Basée à Tourcoing, l’association Vivências do Minho défend depuis plus d’une décennie une vision exigeante et contextualisée du folklore portugais, centrée sur la région du Minho. Officiellement créée en 2015, elle puise ses racines dans un travail de recherche initié dès 2010 avec le projet Arquivos do Povo em Portugal, suivi aujourd’hui par plus de 25.000 personnes.
Après avoir célébré ses 10 ans en 2025, puis ses 11 ans le 13 février 2026, l’association s’impose comme l’un des groupes les plus anciens de la région, engagé dans la valorisation du patrimoine culturel portugais. À un moment où les spectacles reprennent avec l’arrivée du printemps, faisons un retour sur une année 2025 particulièrement marquante.
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2025 a été une année intense pour Vivências do Minho. Quels moments forts retenez-vous ?
Effectivement, 2025 a été très riche. Nous avons notamment participé au 9ᵉ Festival Lusophone de Bruxelles, aux côtés de groupes venus du Portugal et d’autres pays. Si nous avons accepté cette invitation, c’est parce que les conditions techniques et artistiques permettaient de respecter pleinement notre vision scénique.
Le public bruxellois a découvert l’un de nos spectacles immersifs «2.0», consacré aux fêtes patronales portugaises. Nous ne présentons pas une simple succession de danses : nous recréons une atmosphère, une époque, une réalité sociale. C’est une véritable immersion.
Nous avons également participé à la soirée «Autour du Monde» à Nieppe, où notre reconstitution historique a été particulièrement saluée, ainsi qu’au gala Bailando en mai, mettant à l’honneur les danses du monde.
Vous choisissez parfois de ne pas participer à certains festivals. Pourquoi ?
Parce que la cohérence est essentielle. Si les conditions scéniques ne permettent pas de respecter le travail de recherche et la logique historique, le spectacle perd son sens. Nous préférons décliner une invitation plutôt que de présenter une version incomplète ou incohérente de notre travail.
Vous êtes également devenus une référence dans l’animation de mariages portugais…
Oui, en onze ans, nous avons animé plus de 70 mariages, en plus de nombreuses manifestations culturelles et événements privés ou institutionnels. Participer à ces moments familiaux est un véritable honneur. Nous transmettons une mémoire vivante dans un cadre intime et chargé d’émotion.
Vous insistez beaucoup sur la définition du folklore. Pourquoi cette précision est-elle si importante ?
Parce que le folklore ne se résume pas à un costume et à une danse. Il s’agit d’un ensemble de pratiques, de savoir-faire et d’usages hérités du passé. Cela implique une responsabilité : celle de les exécuter fidèlement.
Toute modification significative relève davantage d’une inspiration folklorique que du folklore lui-même.
Chez nous, chaque détail compte : Aucun bijou moderne n’est porté, les bijoux respectent strictement la provenance du Minho, aucun piercing ni tatouage visible ne vient rompre l’illusion, les montres contemporaines sont exclues ; seule une montre à gousset d’époque peut être admise, l’instrument de l’accordéoniste répond également à une cohérence historique.
Même l’absence de drapeau est un choix réfléchi : l’époque que nous représentons correspond à la période monarchique, dont le drapeau différait de l’actuel. En utiliser un autre serait incohérent. Nous avons donc choisi de ne pas en arborer.
Notre objectif n’est pas de critiquer les autres groupes. Chaque formation a sa sensibilité artistique. Mais pour nous, le respect du folklore passe par une cohérence totale.
Votre travail est aussi reconnu au-delà de la scène…
Oui, et nous en sommes très touchés. En 2025, notre fondatrice, Virginie Villaverde, a reçu la médaille de l’Assemblée nationale des mains du Député Ledoux, en reconnaissance de son engagement associatif et de son travail pour la valorisation du patrimoine portugais.
Elle a également été sollicitée comme consultante par le groupe Maria da Fonte au Brésil, désireux de représenter fidèlement les traditions de la Serra d’Arga, et a contribué à la transcription d’archives pour Margens do Lima de Choisy-le-Roi.
Ces actions sont directement liées au travail de recherche mené au sein de l’association.
Aujourd’hui, quel appel lancez-vous ?
Notre exigence artistique ne correspond pas à toutes les sensibilités, et c’est un choix assumé. Mais nous recherchons de nouveaux membres, notamment des danseurs masculins, ainsi que des hommes et des femmes pour le chant et la musique.
Rejoindre Vivências do Minho, c’est s’engager dans une démarche authentique, respectueuse de l’histoire et tournée vers la transmission.
Plus qu’un simple groupe folklorique, Vivências do Minho se définit comme un véritable projet de mémoire vivante. À travers un travail rigoureux de recherche, une exigence artistique assumée et une volonté constante de transmission, l’association poursuit en 2026 son engagement au service du patrimoine culturel portugais.
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Contact : vdmportugal@gmail.com
Consultez le site ICI.
Répétitions : les samedis, de 19h00 à 21h00.







