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Emmanuel Macron, Président de la République, s’est exprimé sur la crise des Gilets Jaunes, et a cédé sur quelques points, en augmentant le SMIC de 100 euros pour ceux qui touchent le salaire minimum, en défiscalisant les heures supplémentaires, en abordant une prime de fin d’année, qui serait donnée par les entreprises sous le régime du volontariat mais qui serait défiscalisée, ou encore l’annulation de la hausse de la CSG pour les retraités gagnant moins de 2.000 euros par mois.

Hermano Sanches Ruivo, Adjoint Europe à la Mairie de Paris, confirme que le Président a, d’une certaine manière, cédé face aux pressions, et espère que le mouvement évolue, surtout par rapport aux manifestations centralisées dans la capitale.

 

Actuellement, que peut-on dire sur le mouvement des Gilets Jaunes?

Nous sommes devant une mobilisation atypique. Cette mobilisation constitue un désaveu des instances politiques, des syndicats ou encore les fédérations corporatistes. Ce mouvement ne peut, en aucun cas, être comparé à Mai 68 ou encore à la crise des banlieues. On peut dire que c’est un ras le bol qui se traduit par une mobilisation de petits noyaux. On peut quand même noter que l’auto-gestion de ces mouvements a ses limites. On doit déclarer les manifestations. Si elles ne le sont pas, elles sont hors la loi et plus risquées en termes de sécurisation, pourtant les Gilets Jaunes ont décidé de ne pas les déclarer. Il y a autre chose à retenir, très rapidement l’Extrême Droite, l’Extrême Gauche, les Anarchistes et les ‘Black Blocks’ ont vu dans ces manifestations un moyen d’ébranler le Gouvernement et les institutions. On sait d’ailleurs que certaines personnes d’Extrême Droite se sont infiltrées dans les groupes de Gilets Jaunes et ont passé des messages, d’envenimer les choses. Certains Gilets Jaunes sont rentrés dans le jeu et sont tombés dans la violence, se faisant interpeller. Tout est atypique dans ce mouvement, et le Gouvernement ne l’a pas compris. Tout d’abord il a joué le pourrissement, puis devant les problèmes, qui s’accumulaient, il a fini par prendre des mesures et céder. Pour finir sur les Gilets Jaunes, je dirais que les manifestations de samedi dernier étaient moins spectaculaires, mais il y a eu de la casse compulsive, qui pénalise les commerçants, les habitants et les touristes.

 

Qu’avez-vous pensé de l’intervention du Président?

Le Président Emmanuel Macron a cherché à utiliser tous les termes nécessaires, et a répondu aux principales revendications des Gilets Jaunes. Il a prononcé des mots forts et surtout il a admis qu’il s’était trompé. Sur les mesures, je dirais qu’il a presque trop ouvert la bourse avec des propositions concrètes. Toutefois on notera qu’il n’y a pas de vrai changement politique. Il accélère juste les mesures sur le pouvoir d’achat avec le SMIC et les heures supplémentaires, ainsi que de supprimer la CSG pour les retraités gagnant moins de 2.000 euros par mois. Il a essayé d’éteindre le feu. Je dirais quand même qu’il a oublié comment il a été élu. Il a gagné pour battre le FN, et ce que les Français voulaient, c’est qu’il combatte cette fracture sociale, et pas forcément imposer de telles mesures. En revenant sur les mesures, évidemment qu’il y aura des Gilets Jaunes qui ne seront pas satisfaits. Mais après, lesquels? Les initiateurs du mouvement ou ceux qui veulent que le mouvement se radicalise? Je continue sur mes questions: qui va payer la note de ces mesures? Et quel en sera le coût exact? Il y a quand même beaucoup de points d’interrogation après cette intervention.

 

Peut-on espérer un déclin du mouvement après ces mesures?

En plus des mots forts sur le respect de l’ordre, la consultation démocratique ou le vote blanc, je trouve intéressant qu’il est fait appel aux Maires. Les Maires sont mieux acceptés et on connait tous notre Maire. Il a encore une fois été bon communicant. Je pense donc qu’avec les mesures, il y a des raisons de penser que les gens délaissent les manifestations, mais pas les revendications. Cela peut calmer le jeu. Il faut passer au dialogue maintenant. On notera à nouveau que le Président a cédé, et ça, c’est peut-être le point faible de l’intervention, car une partie des manifestants va se dire qu’il y a moyen de le faire reculer encore plus. On verra ce que les réponses apportées par le Président vont avoir comme écho auprès des manifestants. J’espère que ça va inciter au débat et pas à la manifestation en ville, car les villes, dont Paris, ont déjà payé un lourd tribut.

 

On doit s’attendre à un samedi de manifestations? La ville est prête?

On doit s’y préparer. Nous avons enfin été conviés, associés à la préparation et pas seulement au nettoyage samedi dernier, mais c’était un travail monstre pour la Ville de Paris. On nous a demandé d’enlever plus de 3.000 grilles qui entourent les arbres, de démonter des installations, de ranger des chantiers, c’est un travail compliqué à mettre en place. Après, je dois reconnaitre que samedi dernier, la Police a été beaucoup plus présente, on a eu beaucoup de travail en amont, avec des contrôles aux péages et près des lieux de manifestation. Cela a fonctionné. En tout cas, nous avons un plan en cas de besoin pour samedi. Nous appelons toutefois à la négociation, au dialogue, et à la raison. Je pense que Paris paye un tribut trop important. Cette situation est compliquée pour les commerçants, mais aussi pour les personnes individuelles qui vivent ou travaillent à Paris. Et j’ai aussi une pensée pour les gardiens et gardiennes qui ont été choqués par ce qui se produisait devant chez eux. Rappelons que nous avons eu des casseurs, des voleurs, qui se sont mêlés aux manifestants. J’espère que l’intervention du Président et les travaux du Premier Ministre cette semaine feront changer les mentalités et que le bon sens revienne surtout pour défendre des revendications qui sont justes.

 

 

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