Ce samedi 14 mars, nous avons retrouvé en Ile-de-France Katia Guerreiro, dans la belle salle de l’Opéra de Massy. Une Katia amincie, affutée, venue fêter ses 25 ans de carrière et son cinquantième anniversaire («un moment important de ma vie», nous dit-elle). Elle répondu à l’invitation du Lions Club de Gif-Chevry pour ce concert au bénéfice des enfants atteints d’un cancer, ce que soulignèrent deux chercheurs cancérologues en prélude à la soirée. Et ce fut touchant de voir les distingué.es membres du Lions Club, épaulé.es par des étudiant.es de l’Ecole Centrale, s’affairer avec un enthousiasme néophyte à l’organisation de la soirée et à l’animation des bars avant et après le spectacle.
Comme prévu, Katia Guerreiro avait choisi un répertoire reflétant à la fois l’évolution de sa carrière, depuis ses débuts jusqu’à ses tout derniers enregistrements, et les figures marquantes de la culture portugaise, poètes ou musiciens qui l’ont inspirée, parmi lesquels Fernando Pessoa, António Lobo Antunes, Natália Correia, José Mário Branco, Vasco Graça Moura, Amália Rodrigues (son modèle) et encore la française Barbara ou la chilienne Violeta Parra, exemples du souci de qualité des textes choisis par Katia tout au long de sa carrière.
Après les récents concerts de Mariza, truffé de «world music» et de Gisela João, 100% électro, quel plaisir d’entendre Katia enchaîner au début de son concert quatre impeccables fados traditionnels, dont le formidable «Valium e vodka», écrit par Lobo Antunes en complicité avec ses musiciens, les expérimentés André Ramos (viola) et Francisco Gaspar (viola baixa) et le plus nouveau David Ribeiro (guitarra) !
S’en suivirent des alternances entre «fados canção», fados traditionnels, mélodies, et inévitablement dans les concerts de Katia, une marcha et une chanson inspirée du folklore. Au milieu du concert, Katia introduisit un jeune et sympathique pianiste, João Bernardo, pour l’accompagner en solo pour quelques chansons, dont «Capitães da areia», d’Helder Moutinho et «Creio», de Natália Correia, des petits bijoux tout en délicatesse.
Un concert de haute volée, empreint d’émotions et d’énergie, qui confirme, si besoin était que Katia Guerreiro est une grande dame du fado, saluée ce soir-là par un public enthousiasmé.
Pendant quelques instants après le concert, nous avons pu évoquer son sentiment sur l’évolution du fado le long de sa carrière. On résume : «Quand j’ai commencé, Amália venait de mourir et son influence sur le fado était encore très importante. Puis certains fadistes de ma génération, puis plus encore de la génération suivante ont exploré d’autres genres musicaux pour les relier plus ou moins au fado. Mais aujourd’hui, je ressens chez la génération montante un besoin de revenir aux fondamentaux du fado traditionnel, remis au goût du jour et aux réalités du monde actuel».
Et de citer Tânia Oleiro, Ana Margarida Prado, Matilde Cid, Emília Maria parmi les valeurs montantes du fado, sans oublier la forte empreinte d’un Ricardo Ribeiro. Et la suite de sa carrière ? «Pour cette année, je vais me consacrer à ma tournée des 25 ans de carrière et surtout à la promotion culturelle des Açores, où je suis née, puisque Ponte Delgada est la capitale portugaise de la culture 2026 et m’a fait l’honneur de me nommer son ambassadrice. Après je prévois de me consacrer à un nouveau projet discographique».
A quand un prochain concert à Paris ?
«L’an prochain, probablement».
A bientôt, donc, Katia !







