«Je suis grande, je suis grosse, je ne me maquille pas, j’écris des chansons où j’utilise des mots d’argot ou vulgaires, et ça dérange tout le monde». Signé : Mathilde. Tout est dit? Non !
Derrière cette déclaration frontale se cache une artiste singulière, à la fois chanteuse, auteure, compositrice, militante et créatrice de contenus. Une personnalité entière, qui dérange parfois, mais qui rassemble de plus en plus.
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Des racines multiples et une formation exigeante
D’origine portugaise par son père, Mathilde grandit entre cultures et influences. Elle se forme très tôt à la musique : à sept ans, elle intègre un cursus CHAM à Montpellier et rejoint les ateliers d’Opéra Junior au Corum. Elle y étudie le chant, le violoncelle et le solfège.
En 2006, elle part deux ans à Londres pour se perfectionner à la British Gospel Arts. Une formation qui marque durablement son identité vocale : ample, puissante, capable de nuances subtiles comme d’envolées magistrales.
Enfant, elle proclamait : «Je chanterai mieux que la Callas !» Si elle n’est pas devenue diva d’opéra, elle a tracé une route bien à elle dans la chanson française, lui arrivant parfois de chanteur en portugais des titres emblématiques.
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Révélation au grand public : l’expérience The Voice
C’est en 2015, dans la saison 4 de The Voice, que le grand public découvre Mathilde. Semaine après semaine, elle y impose une vision personnelle de titres emblématiques :«Dis, quand reviendras-tu ?» de Barbara, «Comme ils disent» de Charles Aznavour, «Diamonds» de Rihanna…
Son univers musical est vaste, à l’image de ses influences : Mylène Farmer, Lady Gaga, Muse ou encore Léo Ferré. Du lyrique au gospel, de la pop au rock, Mathilde refuse les cases.
Les médias la boudent, le public, lui, répond présent. En tournée (voir ICI), plusieurs dates affichent déjà complet : Angres, La Châtre, Rennes, Dijon, Mons en Belgique…
Les premières dates – le 27 février à Angres et le 6 mars à La Châtre – ont rapidement fait salle comble. La tournée passe également par Roissy-en-France, La Crèche, Plougonvelin, Saint-Brieuc, Pézenas, Commentry, Saint-Égrève, Vallée-d’Antraigues-Asperjoc, Floreffe ou Vicq-sur-Gartempe.
Une carrière qui avance sans tapage, mais avec fidélité : celle d’un public conquis par l’authenticité.
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«La nuit, le jour» : maturité artistique et engagements assumés
Sept ans après son premier album «Je les aime tous», Mathilde revient avec «La nuit, le jour», un disque où la voix s’épanouit, gagne en puissance et en assurance.
Elle y chante l’amour dans toutes ses nuances : la fragilité («Fleur fragile»), la dépendance affective («La nuit, le jour»), la peur de l’engagement («Ni oui, ni non»), la désillusion («Mon cœur»), la lassitude («J’en ai marre de t’aimer»).
Mais l’amour, chez Mathilde, est aussi politique.
Élevée par «un père anarchiste et une mère nourrie au bon grain du MLF», Mathilde revendique ses combats : féminisme, lutte contre la grossophobie, anti-validisme, combat contre le cyberharcèlement et les violences sexistes et sexuelles.
En 2018, elle participe au Gros Festival organisé par le collectif Gras Politique. En 2021, elle propose une réinterprétation de «L’Hymne des femmes», réunissant dans son clip une cinquantaine de femmes de tous horizons, parmi lesquelles Najat Vallaud-Belkacem, Sandrine Rousseau, Marianne James ou Juliette.
Son deuxième album prolonge cette ligne militante avec des titres comme «Libre», «Il était une fille» ou «Le corps des femmes». Une œuvre résolument ancrée dans son époque, portée par une artiste «le cœur à gauche et l’âme écolo».
En 2023 et 2024, Mathilde subit une campagne de harcèlement grossophobe sur les réseaux sociaux, où elle est qualifiée de féministe extrémiste. Loin de la faire taire, ces attaques renforcent sa détermination.
Elle transforme les violences numériques en matière artistique et en prise de parole politique. Une posture de combattante infatigable, amazone contemporaine, tendre et pugnace à la fois.
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Les bonnes raisons de succomber aux talents de Mathilde
Une voix envoûtante : dès les premières notes, sa tessiture large et expressive captive. Douce ou puissante, elle touche juste.
Des textes poétiques et engagés : amour, perte, temps qui passe, mais aussi écologie, inclusion et féminisme, ses paroles allient profondeur et accessibilité.
Un univers musical riche – pop, folk, chanson française – ses mélodies accrocheuses et ses arrangements soignés créent une signature immédiatement reconnaissable.
Mathilde dérange parce qu’elle refuse de se conformer. Elle est grande, grosse, sans maquillage, libre dans ses mots, libre dans son corps, libre dans ses idées.
Et c’est précisément ce qui fait sa force.
Autrice, compositrice, interprète, créatrice de contenus et militante, elle s’inscrit dans la tradition des grandes chanteuses populaires tout en renouvelant le genre. À fond dans son époque, profondément humaine, Mathilde trace un chemin singulier dans la chanson française contemporaine – un chemin exigeant, vibrant, et plus que jamais nécessaire.







