
C’est un projet artistique pour le centenaire de la Bataille de La Lys. Les œuvres datent de 2018. Elles ont été conçues et travaillées pendant un an afin d’être exposées lors du centenaire de la Bataille de La Lys, qui s’est tenu le 9 avril 2018 en présence des présidents portugais et français, Marcelo Rebelo de Sousa et Emmanuel Macron, ainsi que du Premier-Ministre portugais António Costa.
Les œuvres ont d’abord été exposées dans l’église Saint-Laurent de La Couture. Elles sont aujourd’hui visibles dans la Mairie de ce village emblématique du devoir de mémoire portugais en France. Nous les avons découvertes et admirées récemment lors de la réunion de préparation des cérémonies de la Bataille de La Lys de cette année.
Ces quatre tableaux, très beaux et profondément symboliques, sont riches de messages. Il s’agit d’une œuvre collective réalisée par les «Peintres du Bas Pays d’Artois».
L’association «Les Peintres du Bas Pays d’Artois», basée à La Couture, regroupe une quinzaine de passionnés de dessin et de peinture.
Elle a pour objectif de permettre à chacun, débutant ou expérimenté, de s’épanouir artistiquement dans un esprit de partage et de solidarité. Les membres se réunissent deux fois par semaine en atelier, sans technique imposée, chacun travaillant selon ses envies.
Des stages animés par des artistes reconnus sont également proposés une à deux fois par an.
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Quatre tableaux. Quatre moments entre guerre et paix, entre la mort et la vie.
Les quatre œuvres représentent quatre moments de vie dans la Grande Guerre, mais aussi, symboliquement, quatre étapes, parfois, de nos propres existences.
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1. La Tourmente : le chaos de la guerre
«La Tourmente» dépeint une scène de guerre intense et dramatique, chargée de symbolisme. On y voit des soldats en action, manœuvrant un canon dans un effort collectif qui illustre la lutte et la brutalité du combat. Leurs postures, parfois penchées ou blessées, traduisent la souffrance et la fatigue physique.
À l’arrière-plan, un paysage en flammes souligne la destruction causée par la guerre, touchant à la fois les champs de bataille, l’environnement et les populations civiles. Le ciel rouge intense renforce l’atmosphère de chaos, d’angoisse et de violence.
Des corps à terre rappellent la réalité tragique des combats, le sacrifice humain et la mortalité. Une église en ruine symbolise quant à elle la destruction des valeurs, de la paix et de la foi.
En résumé, ce tableau exprime la violence, le chaos et la souffrance de la guerre, tout en mettant en lumière l’héroïsme des soldats et la tragédie collective.
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2. La Désolation : les traces laissées par le conflit
Après la tourmente du combat vient «La Désolation». Le tableau illustre de manière poignante les horreurs et les conséquences de la guerre. Un soldat dans une tranchée, tenant une grenade, incarne la tension extrême et la violence imminente. Un autre, allongé dans les fils barbelés, symbolise la vulnérabilité et l’impuissance.
Les casques abandonnés évoquent la mort et l’absence. Le paysage dévasté, arbres morts, ruines, traduit la destruction totale, tant humaine que naturelle. Le ciel gris accentue le sentiment de tristesse et de désespoir.
En résumé, cette œuvre met en lumière la souffrance, la mort et le sentiment d’abandon engendrés par la guerre, au-delà des actes héroïques.
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3. L’Espérance : un avenir possible
Après la tourmente et la désolation, l’être humain retrouve l’Espérance. Le tableau représente deux enfants marchant ensemble, symbole d’innocence, d’humanité, de fraternité et de solidarité. Bras dessus bras dessous, ils incarnent l’entraide face à la vie.
Le chemin lumineux qu’ils empruntent représente le parcours de la vie et l’espoir d’un futur meilleur. La lumière à l’horizon renforce cette idée d’avenir.
La croix évoque la foi et le sacrifice, tandis que l’arbre symbolise la vie, la croissance et la protection. Les fleurs rouges peuvent représenter l’amour, le souvenir ou le renouveau. Enfin, le ciel clair traduit la paix et la promesse d’un monde meilleur.
Ce tableau exprime que, malgré les épreuves, l’humanité avance portée par la solidarité, la foi et l’espérance.
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4. Em Memória : le devoir de mémoire
Le dernier tableau, «Em Memória», rappelle l’importance de ne pas oublier. La légende, en portugais, souligne l’hommage rendu aux soldats portugais qui, à cet endroit même, se sont battus, sont morts ou ont été faits prisonniers.
Une colonne de soldats portugais en marche symbolise l’engagement collectif. Autour, des portraits variés, soldats, infirmières, figure portant un masque à gaz, illustrent la diversité des acteurs de la guerre et la souffrance partagée.
Le monument central représente celui de La Couture, dédié aux morts et aux survivants du Corps Expéditionnaire Portugais (CEP). Le fond estompé évoque une mémoire qui pourrait s’effacer, mais qui doit être préservée.
Cette œuvre est un hommage solennel au courage, à la douleur et à la mémoire collective.
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À travers ces quatre tableaux – de la tourmente à la mémoire, en passant par la désolation et l’espérance – les «Peintres du Bas Pays d’Artois» offrent bien plus qu’une représentation de la guerre. Ils proposent une réflexion profonde sur l’humanité.
Ces œuvres nous rappellent la violence des conflits, leurs conséquences durables, mais aussi la capacité des hommes à se relever, à espérer et à transmettre. Elles incarnent pleinement le devoir de mémoire : se souvenir du passé pour mieux construire l’avenir.






