«Chronique d’une desertion. Portrait d’un pays» : rencontre avec Fernando Mariano Cardeira

Le mercredi 25 mars, à 18h30, aura lieu à la Maison du Portugal André de Gouveia (Cité Internationale Universitaire de Paris), la rencontre/débat autour du livre «Chronique d’une désertion. Portrait d’un pays» (éd. Petra, 2025), en présence de son auteur, Fernando Mariano Cardeira et de Marie-Christine Volovitch-Tavares, historienne de l’immigration portugaise en France. Cette rencontre est le fruit d’un partenariat avec l’Association Mémoire Vive.

Fernando Mariano Cardeira est né dans le village de Fanhais, près de la ville de Nazaré, au Portugal, en 1943. Après des études secondaires, il entre à l’École Militaire, puis à l’Institut Supérieur Technique de Lisboa, en 1965. Opposé à la politique coloniale, en 1968 il démissionne de l’École Militaire.

En avril 1969 il doit interrompre ses études d’Ingénieur. Ayant reçu l’ordre de mobilisation pour la guerre coloniale en Guinée-Bissau, il décide de déserter, avec un groupe d’autres officiers du contingent et passe la frontière «a salto» – clandestinement – par les montagnes du Gerês, au nord du Portugal, le 23 août 1970, avant de demander l’asile politique en Suède.

Ce récit/témoignage de Fernando M. Cardeira nous entraîne au cœur des évolutions de la société et de l’armée au Portugal qui ont abouti à la chute du régime salazariste le 25 avril 1974 et mis fin à près de cinquante ans de dictature et à la guerre coloniale qu’elle menait dans ses possessions d’Afrique depuis 1961.

Le monde villageois de l’enfance de l’auteur était le Portugal pauvre et traditionnaliste, celui de la grande majorité du pays figé dans un XIXe siècle économique et social sans espoir. C’est à Lisboa que le jeune élève-officier et étudiant découvre le monde urbain et universitaire d’un Portugal très différent et qui, malgré la censure et la répression de la police politique (PIDE), était traversé par tous les courants d’un monde occidental en pleine évolution, autour des espoirs de 1968 et des oppositions à la guerre au Vietnam.

Au Portugal, le refus de la guerre coloniale se retrouvait à tous les niveaux de la société, sous des formes diverses. Ce fut une des causes de l’accélération de l’émigration et de l’exil de nombreux jeunes, réfractaires, insoumis et déserteurs. Les cas de désertion de jeunes militaires déjà incorporés, comme l’auteur et ses camarades, ont été plus rares. La désertion s’avéra pleine d’incertitudes et leurs années d’exil furent remplies de contradictions, d’espoirs et de déceptions, de solidarités amicales et internationales dans toute l’Europe avec l’organisation de comités d’aide aux déserteurs et aux réfugiés politiques, en particulier en Suède qui leur accorda le refuge politique.

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Mercredi 25 mars, 18h30

Maison du Portugal (Cité Universitaire)

7P boulevard Jourdan

75014 Paris

RER et Tram : Cité Universitaire

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