Nathalie Afonso : entre matière, lumière et perception du précieux au Carrousel du Louvre

Du 10 au 12 avril, l’artiste portugaise Nathalie Afonso présente une série d’œuvres au Carrousel du Louvre dans le cadre de l’Art Shopping Paris (stand B54). Cette exposition marque une étape importante dans son parcours, notamment à travers une collaboration inédite avec la maison de diamantaires Majesté Diamant.

Artiste contemporaine, Nathalie Afonso développe une pratique singulière à la croisée de plusieurs formes d’expression, où dialoguent sculpture, aquarelle et réflexion sur la matière. Son travail explore les tensions entre fluidité et structure, spontanéité et précision, tout en interrogeant la perception du précieux dans l’art.

À la croisée de l’art contemporain et de la haute joaillerie, Nathalie Afonso propose des sculptures intégrant le diamant comme un véritable élément plastique. Détournée de sa fonction ornementale, la pierre devient source de lumière et vecteur de tension visuelle, créant un dialogue subtil entre matérialité et perception. En parallèle, ses aquarelles offrent un contrepoint plus intime, où le geste libre capte l’instant dans une relation sensible au temps.

À travers cette dualité entre éphémère et permanence, l’artiste questionne la notion même de valeur ; ce qui brille, ce qui dure, mais aussi ce qui touche profondément.

Nathalie Afonso nous en dit plus, nous donne des clés et éclaire dans cette interview au LusoJornal.

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Nathalie Afonso, pour vous, qu’est-ce que l’art et comment définiriez-vous l’évolution récente de votre pratique artistique ?

L’art est avant tout un langage sensible, une manière de traduire l’invisible, l’émotion et le mouvement intérieur. Ces dernières années, ma pratique a évolué vers davantage de liberté tout en gagnant en précision. J’explore un dialogue plus affirmé entre geste instinctif et construction maîtrisée, notamment à travers la rencontre entre médiums très différents.

Quelles sont les principales influences qui nourrissent votre travail aujourd’hui ?

Elles sont multiples et souvent intuitives : la nature, le mouvement, les matières brutes, mais aussi certaines formes d’architecture et de design contemporain. Je suis également influencée par les contrastes : le fragile et le solide, l’éphémère et le durable.

Comment articulez-vous la relation entre spontanéité (aquarelle) et précision (sculpture) ?

C’est une tension que je recherche. L’aquarelle est un espace de lâcher-prise, presque méditatif, tandis que la sculpture demande une rigueur, une anticipation. Ces deux pratiques se nourrissent : la spontanéité apporte de la vie à la forme, et la précision donne une structure à l’émotion.

Comment est née votre collaboration avec Majesté Diamant ?

La rencontre s’est faite autour d’une sensibilité commune pour l’excellence et la matière précieuse. Très vite, l’idée d’un dialogue entre art contemporain et savoir-faire d’exception s’est imposée comme une évidence.

Qu’est-ce que le diamant vous permet d’exprimer plastiquement que d’autres matériaux ne permettent pas ?

Le diamant capte et renvoie la lumière d’une manière unique. Il incarne à la fois la pureté, la résistance et la rareté. Il introduit une dimension presque immatérielle dans la sculpture, une vibration lumineuse que peu de matériaux peuvent offrir.

Avez-vous rencontré des défis techniques spécifiques en intégrant ce matériau dans vos œuvres ?

Oui, bien sûr. Le diamant impose des contraintes techniques fortes, notamment en termes d’intégration et de fixation. Il faut respecter sa structure tout en l’inscrivant dans une œuvre contemporaine, ce qui demande un dialogue étroit avec les artisans.

Que représente pour vous une présentation au Carrousel du Louvre dans le cadre de l’Art Shopping Paris ?

C’est une reconnaissance importante et un lieu chargé de symboles. Exposer dans cet espace, au cœur de Paris, permet de toucher un public international et d’inscrire son travail dans une dynamique artistique forte.

Qu’exposez-vous et y a-t-il une pièce centrale ou emblématique ?

Je présente une série de sculptures dont l’une rend hommage à Júlio Pomar, accompagnées d’aquarelles qui en sont comme les origines sensibles. Une pièce centrale se distingue par son équilibre entre force et délicatesse : elle synthétise pleinement cette recherche autour du précieux, avec une pose de diamants sur les cornes d’un taureau.

Votre travail semble interroger la notion de “précieux”. Comment la définiriez-vous aujourd’hui ?

Le précieux ne se limite pas à la valeur matérielle. Il réside dans l’émotion, dans le temps consacré, dans la singularité. Aujourd’hui, je le vois comme une qualité d’attention portée à la matière et au regard.

Cherchez-vous à provoquer une émotion spécifique chez le spectateur ?

Je ne cherche pas à imposer une émotion, mais plutôt à ouvrir un espace de ressenti. Si le spectateur peut se connecter à l’œuvre, même de manière intime et personnelle, alors le dialogue est réussi.

En quoi cette série diffère-t-elle de vos travaux précédents ?

Elle marque une évolution vers plus de contraste et de sophistication matérielle. L’intégration du diamant introduit une nouvelle dimension, à la fois conceptuelle et esthétique.

Quel regard espérez-vous susciter chez les collectionneurs et le public ?

Un regard attentif, curieux, sensible. J’aimerais que l’on prenne le temps de voir au-delà de la première impression, de découvrir les différentes strates de l’œuvre.

Cette collaboration ouvre-t-elle la voie à d’autres projets mêlant art et artisanat d’exception ?

Oui, absolument. C’est une direction qui m’intéresse profondément : créer des ponts entre disciplines et valoriser les savoir-faire rares.

Quels sont vos prochains projets après cette exposition ?

Je souhaite poursuivre cette exploration des matériaux précieux tout en développant de nouvelles formes sculpturales. D’autres collaborations sont également en réflexion, toujours dans cette idée de dialogue entre art et excellence artisanale.

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La prochaine exposition à laquelle Nathalie Afonso participera sera «Metamorfose Urbana de Lisbonne-Paris : un dialogue artistique entre deux capitales», au 84 rue du Temple, 75003 Paris, du 15 au 21 juin.

À travers cette exposition, actuellement au Carrousel du Louvre, du 10 au 12 avril, Nathalie Afonso affirme une écriture artistique en pleine maturité, où la matière devient langage et la lumière, émotion. En faisant dialoguer sculpture, aquarelle et diamant, elle dépasse les frontières traditionnelles entre art et artisanat pour proposer une expérience sensible et contemporaine du précieux.

Son travail, à la fois exigeant et intuitif, invite à ralentir le regard, à interroger nos perceptions et à redéfinir ce qui fait valeur aujourd’hui. Une démarche singulière qui s’inscrit avec force dans le paysage artistique actuel, et dont les prolongements seront à découvrir dès le mois de juin avec l’exposition «Metamorfose Urbana», nouveau chapitre d’un parcours en constante évolution.

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