Diamantino Quintas, gardien du tirage photo argentique sur TV Public-SenatAntónio Marrucho·Cultura·31 Janeiro, 2026 Dans l’émission mensuelle «1.000 pays pour demain», consacrée aux artisans d’aujourd’hui, diffusée ce vendredi 30 janvier sur la chaîne Public Sénat, parmi les trois entrepreneurs mis à l’honneur, l’un était portugais : il s’agit de Diamantino Quintas (lire ICI), propriétaire du Labo Photo Diamantino à Bagnolet. Une émission qui peut être vue en replay (voir ICI), soit sur ladite chaîne TV, le dimanche 1er février, à 10h30, soit le dimanche 8 février, à 13h00. La Seine-Saint-Denis mise en lumière L’émission de 27 minutes de ce 30 janvier était consacrée à la Seine-Saint-Denis. Présentée par Rebecca Fitoussi, elle avait pour invité le sénateur Fabien Gay. L’émission a été tournée depuis la piscine majestueuse, restaurée en 2022, Alice Milliat, à Pantin. Fabien Gay, fervent défenseur d’un département que l’on dit souvent en crise, mais qu’il décrit comme très dynamique, souligne la richesse humaine de ce territoire, composé de personnes venues de toutes les nations du monde. C’est avec une certaine fierté qu’il présente les trois entreprises artisanales, à la fois innovantes et uniques à leur manière. Diamantino Quintas, un savoir-faire rare Dans la présentation de Diamantino Quintas, il est indiqué qu’il est tireur de photos et révélateur de talents. Il exerce dans un univers qui tend à disparaître. En effet, il est devenu le seul maître artisan tireur-filtreur de France encore en activité. Installé dans le quartier de La Couture, à Bagnolet, il réalise du tirage photo argentique. Son travail est reconnu : de grands artistes photographiques et cinématographiques ont fait appel à lui, parmi lesquels Agnès Varda. Un lieu de travail et d’accueil Diamantino Quintas soigne particulièrement son accueil. Pour lui, il est important que les clients qui viennent lui confier leur travail, parfois de très loin, s’y sentent comme dans une bulle. Les quatre chats présents dans le laboratoire contribuent également à apporter un peu de douceur, nécessaires à un travail de qualité. Au vu de l’ampleur du travail fourni et des appareils nécessaires à sa réalisation, les lieux assez vastes, de grands formats de photographies y sont développés, aussi bien en noir et blanc qu’en couleur. La magie du développement argentique En entrant dans la salle de développement, où la lumière peu intense est rouge, on assiste à un véritable miracle. Grâce au processus chimique du révélateur, on voit la photographie naître sur le papier. C’est un travail qui demande énormément d’implication et dont le but est de créer, grâce à la photo et à la qualité du tirage, des sentiments, des émotions, une envie presque irrépressible de toucher l’image. Transmettre et préserver un patrimoine photographique L’une des préoccupations majeures de Diamantino Quintas est la formation des jeunes, afin qu’ils puissent continuer ce métier. Toutefois, cela supposerait que les pouvoirs publics agissent dans le sens de la conservation, de la préservation et de la mise en valeur de la qualité photographique. Il existe un peu partout, au niveau des municipalités, des départements et des régions, des archives contenant d’anciens clichés photographiques. Ces organismes organisent régulièrement des expositions à partir de ces photos, mais les numérisent et les tirent sous forme numérique, ce qui entraîne une perte de qualité. Diamantino Quintas compare cette situation au travail effectué pour la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris : on a formé des artisans tailleurs de pierre et on leur a confié la restauration après l’incendie. Il devrait en être de même pour la photographie ancienne, afin d’en conserver toute la qualité, voire de la sublimer grâce au développement argentique. Deux autres artisans à l’honneur Les deux autres artisans présentés dans l’émission étaient : Alaric Chagnard, fabricant de masques de scène en bois utilisés par des troupes de théâtre, et Fatimata Sy, créatrice de vêtements et de maillots de bain inclusifs et écoresponsables. À travers cette émission, «1000 pays pour demain» met en lumière des savoir-faire précieux et souvent méconnus. Le parcours de Diamantino Quintas illustre l’importance de préserver des métiers rares issus du siècle dernier, comme le tirage photo argentique, véritables témoins d’un patrimoine culturel et artistique qu’il devient urgent de transmettre et de protéger.