atteint 1,9 milliards d’euros selon certains économistes, dont 400 millions de sponsorings et 1 milliard de droits TV, 250 millions d’euros de billetterie et 250 millions en produits dérivés. Grâce à l’Euro, 25.000 emplois ont été créés, dont 5.000 sont restés pérennes après la fin de l’épreuve sportive.

Les chiffres qui suivent me paraissent, à la limite, encore plus significatifs. Selon un sondage fait par la société Kantarsport en 2014, pendant la Coupe du Monde de Football au Brésil, 73% des Français ont affirmé qu’un tel événement sportif leur faisait oublier les tracas du quotidien, 26% affirmaient qu’ils consommaient plus quand la France gagne. Ce type d’événement contribue donc à déstocker sur l’épargne des Français et donc à relancer un peu la consommation. L’offre sportive devient motrice en se professionnalisant, le sport de haut niveau perd de plus en plus son caractère de service public.

Le sport est utilisé pour développer la notoriété des marques. Pour l’Euro 2016 et pour pouvoir avoir son nom lié à cet événement, il a fallu de 2 à 5 millions d’euros pour les «petites marques» et jusqu’à 30 millions d’euros pour les «grandes marques».

Garrett McNamara, mérite bien plus qu’une médaille. Les images de son record du Monde en surfant sur une vague de 24 mètres, le 1er novembre 2011, ont fait le tour de la planète, donnant l’occasion à la ville de Nazaré, au centre du Portugal, de devenir mondialement connue.

De plus en plus, le sport est vu comme une activité aux enjeux économiques importants. La France, mais aussi le Portugal, l’ont bien compris. Rappelons l’organisation par le Portugal ces dernières années du Championnat d’Europe de Football, du départ de 2 Paris-Dakar, du Championnat du Monde de Cyclisme et de la finale de et de la finale de la Ligue des Champions de Football. Quant à la France sa notoriété mondiale vient en partie aussi grâce au sport: Tour de France, Roland Garros, Vendée des Globes, coupes et Championnats du Monde, Jeux Olympiques…

Ces derniers jours la presse a fait la une, en France, sur les droits de retransmission de la Ligue 1 de football, raflés par l’espagnol Mediapro, avec des capitaux essentiellement chinois. Jean Michel Aulas, Président de l’Olympique Lyonnais dit que «le sport est un business comme les autres» et les autres Présidents des grands clubs français doivent se frotter les mains avec la somme historique qui vont se partager: 1,153 milliards d’euros. De quoi développer les Centres de formation et acheter les meilleurs joueurs au monde.

Le sport est le loisir préféré des Français. Il représente en France, avec ses 37 milliards d’euros, 2% du PIB et au Portugal, avec son 1,8 milliards d’euros, 1,2% du PIB. Le marché au niveau mondial du sport était de 2.181 milliards d’euros en 2015, représentant 3% du PIB mondial, pourcentage semblable à l’Europe.

Le PIB du sport en Europe représente plus que l’agriculture et la pêche conjointement. Le marché mondial du sport croit, quant à lui, 4% en moyenne par an.

Des 37 milliards du chiffre d’affaires du sport en France, 12 milliards viennent, selon la Fédération Professionnelle des Entreprises du Sport et Loisir, du chiffre d’affaires des articles de sport (chaussures, vêtements,…). Il faut dire qu’en France il y a 267 mil équipements sportifs, 17 millions de personnes sont licenciés et que chaque français dépense en moyenne 253 euros par an dans des articles de sport.

Il y avait en 2013, 116 mille salariés dans le secteur du sport en France, auxquels il faut ajouter 74 mille qui travaillent dans des activités associées (commerce de détail, location d’articles de sport, etc.).

Au Portugal le nombre de structures sportives est de 25 mille.

Le sport opium de l’homme ou moteur économique d’une nation? Nous dirons que c’est les deux à la fois.

Poutine, en organisant les Jeux Olympiques d’hiver de Sotchi et le Championnat du Monde de Football de 2018 n’a-t-il pas voulu montrer à son peuple sa grandeur et son influence personnelle et celle de la Russie dans le monde? N’y a-t-il pas une volonté de faire oublier l’embargo subi par la Russie et ne cherche-t-il pas à attirer des investisseurs et à asseoir encore son pouvoir, si besoin en était?

Et que dire du Championnat du Monde de Football organisé en 2022 au Qatar, superficie de 11.586 km2 et de seulement 2,314 millions d’habitants? Le Championnat y aura lieu pour la première fois en hiver.

Le Qatar voit dans la future épreuve sportive, la possibilité d’attirer 1 million de visiteurs et d’être vu par 3,2 milliards de spectateurs.

Des soupçons de corruption existent sur l’attribution des Championnats 2018 et 2022 de Football.

Le sport, rassembleur de peuples, mais aussi source de violations des droits de l’homme: 36.000 travailleurs sont attendus au Qatar pour construire les infrastructures, venus de pays essentiellement sud-asiatiques. En Russie, en 2013, le Gouvernement a voté une loi pour assouplir la loi sur les conditions de travail dans les chantiers de la Coupe du Monde, loi qui a permis un certain nombre de dérives.

En qualification pour le Championnat du Monde de Football 2018, 871 matchs ont eu lieu et 2.469 buts ont été marqués.

À quelques jours du coup d’envoie, souhaitons que celui-ci, soit une réussite sportive et humaine, que les 32 pays qualifiés fassent de leur mieux et que les 64 matchs qui vont s’y réaliser dans les 12 stades, dont 9 tout neufs, soient plaisants et pacifiques, à l’image du monde que nous souhaiterions. Si cela était le cas, nous dirions que le budget de 10 milliards d’euros de la compétition aura bien été utilisé.

Le sport: un besoin personnel, un rassembleur, une source de polémiques, mais aussi une activité économique en pleine expansion.

 

 

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