Paolo da Encarnação installe à La Ville-aux-Bois-lès-Pontavert son monument aux morts de 1914-1918

Ce mercredi 25 février restera une date marquante pour la commune de La Ville-aux-Bois-lès-Pontavert, entre Laon et Reims. Après plusieurs mois de travail, le village a officiellement accueilli son tout premier monument aux morts, une œuvre signée par l’artisan ferronnier Paolo da Encarnação.

Installé à Coucy-lès-Eppes, dans les Hauts-de-France, Paolo da Encarnação est maître artisan ferronnier. Élu Maire de son village depuis 2020 et membre de la municipalité depuis près de vingt-cinq ans, il conjugue engagement civique et passion artistique.

Habitué à créer et restaurer des œuvres remarquables, il a été chargé de concevoir un monument destiné à combler un vide mémoriel dans la commune voisine.

Un village sans monument, un devoir de mémoire à accomplir

Située dans l’arrondissement de Laon, la petite commune de La Ville-aux-Bois-lès-Pontavert, forte d’environ 150 habitants, ne disposait jusqu’à présent d’aucun monument aux morts.

Pourtant, les lieux de mémoire ne manquent pas dans les environs. À Berry-au-Bac, on trouve notamment le Monument national des chars d’assaut, ainsi qu’une nécropole nationale rappelant les lourds combats de la I Guerre mondiale.

Le territoire de La Ville-aux-Bois, notamment dans le secteur du «Bois des Buttes», est profondément marqué par l’histoire. C’est là que Guillaume Apollinaire est blessé par un éclat d’obus le 17 mars 1916. Depuis 1990, une stèle commémore cet événement en bordure de la départementale 89.

La commune est également liée au destin de plusieurs écrivains et hommes engagés morts pour la France :

– Aristide Bruant (1883-1917), fils du célèbre chansonnier montmartrois Aristide Bruant, tué à La Ville-aux-Bois le 16 avril 1917 ; son nom est inscrit au Panthéon parmi les 560 écrivains morts pour la France.

– Jules-Gérard Jordens (1885-1916), poète et soldat brancardier, tué au Bois-des-Buttes le 26 avril 1916 ; son nom figure également au Panthéon parmi les 560 écrivains morts au combat pendant la I Guerre mondiale.

– Jean Klingebiel (1892-1917), médecin aide-major, tué à La Ville-aux-Bois le 16 avril 1917 ; son nom est lui aussi inscrit au Panthéon parmi les 560 écrivains morts au combat pendant la I Guerre mondiale.

La municipalité, représentée par son Maire Daniel Viano, a donc souhaité inscrire durablement la mémoire collective dans l’espace public en confiant à Paolo da Encarnação la création d’une œuvre symbolique et fédératrice.

Un monument riche en symboles

Fruit d’une étroite coopération avec les habitants, le monument en métal, laiton et or, se distingue par une forte portée symbolique :

– Deux drapeaux français en arrière-plan, bleu, blanc, rouge, incarnent la Nation, la République et le sacrifice consenti pour la France.

– Une grande croix au sommet évoque les décorations militaires, le courage, l’honneur et le sacrifice des soldats.

– Des épées croisées symbolisent le combat, la défense du pays et la dimension militaire du conflit.

– Des silhouettes de soldats, représentées en bleu à la base de l’édifice, illustrent les «poilus» de la Grande Guerre en position de combat, rappelant la dure réalité du front.

– L’inscription : «La commune à ses héros morts pour la France 1914-1918» souligne le devoir de mémoire et l’hommage rendu aux habitants tombés durant la guerre.

Le monument mentionne également les noms des disparus : trois militaires originaires du village morts au combat lors de la I Guerre mondiale, ainsi qu’un civil.

L’ensemble est mis en valeur par un éclairage nocturne soigné, permettant à l’ouvrage de s’inscrire avec dignité et solennité dans le paysage communal.

Un héritage du grand élan mémoriel d’après-guerre

À l’issue de la I Guerre mondiale (1914-1918), un puissant «élan mémoriel» a traversé la France. Presque chaque commune a érigé son monument afin d’honorer les soldats disparus.

On estime aujourd’hui à plus de 35.000 – voire près de 36.000 – le nombre de monuments aux morts répartis sur le territoire national, témoignant de l’ampleur du traumatisme et de la volonté collective de ne pas oublier.

Avec cette inauguration, La Ville-aux-Bois-lès-Pontavert rejoint à son tour cette vaste mémoire nationale.

L’installation du monument aux morts de La Ville-aux-Bois-lès-Pontavert marque bien plus qu’un simple aménagement urbain : elle constitue l’aboutissement d’un engagement collectif et l’expression d’un profond respect pour ceux qui ont sacrifié leur vie.

Grâce au talent et à la sensibilité artistique de Paolo da Encarnação, la commune dispose désormais d’un lieu de recueillement et de transmission. Ce monument inscrit dans la pierre et le métal la mémoire des disparus, rappelant aux générations présentes et futures que le souvenir demeure un devoir partagé.

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