Cap Magellan appelle au vote contre l’extrême droite lors du second tour de l’élection présidentielle portugaise


L’association Cap Magellan a lancé un appel au vote contre l’extrême droite lors du second tour de l’élection présidentielle portugaise du 8 février. «À la suite des résultats du premier tour de l’élection présidentielle au Portugal, et fidèle à ses engagements de toujours, Cap Magellan réaffirme son attachement aux valeurs fondamentales qui fondent toute démocratie : la liberté, l’égalité, la dignité humaine, la solidarité et le respect de toutes et tous» lit-on dans le texte signé par la Présidente de l’association, Lurdes Abreu. «Ces principes, qui ne relèvent ni d’un camp politique ni d’une idéologie partisane, constituent le socle indispensable du vivre-ensemble démocratique».

Pour l’association, cinquante ans après le 25 avril 1974, «la progression et la normalisation de l’extrême droite, aujourd’hui présente au second tour, fragilisent directement ces fondements», donc «face à cette situation, le silence n’est pas une option».

Selon Lurdes Abreu «cette prise de position est citoyenne».

«L’extrême droite ne constitue pas une alternative politique comme une autre : ses discours reposent sur la stigmatisation, la peur et la division. Ils banalisent la xénophobie et le racisme, encouragent l’homophobie, nourrissent la haine envers les minorités et remettent en cause des droits fondamentaux garantis par la Constitution portugaise. La haine et la discrimination ne sont pas des opinions : elles sont incompatibles avec la démocratie et les principes républicains».

Dans un communiqué envoyé aux rédactions, Cap Magellan rappelle que «l’histoire du Portugal, marquée par des décennies de dictature, d’exil et de privation des libertés, impose une vigilance particulière. Le pays s’est construit par l’émigration, l’ouverture au monde et la diversité. Faire de l’origine, de la religion, de l’orientation sexuelle ou de la différence un problème est profondément contraire à cette histoire».

«Aucune crise ne trouvera de solution durable dans le rejet de l’autre, l’autoritarisme ou l’affaiblissement des libertés individuelles. L’extrême droite exploite les peurs, fragilise la cohésion sociale et met en danger la démocratie» dit le texte signé par la Présidente Lurdes Abreu. «Le rôle du Président de la République au Portugal est central. Garant de la Constitution et de l’équilibre institutionnel, il dispose de pouvoirs majeurs. Confier cette fonction à un président issu de l’extrême droite, ou partageant ses idées, représenterait un risque grave pour la démocratie et les contre-pouvoirs».

Cap Magellan assume donc que «face à ces enjeux, notre responsabilité est claire : rester fidèles à nos valeurs et refuser la banalisation de la haine».

Pour l’élection des 7 et 8 février, «une seule voie est donc possible» : «la responsabilité démocratique nous impose de faire barrage à l’extrême-droite, au parti Chega et à son candidat».

Celle-ci n’est pas la première prise de position de Cap Magellan sur l’extrême droite. L’association a publié «La position de Cap Magellan sur la montée de l’extrême droite», «Cap Magellan réitère sa position contre l’extrême droite» et «Pourquoi Cap Magellan ne contactera pas l’extrême droite ?» en 2024, «Pourquoi Cap Magellan votera contre l’extrême-droite l’élection présidentielle», en 2022, et «Cap Magellan appelle au barrage au Front national», en 2017.

Lurdes Abreu termine son appel em portugais : «Nunca mais um Portugal algemado».