Opinion : En un battement de cils peut-être ?Nathalie de Oliveira·Opinião·30 Dezembro, 2025 L’année 2025 s’apprête à tirer sa révérence. Une année exceptionnelle mathématiquement parlant car elle est désignée comme une «année carrée» étant le résultat de 45 multiplié par 45. Phénomène rare, selon les mathématiciens, qui date cet événement pour la dernière fois au calendrier qui est le nôtre en 1936 pour réadvenir seulement en 2116. Aussi, lié aux nombres de Kaprekar, du nom du mathématicien indien qui a décrit la propriété unique de ces nombres à retrouver le nombre initial en les mettant au carré. Nullité assumée en mathématiques, je crois néanmoins au caractère dangereusement exceptionnel de cette «année carrée» presque terminée. En quoi ? En janvier, Donald (pas le canard espiègle de Walt Disney) dit Trump est investi 47ème Président des États-Unis, Israël reprend l’offensive terrestre à Gaza en mars pour nous rappeler à quel point l’être humain peut être inhumain, le Pape François meurt le lundi de Pâques pour laisser la place à Léon XIV. Habemus Papam au printemps donc, mais loin des bourgeons poétiques en fleurs, les guerres éclatent et distillent la mort aux quatre coins de ce monde, enterrant quelques idéaux au passage et difficiles à ressusciter… comme le droit à la paix, à la santé, à la sécurité, à l’éducation, à la solidarité et à l’émancipation pour chaque être humain né sur cette terre. Important : le PSG gagne la Ligue des Champions en mai notamment avec des joueurs portugais déjà légendaires, au moins dans les cœurs de celles et ceux qui croient encore au vivre ensemble, tout du moins lors de compétitions sportives tant attendues dépassant toutes les limites physiques contestant l’essentialisation laide mais très à la mode de nos existences, celle-là même qui nous divise durablement. Celle-là même qui œuvre contre nos destins en même temps que nos rêves à accomplir, au-delà de notre origine ethnique, de notre condition sociale méprisant dès lors ce qui compte le plus : où voulons-nous aller ensemble ? Les voix extrémistes se font plus féroces tout en travaillant faussement à s’adoucir, les voix d’une extrême-droite méthodiquement et mondialement organisée pour rendre impossible des jours plus heureux partout sur terre où l’opulence indécente de quelques-uns nargue la précarité ou la pauvreté macabres dans laquelle se trouvent tous les autres. Les Oings s’écrasent encore, comme le 787 d’Air India en juin faisant 242 victimes dont des ressortissants portugais. Décidément, ils sont partout en mouvement entre terre et ciel, au péril de leurs vies. María Corina Machado reçoit le Prix Nobel de la paix, opposante notoire de Nicolás Maduro Moros. Considérée opposante imparfaite, l’avoir choisie nous évite pourtant une honte globale en chassant l’idée de récompenser D. Trump trop vite pour une paix loin d’être signée et actée, d’ailleurs sans gratitude de la part de l’Ukraine ou d’autres pays envahis au mépris du droit international tant il méprise ce dernier. En octobre, le Louvre se laisse facilement braquer notamment des joyaux de la couronne. Pour cause, un système de sécurité faillible par manque de moyens alloués. Exemple type du grand capital qui se gave au détriment de la chose publique, de politiques volontaristes menées par des élus sans grande capacité décisionnaire abdiquant du but essentiel de changer la vie et de faire autre chose de nous que des mains et des têtes au travail bêtement à l’ordre et à l’exécution de tâches simples à complexes. La COP 30 convoquée à Belém, au Brésil, déçoit avec un accord entre 195 pays du globe mais sans feuille de route contraignante pour espérer que les générations futures ne meurent pas sous la chape d’un soleil mortel ou des tsunamis de toutes sortes. La réunion du G20 s’est tenue pour la première fois en Afrique, à Johannesburg, sous le thème «Solidarité, égalité, durabilité» sans les USA pour dire l’état vulnérable du multilatéralisme actuel à réinventer. En France, un ancien Président de la République a été incarcéré pour écrire un livre de pleureuse en dix petits jours, en victime qu’il n’est pas, plusieurs Premiers-Ministres et Gouvernements ont valsé, mais le Parlement reprend des forces perdues, la Seine accueille les premiers plongeons depuis 1923 sans émouvoir le reste du pays, deux millions de citoyen(ne)s signent une pétition contre la Loi Duplomb pour dire à quel point la France a besoin d’être écoutée et respectée dans un pays où la démocratie souffre d’être enfin elle-même. Une année fascinante d’évènements dramatiques en nombre sans retrouver le nombre initial ou mieux dit, le souffle, le battement initial. Pourtant, dans le chaos persistant, des signes de notre résilience, de notre humanité commune, créatrice de liens et d’avenir surgissent de-ci, de-là, contre les haut-parleurs qui annoncent la victoire de la loi du plus fort contre l’État de droit. La France et tous les sien(ne)s doivent remettre à nouveau le métier à l’ouvrage puisque la noblesse du politique est sous avis de recherche. C’est le moment d’entrer dans le mouvement associatif qui sauve l’honneur lorsque l’État se désengage partout. C’est le moment de s’engager en politique à la veille de 2026, une année charnière, une année pour les communes, au plus proche des habitants pour retrouver le nombre initial ou bien l’esprit universel de la France éternelle. C’est le moment de se parler sans écrans interposés, de défendre des idées nouvelles, de débattre dans les règles de l’art, de se retrouver sur les places publiques, sur les marchés, à toutes les fêtes, à vos portes, vous qui portez encore ce pays haut dans vos cœurs et vos mains, d’où que soyez venus. Vous êtes venus et c’est heureux ! Alors, en un battement de cils peut-être, après un engagement renouvelé, de toutes et tous, après les combats difficiles que nous aurons su mener pour former une majorité solide contre la haine et toutes ses formes notamment antisémite, islamophobe, xénophobe, raciste, misogyne, sociale, cette haine multifamiliales qui a fait son lit aussi en France, au Portugal et partout en Europe, contre les invasions impérialistes et les idées violemment inégalitaires, il faut savoir rester des êtres humains fabricant davantage d’humanité, dans la routine même de notre quotidien. En un battement de cils peut-être, témoigner de la paix scellée, dehors et dedans, sur papier et dans les esprits des peuples, pour un siècle durant, allant vers une paix perpétuelle, celle de Kant, non pas en restant une utopie mais une politique courageusement volontariste. En un battement de cils peut-être pour dire le temps qui passe en un instant, vivre pleinement une année 2026 engagée dans la Cité, une année qui marque la reconquête de la chose la plus précieuse à chérir : le respect absolu de la vie humaine et des bonheurs auxquels chacun.e a le droit de vivre, ayant retrouvé le nombre initial ou ayant toutes et tous les mêmes chances enfin.Feliz Ano Novo!.Nathalie de Oliveira Ancienne Députée à l’Assemblée de la République Portugais élue par les Portugais de l’étranger Ancienne Maire Adjointe de Metz