LusoJornal | António Borga

Discours du Maire de Paris 20 Eric Pliez lors de l’inauguration du Jardin Mário Soares


Le Maire du 20ème arrondissement de Paris, Eric Pliez, a été le premier à prendre la parole, ce samedi, lors de l’inauguration du Jardin Mário Soares, pour accueillir la famille de l’ancien Président de la République et les invités, en présence de la Maire de la capitale, Anne Hidalgo.

Voici le discours d’Eric Pliez, tel qu’il a été prononcé, en gardant son oralité.

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«Madame la Maire, chère Anne,

Monsieur l’Ambassadeur,

Chers collègues élus,

Mesdames et messieurs les membres de la famille de Mário Soares,

Mesdames et messieurs,

En tant que Maire du 20ème arrondissement, je suis honoré de vous accueillir, Monsieur l’Ambassadeur, Madame la Maire, chers membres de la famille, dans ce joli coin de verdure des hauteurs du 20ème arrondissement, pour lui donner le nom de l’illustre Président du Portugal qui était Mário Soares.

Ma première visite au Portugal date de 1977, trois ans seulement après la Révolution des œillets, trois ans après ce 25 avril 74 qui changea le cours de l’histoire portugaise.

Cette Révolution fut démocratique, populaire, inspirante. De jeunes officiers avaient mis, comme vous savez, fin à la dictature salazariste et le peuple s’est aussitôt rendu dans la rue pour reprendre le pouvoir, pour être solidaire des luttes anticoloniales, pour renverser les rapports sociaux et rendre à l’ouvrier sa dignité, pour faire de l’espoir de changer la vie quotidienne du plus grand nombre, une réalité.

Trois ans plus tard, cette espérance était encore palpable, elle brillait dans les regards des Portugaises et des Portugais, nous rencontrions des jeunes de notre âge heureux de partager une liberté enfin retrouvée, confiants dans la promesse d’un avenir meilleur.

Je suis retourné au Portugal quelques années plus tard, le contexte avait changé, la crise frappait durement, pour suivre, beaucoup cumulaient des emplois quand ils en trouvaient.

A l’euphorie avait succédé l’angoisse du lendemain, mais la soif de démocratie elle demeurait.

Alors vint Mário Soares, jeune militant de la lutte antifasciste, opposant à Salazar, il rentrait de son exil en France où il avait structuré le Parti socialiste portugais. Il deviendra Ministre, deux fois Premier-Ministre puis Président de la République du Portugal, portant haut les valeurs socialistes.

Alors, pour nous, quelle fierté de donner son nom à ce jardin, le long de cette voie dédiée à un grand dramaturge, au cœur d’une des rues-jardins du 20ème arrondissement, qui se transforme sans renoncer à son âme populaire et engagée.

Et je sais, dans ce quartier combien les voisines comme Catherine Gégout, ancienne élue, et de voisins y veillent.

C’est un quartier chaleureux, un quartier solidaire avec la Maison Soleil qui héberge, un peu plus bas, des femmes précaires enceintes ou à la sortie de la maternité, avec encore, un peu plus bas, la Grande Coco, un tiers-lieu habité par un collectif d’urbanistes qui pense une ville qui prend soin de ses habitants et qui abrite, entre autres, les Restos du Cœur. Avec un Centre médico-social rue de Belleville, une Permanence sociale, un Accueil de jour, des Services municipaux essentiels qui accueillent, sans conditions, les personnes isolées et précaires.

Mário Soares a orchestré, sans heures, l’indépendance des colonies portugaise. Il a fait inscrire les idéaux de la Révolution des Œillets dans la Constitution du Portugal. Enfin, il a fait adhérer son pays à l’Europe comme signe de liberté et de paix.

Alors merci Madame la Maire, chère Anne Hidalgo, d’avoir choisi le 20ème arrondissement pour rendre hommage à cet humaniste convaincu.

Car honorer Mário Soares s’est rappeler que la démocratie est un combat, que nous devons sans cesse renouveler et que notre espérance, elle, ne doit jamais renoncer.

‘A celles et à ceux qui pensent ne jamais voir accomplir leur idéal, souvenons-nous des œillets rouges qui ont fleuri au Portugal’.

Merci».