LusoJornal | Carlos Pereira

Wilson Ladeiro: ‘Olá Paris!’ veut s’imposer comme le Festival de Cinéma Portugais à Paris


Le Festival de Cinéma Portugais à Paris – ‘Olá Paris !’ – qui aura lieu ce week-end dans Le Club de l’Étoile, dans la capitale, est organisé par les frères Wilson Ladeiro e Fernando Ladeiro-Marques.

En tout, il y aura 7 longs-métrages, dont 5 avant-premières et tous les réalisateurs seront présents, ainsi que des comédiens, pour des tables rondes avec le public. De plus, 11 courts-métrages seront programmés pendant les trois jours.

Dans la structure du Festival, Wilson Ladeiro est plutôt chargé de la partie artistique, et dans cette longue interview au LusoJornal, il fait le point sur ce festival unique qui en est déjà à sa deuxième édition.

Depois de Maria de Medeiros na primeira edição, a Madrinha desta segunda edição do festival é a atriz portuguesa Beatriz Batarda.

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C’est la deuxième édition de ‘Olá Paris!’. Qu’est-ce qui a changé depuis la première édition ?

La première édition a été un succès, donc on était très contents. On s’est rendu compte qu’il y avait un enthousiasme, que le public est venu, que les artistes sont venus et surtout qu’ils sont repartis en étant très satisfaits, en nous faisant des retours vraiment positifs. Donc, ça nous a vraiment fait un grand plaisir et on a tout de suite décidé de repartir. Dès la première édition terminée, on a décidé qu’il y aurait une deuxième édition. Il s’est avéré que les mêmes partenaires qui étaient avec nous la première fois, ont continué. Et on a eu cette année la chance d’avoir le Consulat du Portugal, autour de Madame la Consule Mónica Lisboa, qui a été vraiment à nos côtés et qui nous a aidés. Donc, on a pu faire cette deuxième édition avec grand plaisir.

Vous avez changé la date. La première édition a eu lieu en fin d’année et maintenant c’est plutôt en début d’année…

Notre souhait c’est d’installer ce rendez-vous du cinéma portugais à Paris et même en France, puisqu’il n’y a pas de festival de cinéma portugais en France. Nous avions commencé en fin novembre, mais nous nous sommes dit que c’était plus adapté pour plusieurs raisons, début mars. C’est un peu avant que le printemps arrive et avant qu’il y ait plein d’autres événements culturels. Nous nous sommes dit que c’était une très bonne période où les gens sont plutôt disponibles encore à ce moment-là.

C’est pour ça qu’il y aura un évènement privé de lancement du Festival au Consulat général du Portugal à Paris ?

Oui, c’était important d’avoir ce moment-là et c’est à l’initiative de Madame la Consule qui nous a proposé de faire une espèce de soirée d’inauguration au Consulat, la veille du démarrage du festival. Nous sommes vraiment contents. C’est une soirée privée, donc, il n’y aura pas de public, mais il y aura les artistes qui seront déjà arrivés, les partenaires et il y aura tous ceux qui travaillent pour ‘Olá Paris!’. Ensuite, les trois jours de festival : vendredi, samedi et dimanche.

Comme pour la première édition…

Je dirais qu’on est monté d’un cran. La première édition, on avait une seule avant-première qui était «Banzo». Cette année on en a cinq. Sur les sept films programmés, on a cinq avant-premières ! Ça, c’est vraiment très important. Un seul «Entroncamento» a une sortie prévue en France. Les quatre autres, pour l’instant, n’ont pas de sortie prévue en France. On rêverait que ça ait un impact et qu’il puisse y avoir une sortie après le passage au festival. Puis, nous avons deux autres films : «Prazer Camarada» et «Raiva». Ce sont deux films qui ne sont pas si vieux que ça, l’un de 2019 et l’autre de 2022, mais ce sont des films très importants dans l’histoire du cinéma récent portugais. Les deux réalisateurs – d’ailleurs très connus, José Filipe Costa et Serge Tréffaut – seront là aussi. Tous les réalisateurs et les réalisatrices des films programmés seront là pour présenter leurs films.

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Pourquoi avoir programmé une «Séance Extravagante»?

C’est une nouveauté. Tous les ans, dans le cinéma portugais, il y a des films qui sortent, qui sont vraiment des films très originaux, très particuliers, parfois un peu fous. C’est une marque du cinéma portugais. Donc, nous nous sommes dits que tous les ans, on allait présenter un film comme ça. Donc, ça commence avec «Prazer Camaradas», qui est un film qu’on adore. On ne sait pas si c’est un documentaire, une fiction, on ne sait pas si ça se passe en 1975, si ça se passe aujourd’hui. Les personnages qui sont âgés, qui ont, on va dire, 75 ans, jouent le rôle qu’ils avaient quand ils en avaient 20. Enfin, tout ça est un peu mélangé de façon très intelligente, très inventive et drôle par José Filipe Costa, ce qui donne un film vraiment sympathique sur l’après-Révolution des œillets. Et surtout sur les droits des femmes, l’émancipation, parce qu’elles étaient complètement prisonnières de la domination masculine, comme dans beaucoup de pays d’ailleurs, mais là, en plus, il y avait la dictature qui était vraiment très forte. C’est pour ça que nous avons décidé, dans cette «séance extravagante» qui tombera le 8 mars, Journée Internationale des Droits de la Femme, de faire un débat orienté sur les droits des femmes, en partant du film, des propos de José Filipe Costa, mais aussi en parlant d’aujourd’hui. Un débat très intéressant auquel participera Beatriz Batarda et Helena Noguera, la comédienne et chanteuse franco-portugaise qu’on connaît tous.

Les entretiens après les films continuent donc ?

