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La même question se pose toujours avec António Zambujo: est-ce encore du fado. Contrairement à une Misia, autre interprète magique, qui annonce clairement la couleur avant ses concerts («aujourd’hui c’est pas fado» ou bien «c’est fado»), Zambujo ne dit rien. Et pour cause: dans ses concerts, il y a des moments de fado, et d’autres qui recourent à d’autres traditions ou expérimentations musicales.

Nous avons pu, avant le concert, écouter son dernier album, au titre ambigu – «Do avesso» -, sorti en septembre dernier au Portugal mais pas encore disponible en France, où le fado fado est réduit à une portion congrue par rapport à des orchestrations parfois envahissantes.

Si, comme l’indiqua lui-même António Zambujo, les titres issus de l’album ont parsemé son concert, ceux issus de ses opus précédents étaient aussi donnés en nombre. Cela donne en concert un kaléidoscope musical envoûtant (c’est la magie Zambujo) où se côtoient fado traditionnel (un triplicado pris sur un tempo lent, monument de saudade, «A casa abandonada»), cante alentejano sur un poème d’un autre alentejain, João Monge, des zestes de bossa nova de ci de là, un air forain, un morceau de musique traditionnelle populaire («Catavento da sé»), deux fox-trots ironiques (un nouveau, «Multimilionário», sur les affres et les espoirs du joueur de loto, et le désormais classique Reader’s Digest, à propos des très convenues et modestes ambitions de la jeunesse contemporaine). Sans oublier «Amapola», une vieille – 1924 – chanson espagnole qui fut dans sa version anglaise un succès international et le leitmotiv orchestré par Ennio Morricone du film de Sergio Leone Il était une fois en Amérique (c’est en voyant ce film qu’António Zambujo eut l’idée de l’inscrire à son répertoire), chantée au cours des décennies tant par de prestigieux ténors d’opéra que par des artistes de jazz. Zambujo reprend, lui, la version originale dans une interprétation pleine de simplicité.

Pour dépeindre ce vaste panorama, António Zambujo est accompagné de complices de (presque) toujours: Bernardo Couto à la guitare portugaise, João Moreira à la trompette, José Conde aux clarinettes, tous trois au top, comme toujours. Il y a aussi deux petits nouveaux, le tout jeune contrebassiste Diogo Alexis Costa, frais émoulu de l’ensemble de jazz de la Casa da Música de Porto qui s’intègre tout à fait à l’ensemble, et l’arrangeur et multi-intrumentiste Nuno Rafael (un peu de banjo par ci, un peu de batterie par là, de la guitare électrique parfois dérangeante, des bruitages parfois bienvenus et un zeste de triangle, précis, au triangle) qui assure, dit Zambujo, la direction musicale de l’ensemble.

Le résultat de tout cela, c’est un concert délectable, contrôlé de main de maître par António, toujours zen, toujours sourire en coin, mais qui aussi, ô combien, émouvoir son monde quand il faut. Une de ces soirées dont on aimerait qu’elles ne finissent jamais.

 

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