Uma senha ser-lhe-á enviada por correio electrónico.

Francisco José de Souza Costa et Honorine Benatz, propriétaires de la Villa Arnaga et des Thermes de Cambo-les-Bains

LusoJornal / Gracianne Bancon LusoJornal / Gracianne Bancon LusoJornal / Gracianne Bancon LusoJornal / Gracianne Bancon

Fin septembre, la visite guidée de la Villa Arnaga, à Cambo-les-Bains (64) qui avait appartenu à Edmond Rostand et sa femme Rosemonde, m’apprend qu’à la mort de l’auteur de «Cyrano de Bergerac», leurs fils l’avaient vendue à un dénommé Francisco José de Souza Costa, en 1924, pour 850.000 Francs – valeur actuelle: 872.000 euros.

Cette vaste demeure de style basque est entourée de 16 ha de terres.

Une rencontre organisée avec la Conservatrice du Musée de la Villa Arnaga, Béatrice Labat, archéologue de formation, permet d’en savoir un peu plus.

Les seuls documents classés dans les archives de la villa, suite à cette acquisition, concernent les travaux entrepris dans les jardins de la villa par Francisco José de Souza Costa de nationalité brésilienne, marié le 2 février 1899 à Rio de Janeiro à Honorine Benatz.

Les prénom et nom à consonance très vraisemblablement basque de son épouse, m’inciteraient à entreprendre des recherches élargies sur la vie sociale, économique, culturelle dans la région pendant une quinzaine d’années de ce couple sans enfant.

La proximité de l’Espagne et les événements que l’on sait sur la période franquiste, font que les archives départementales des années 30-40 ne sont aussi nombreuses que souhaitées.

Honorine Benatz fit construire le mur de clôture de la propriété de 16 ha en pierre sur une hauteur d’environ 2 mètres.

Les plans du jardin, un peu délaissé avant l’acquisition de la villa, ont été réaménagés ensuite par Jean Rossiaud, jardiniste DESH. Ses plans sont soigneusement rangés sous protections adaptées, dans les greniers de la Villa Arnaga. Un vrai labyrinthe qui n’est pas s’en rappeler les couloirs biscornus des chambres de bonnes à Paris.

Des factures conservées par le descendant direct, Jean-Marie Rossiaud, également horticulteur à Hossegor, ont été remises gracieusement par lui aux archives de la Villa Arnaga.

L’on y apprend, entre autres, que Francisco José de Souza Costa avait acheté un wagon entier de graines chez un pépiniériste d’Orléans, Georges Bénard & Cie. Le coût du transport et de location du dit wagon d’Orléans à Biarritz, en février 1929 s’élevait à 7.922,40 Francs, soit 8.100 euros de nos jours. Une facture de 240 Francs pour 3 mois de location de bicyclettes pour 2 ouvriers Stahel et Roesli venant travailler aux jardins figure aussi parmi la pile d’autres factures.

Des feuilles d’heures de travail et par ouvrier révèlent 10 heures de présence par jour, 6 jours par semaine. Ces documents rédigés à main levée et à la plume, éclairent sur les conditions de travail entre les 2 guerres.

Le choix des fleurs en lien avec les couleurs des drapeaux basques et brésiliens évolue entre le rouge, jaune, blanc, et un peu de bleu. Pour le vert: des bordures de buis.

Le plan général du jardin a été dessiné en s’inspirant de la croix basque. Une perspective dessinée en donne une autre lecture.

Lors de ce rendez-vous avec Béatrice Labat, s’est joint Fabrice Hernandez. Celui-ci se partage, comme agent d’accueil, entre la Villa Arnaga et les Thermes de Cambo-les-Bains. Il révèle que le couple de Souza Costa avait acheté les Thermes en 1922 donc 2 ans avant la Villa Arnaga.

Après la démolition des anciens bâtiments, les Thermes actuelles furent reconstruites 200 mètres plus loin en 1930 par l’architecte Henri Sajous.

Né à Bordeaux en 1897, Henri Sajous réalisa cet établissement dans le style Art Déco très en vogue à l’époque. Dans la foulée, le couple brésilien invita l’architecte à construire, en s’inspirant de celles de Cambo-les-Bains, les Thermes de São Lourenço, au Brésil. Henri Sajous s’y installa pendant presque 30 ans et réalisa de nombreux autres projets.

Si mes recherches avancent bien, d’autres articles sur Francisco José de Souza Costa décédé le 17 avril 1941 à Braga et sur le travail d’Henri Sajous, tant à Cambo-les-Bains qu’au Brésil, suivront.