Opinion : 2025 est passé, 2026 nous a dit bonjour


Des vœux envoyés, des vœux reçus. Par habitude ? Pas que par habitude : un rappel de combien il est important de penser aux autres, proches ou moins proches, dans la souffrance comme dans l’allégresse. Une pause dans la course de la vie…

Nous vient ici en mémoire un sketch du grand Raymond Devos : «Où courent-ils ?»

«Excusez-moi, je suis un peu essoufflé !

Je viens de traverser une ville où tout le monde courait…

Je ne peux pas vous dire laquelle… je l’ai traversée en courant.

Lorsque j’y suis entré, je marchais normalement.

Mais quand j’ai vu que tout le monde courait, je me suis mis à courir comme tout le monde,

sans raison !

À un moment, je courais au coude-à-coude avec un monsieur…

Je lui dis :

– Dites-moi… pourquoi tous ces gens-là courent-ils comme des fous ?

Il me dit :

– Parce qu’ils le sont !

Il me dit :

– Vous êtes dans une ville de fous, ici… Vous n’êtes pas au courant ?

Je lui dis :

– Si, des bruits ont couru !

Il me dit :

– Ils courent toujours !

Je lui dis :

– Qu’est-ce qui fait courir tous ces fous ?

Il me dit :

– Tout ! Tout !

Il y en a qui courent au plus pressé…»

.

2026, une année à promesses, tant au Portugal qu’en France.

Au Portugal, 11 candidats sont en lice pour les prochaines élections présidentielles, dont le premier tour aura lieu le 18 janvier.

En France, le premier tour des élections municipales aura lieu le 15 mars prochain.

La vie démocratique de nos deux pays engendre des promesses ; quelques réalisations aboutiront. En demandons-nous trop ? Nous promet-on trop ?

Un candidat qui ne promet rien est-il promis à un bel avenir ? Promettre de tout faire pour un meilleur lendemain est-il suffisant ?

Deux messages nous sont arrivés sur notre téléphone portable en ce début d’année, sous forme de petites interviews.

Le journaliste pose la question à une dame née dans les années 1930 :

– «Quel est le grand enseignement que la vie vous a donné cette année ?»

La réponse fut :

– «Tout passe. Le beau comme le douloureux. Quand on est jeune, on croit que les chagrins vont toujours durer. Mais non. La vie finit toujours par remettre un peu de lumière. Il faut juste tenir. Juste un peu. Et vous savez, quand la lumière revient, elle est encore plus douce qu’avant».

À un monsieur, né sensiblement à la même époque, le journaliste demande :

– «À votre avis, pourquoi aujourd’hui les gens sont-ils plus stressés ?»

Le monsieur lui répond :

– «Parce qu’ils vivent comme si la vie était une course. Ils veulent tout, tout de suite : l’argent, le succès, le bonheur. Ils se comparent en permanence. Nous, on n’avait pas le temps de devenir malheureux : on travaillait, on parlait, on riait, on se voyait. Aujourd’hui, tout le monde a mille amis sur un écran et parfois aucun pour prendre un café. Le stress vient de trop de pression, trop d’ego, pas assez d’humain. Ils ont oublié la lenteur. La lenteur, c’est une richesse…»

Voilà des mots, des phrases qui ont un sens, qui pourraient donner un sens même si enjolivées peut-être un peu… Le début d’année se prête à cela. Pour rassurer, pour nous rassurer ?

Ne sommes-nous pas tous des enfants ? Ne devrions-nous tous redevenir des enfants et comme le chante si bien Yves Duteil :

«Prendre un enfant par la main

Pour l’emmener vers demain

Pour lui donner la confiance en son pas

Prendre un enfant pour un roi»

.

Et que les chaussures de sport toutes neuves, le soient un peu moins le 31 décembre 2026 : un grand pas pour l’homme, un petit pas pour l’humanité.

Beaucoup de petits pas peuvent faire, eux aussi, évoluer le monde. Pas besoin d’aller sur Mars. Une pratique de tous les moi, mois… de tous moments.

Et toi, comment tu vas ?

Moi ?

Oui : toi.

Prendre le temps… de prendre son temps.