Le lundi 9 novembre, la poétesse et historienne angolaise Ana Paula Tavares, Prix Camões 2025 (la plus haute distinction de la littérature en langue portugaise), sera présente à la Maison du Portugal André de Gouveia, à la Cité Internationale Universitaire de Paris, pour parler de son œuvre, entre poésie, histoire et mémoire de l’Angola. La rencontre sera animée par José Manuel Esteves et Gonçalo Cordeiro, enseignants-chercheurs à l’Université Paris Nanterre.
Ana Paula Tavares est née en 1952 à Lubango (Huíla), en Angola. Historienne de formation, elle est titulaire d’un Doctorat en anthropologie historique (Université Nouvelle de Lisboa, 2010) et d’un Master en littérature brésilienne et en littératures africaines de langue portugaise (Université de Lisboa, 1996). Elle est l’auteure d’une œuvre littéraire prolifique, tant en prose qu’en poésie dont une grande partie est publiée dans des anthologies éditées dans divers pays. Son parcours professionnel comprend plusieurs postes dans les domaines de l’enseignement, de la muséologie, du patrimoine, de l’animation culturelle, de l’archéologie et de l’ethnologie.
Appartenant à la «génération des années 80», Ana Paula Tavares est l’une des voix féminines angolaises qui manifeste une grande préoccupation pour la condition des femmes en Angola. En 2025, le Prix Camões lui a été attribué pour l’ensemble de son œuvre. Notons, au passage, qu’Ana Paula Tavares est la troisième femme lauréate du Prix Camões ces trois dernières années, avec la poétesse brésilienne Adélia Prado (2024) et l’écrivaine portugaise Lídia Jorge (2026).
Dans la préface à l’anthologie poétique d’Ana Paula Tavares, intitulée “Amargos como os frutos” (2011), Inocência Mata, professeure et essayiste originaire de São Tomé e Príncipe, exprimait ainsi son “deslumbramento” (émerveillement) devant l’œuvre poétique d’Ana Paula Tavares: «Eu via pela primeira vez, na poesia africana, uma escrita em que a voz da mulher se fazia ouvir na sua individualidade, na sua feminilidade e na sua corporalidade» («Je voyais pour la première fois, dans la poésie africaine, une écriture où la voix de la femme se faisait entendre dans son individualité, sa féminité et sa corporalité»). Par ailleurs, dans ce même ouvrage, l’écrivain angolais Ondjaki disait ceci, à propos de la poésie d’Ana Paula Tavares: «Uma das mais expressivas e intensas vozes poéticas de Angola e do continente africano» («L’une des voix poétiques les plus expressives et les plus intenses d’Angola et du continent africain»).
En guise de prélude à sa venue à Paris, nous reproduisons ci-dessous un de ses poèmes extrait de l’anthologie citée plus haut:
.
A massambala (*) cresce a olhos nus
Vieram muitos
à procura de pasto
traziam olhos rasos da poeira e da sede
e o gado perdido.
.
Vieram muitos
à promessa de pasto
de capim gordo
das tranquilas águas do lago.
Vieram de mãos vazias
mas olhos de sede
e sandálias gastas
da procura de pasto.
.
Ficaram pouco tempo
mas todo o pasto se gastou na sede
enquanto a massambala crescia
a olhos nus.
.
Partiram com olhos rasos de pasto
limpos de poeira
levaram o gado gordo e as raparigas.
.
(*) Sorgho, plante herbacée qui sert notamment à fabriquer des boissons fermentées.
.
La rencontre avec Ana Paula Tavares est organisée par le CRILUS (Centre de recherches interdisciplinaires sur le monde lusophone) et la Chaire Lindley Cintra Camões IP (Université Paris Nanterre), le Lectorat de langue et culture portugaise de l’Université Paris 8 de Camões IP et la Maison du Portugal André de Gouveia.
.
Le lundi 9 novembre, 18h00
Maison du Portugal André de Gouveia
Cité Internationale Universitaire de Paris
7P Boulevard Jourdan
75014 Paris
RER B ou T3 Cité Universitaire







