Fado en France : L’année démarre fort !Jean-Luc Gonneau·Cultura·13 Janeiro, 2026 En général, pour l’ensemble des spectacles vivants, le mois de janvier n’est pas le plus propice : on se repose des éventuels excès des fêtes, estomacs en souffrance, bourses un peu plus plates. C’était aussi le cas pour le fado, mais il apparaît que 2026 fait exception, et ceci à presque tous les niveaux des pratiques fadistes. Concernant la venue en France de vedettes du fado, nous avions constaté, après une période où le fado semblait à la mode et où les stars du genre remplissaient l’Olympia, le Grand Rex, le Palais des Congrès et de grandes salles régionales, celles-ci se firent plus rares, dans des salles plus petites, plus rarement à Paris intra-muros. En janvier, pour la première fois depuis quelques années, la France accueillera deux interprètes de haut vol : Cristina Branco (photo) fera une tournée (le mardi 6 janvier à Bourges, le samedi 10 janvier à Metz, le mardi 13 janvier à Pontault-Combault, le jeudi 15 janvier à Sault, le vendredi 16 janvier à Avignon) avec son spectacle «Fado em Movimento», et le quatuor à cordes français Ensemble des Équilibres et Bernardo Couto, l’une des stars de la guitarra («notre» Filipe de Sousa s’y joindra à l’escale de Metz). Mariza, elle, sera le samedi 24 janvier à la Seine Musicale (Boulogne-Billancourt), accompagnée par ses cinq musiciens emmenés par Luís Guerreiro, autre maestro de la guitarra. Au niveau des lieux produisant régulièrement du fado, ceux de l’Île de France, naguère si nombreux, demeurent rares : à Paris, après la fermeture du Portologia, en partie compensée par le fado mensuel du Mindelo, demeurent toujours actifs le Saudade, mensuel, le Coin du fado aux Affiches, qui reprend le 6 février, et apparaît O Douro. Autour de Paris, l’association Gaivota reprend le 18 janvier ses rencontres mensuelles, le Saudade de Versailles ses soirées bimensuelles, et apparait Alma, à Chantilly. Dans les régions, le Fado à Mesa à Dijon et O Fado, en Alsace n’ont pas survécu. Par contre, on voit apparaître et s’intensifier des initiatives locales en région : les Amis du Fado de Lyon ont créé des ateliers destinés aux amateurs, et organisent des concerts avec la chanteuse Anabela, l’association Saudade Portugal, sous la houlette de la fadiste Cecilia Gonçalves, organise des concerts, en Normandie et au-delà, un groupe d’amis français, emmenés par Karine et le lettriste et violiste Helder Lima ont créé le groupe Vadios do Fado, qui organise des soirées de fado en Ile de France. Plus généralement, on constate en ce début d’année une implication plus importante des associations franco-portugaises dans l’organisation d’évènements autour du fado : pourvu que ça dure ! Il y a aussi, bien sûr, des initiatives individuelles, telles, par exemple, celles de la fadiste Claudia Costa, ou du duo français Chloé Breillot et Pierre Hardy. Au total, avec ses forces et malgré ses faiblesses, le fado en France, en janvier, nous offre nombre de belles soirées.