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Dans le bus qui me transportait vers la France, je n’avais demandé la permission de personne pour tourner en boucle sur mon magnétophone, les Aphrodite’s Child, n’en déplaise aux fugitifs compagnons de voyage.

Mes parents, qui avaient immigré deux ans plus tôt, m’avaient offert cet appareil avec quelques cassettes achetées en solde dans les naissantes grandes surfaces de la banlieue parisienne, fières d’habiter dans une citée flamboyant neuve, tout droit sortie des racines des bidonvilles en voie d’extinction, dans une France en pleine toilette humaniste et humanitaire.

Mes «vieux» savaient très bien qu’avec la complicité de quelques copains plus âgés, j’écoutais des radios pirates qui permettaient à la jeunesse d’affirmer leurs rêves.

Mon groupe préféré était The Rolling Stones, mais les grecs d’Aphrodite’s Child avec Demis Roussos, sa tunique, ses cheveux longs, faisaient partie d’un état d’esprit irrespectueux vis-à-vis d’un pouvoir établi, que je méprisais.

Deux ans après avoir confié mon éducation à leurs parents, les retrouvailles avec les miens n’ont pas été des plus pacifiques, leur mépris pour mes cheveux longs a eu comme conséquence ma première punition française, le crâne rasé.

Avec la boule à zéro, ayant l’air d’un bandit et bavant de rage, je me suis dirigé vers ce que je croyais être la liberté.

Je me voyais bien animateur radio pour pouvoir cracher dans les micros la révolte d’une jeunesse cadenassée, sacrifiée, condamnée aux bonnes manières parentales, qui étaient loin d’être parfaites.

Je détestais le Folklore, le Fado, et toutes les mélodieuses soupes populistes qui me cornaient les oreilles à longueur de journée sur les radios portugaises, par contre j’ignorais qu’en France, malgré les contestations de mai 68, la muselière était aussi de rigueur.

Et puis Tonton François est arrivé! La liberté de la presse, les radios libres!

Parole de portos, je cracherais mon venin sur tout ce qui touche aux traditions, y compris sur mes parents et mes compatriotes.

Le rock portugais faisait fureur dans les années 80, les coups de pied et les coups de savate, étaient de rigueur.

Mais a force de vociférer, de m’agiter, je ne me suis pas imperméabilité face à la toute puissante mondialisation, ce virus inaudible, inodore et incolore qui rend l’esprit malade, rempli de contradictions.

L’Unesco a redoré le blason du Fado, le Folklore est devenu identitaire, la mélodieuse soupe populiste, anime les soirées des associations franco-portugaises.

Pas de vaccin contre ça!

Aujourd’hui le Folklore m’amuse, j’écoute du Fado avec plaisir, et la musique «Pimba» me rend joyeux, passé mi-nuit, après un bon repas, histoire de digérer mes contradictions.

L’adolescent rebelle des années 80 n’est plus asocial, mais, et surtout, il est devenu père d’une génération qu’il a du mal à assimiler, de la même façon qu’il n’avait pas compris celle de ses parents.

La prolifération des médias et des réseaux sociaux à changé la façon de communiquer, plus besoin de coller les tympans à une fréquence clandestine, pour se faire une idée, des idées qu’on se fait, par conséquent je communique virtuellement avec mes enfants et avec mes amis, je ne veux surtout pas rater le bus.

Sacrée révolution.

L’humanité tourne en boucle, comme la plupart des émissions de radio et de télévision, le «replay» de son évolution.

Rasé de l’extérieur, l’intérieur est toujours en harmonie avec l’âme de l’enfant portugais d’il y a 40 ans, en parfaite dissociation avec une quelconque association.

Um «Xuto» no vazio e um «Pontapé» cheio de nada!

Une année en 8 arrive à son terme, nem oito nem oitenta, boas festas e boas entradas em 2019.

 

 

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