Cette année, on a voulu inviter des journalistes pour présenter les films et animer les rencontres. Nous sommes très contents de cette idée. Ce sont des personnes à qui on fait confiance. Chaque film sera représenté par une partie de l’équipe. Tous les réalisateurs et les réalisatrices des longs-métrages sont présents. C’est génial. Et en plus, il y aura quelques acteurs et actrices qui seront présents aussi. Donc, il y aura du monde. Il y a deux fois plus d’invités que pour la première édition.

Cette année, vous avez décidé de mettre en évidence le cinéma d’animation portugais ?

Tout à fait. Au Portugal, il y a beaucoup de réalisateurs et réalisatrices qui font des courts-métrages, pas seulement pour démarrer leur carrière, mais des grands réalisateurs font, de temps en temps, entre deux longs-métrages, des courts-métrages, parce qu’ils ont écrit quelque chose qui s’adapte plus à un format court.

Et l’animation y est vraiment de grande qualité…

Oui, il y a des films qui sont magnifiques, qui ont été aux Oscars, qui ont été à Annecy, qui ont eu des prix à Clermont… Vraiment, il y a des trucs très intéressants. Je trouve que c’est une caractéristique du cinéma portugais qui est très intéressante.

Pourquoi inviter Beatriz Batarda comme Marraine du Festival cette année ?

Nous étions très contents d’avoir eu Maria de Medeiros pour la première édition. On avait pensé à elle tout de suite, c’est l’actrice franco-portugaise la plus connue, en tout cas à l’extérieur du Portugal et beaucoup en France. Et elle a accepté tout de suite. Ça allait être dur de faire mieux. Nous connaissions Beatriz Batarda comme actrice, elle est venue à la première édition et le courant est passé vraiment très bien. Elle était enchantée de l’accueil, de ce côté très humain du festival et nous avons pensé à elle tout de suite. Elle a accepté tout de suite. Nous sommes vraiment ravis d’avoir Beatriz Batarda comme Marraine. Parce qu’en plus d’être l’actrice qu’on connaît tous, qui est quand même une des plus grandes actrices portugaises, elle nous a dit que c’est la première fois qu’elle est Marraine d’un festival de cinéma. Nous sommes fiers de ça.

Elle s’est impliquée dans le choix des films ?

Elle prend vraiment la chose très au sérieux. Elle nous a posé plein de questions, on a beaucoup discuté sur la programmation. En plus d’être une superbe actrice, une réalisatrice, une actrice de théâtre aussi, et même metteuse en scène, elle donne des cours d’art dramatique. Elle est vraiment très complète dans sa carrière. C’est une marraine épatante. En plus de ça, elle est simple, elle est sympathique, elle est vraiment superbe.

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Vous organisez ce festival à deux, avec votre frère Fernando. Comment vous répartissez vos tâches ?

En fait, nous nous sommes rendu compte très vite que nous sommes hyper complémentaires. Nous faisons, tous les deux, un peu de tout. Mais, Fernando, avec 30 ans d’expérience d’organisation d’événements dans la musique, gère plutôt l’organisation de l’événement, les rapports avec les partenaires, tout ce genre de choses qu’il maîtrise. Moi, je maîtrise beaucoup moins bien que lui ce domaine-là. En revanche, au niveau artistique, je vois énormément de films, donc voilà, je dirais que je suis plutôt dans la partie artistique. On se complète très bien. Et ça s’est fait naturellement.

Avez-vous pensé à élargir le festival sur d’autres villes ?

On nous a posé la question déjà. En fait, nous ne sommes pas contre l’idée du tout, mais pour l’instant, comme son nom l’indique, «Ola Paris!», c’est à Paris. Notre objectif est d’installer ce festival à Paris comme un rendez-vous annuel. Ensuite, bien sûr, pourquoi pas imaginer le faire dans d’autres villes ? La priorité est plutôt de créer des liens entre les protagonistes du cinéma portugais et du cinéma français, puisque déjà, à la base, les deux cinémas ont quand même des liens assez forts. Il y a beaucoup de films portugais qui sont coproduits en France, et vraiment, notre but, c’est de créer du lien, de créer des rencontres entre les professionnels des deux pays. Et même, pourquoi pas, envisager par la suite d’élargir ça à d’autres pays d’Europe aussi, pour faire en sorte que Paris soit un centre névralgique en Europe pour le cinéma portugais. On pourrait imaginer d’inviter des professionnels d’autres pays européens, de l’Espagne, de l’Italie, de l’Allemagne, c’est aussi quelque chose dont on a déjà parlé, et qu’on peut envisager pour la suite.

Ce festival n’a pas de Prix. C’est quelque chose qui peut évoluer aussi ?

Bien sûr, mais pour l’instant, non. La première année, c’était évident que non. Il y avait des films plus récents, d’autres plus anciens, c’était difficile de faire une compétition. Mais là, il y a déjà une certaine uniformisation. Là, il y a déjà cinq avant-premières… Je ne sais pas quand, mais on envisage à un moment de décerner un prix ou deux, éventuellement avec un jury. On va attendre d’avoir de la matière, que des avant-premières par exemple, ou des films de l’année, en tout cas. C’est à envisager, effectivement.

Comment réagissent les instances du cinéma au Portugal ?

Cette année, nous avons une nouveauté. Grâce à l’équipe fantastique du Consulat du Portugal, on a un partenariat avec l’Instituto Português do Cinema e do Audiovisual (ICA). C’est super pour nous. Non seulement c’est une aide importante pour l’organisation de l’événement, mais aussi pour l’avenir, parce qu’ils s’intéressent à notre événement, ils trouvent que c’est quelque chose de très positif pour exporter le cinéma portugais. Le Président de l’Institut sera là d’ailleurs.

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