
Lionel Pereira, élu municipal à Tourcoing, dans le Nord de la France, a participé au déplacement officiel organisé par Cívica, l’association des élus français d’origine portugaise, à Lisboa, du 22 au 24 octobre. À travers cette première expérience, aux côtés d’une trentaine d’autres d’élus français d’origine portugaise, il souhaite contribuer au renforcement des relations entre la France et le Portugal, mais aussi encourager l’engagement des nouvelles générations issues de l’immigration portugaise dans la vie publique.
Né en France, où il a grandi, étudié et construit son parcours professionnel et politique, Lionel Pereira revendique pleinement ses origines portugaises héritées de ses parents.
Pour cet élu municipal de Tourcoing, cette double appartenance constitue avant tout une richesse et un véritable levier pour développer des projets entre les territoires français et portugais.
«Je suis d’abord un élu français, mais j’ai des origines portugaises qui viennent de mes parents. Pour moi, c’est une force. On entretient un lien avec un territoire dans lequel on ne vit pas forcément, mais avec lequel on peut construire des projets et des échanges bénéfiques pour les deux pays», explique-t-il au LusoJornal.
Engagé dans son deuxième mandat municipal, Lionel Pereira exerce des responsabilités dans le domaine des finances, notamment en matière d’audit, de contrôle de gestion et d’évaluation des politiques publiques. Un engagement qui trouve son origine dans une volonté de participer concrètement à la vie de sa ville.
«J’ai toujours voulu faire quelque chose, apporter ma pierre à l’édifice. Je me suis dit que le meilleur moyen d’y parvenir était de m’engager pour ma ville et de faire avancer les choses».
Cívica, un espace de rencontre au-delà des sensibilités politiques
C’est dans cette démarche que s’inscrit son rapprochement avec l’association Cívica, organisation qui rassemble des élus locaux et des acteurs associatifs autour des échanges franco-portugais.
Il connaît l’association depuis environ deux ans. L’année dernière, il avait notamment participé à son Congrès, organisé au Sénat, à Paris. Il avait alors découvert plusieurs initiatives portées par l’organisation, notamment dans les domaines de la participation citoyenne, de la démocratie participative et de la sensibilisation à la différence.
Parmi les projets qui l’ont marqué, figure un livre édité par Cívica intitulé «L’Enfant qui avait de grandes mains», une histoire qui aborde le regard des autres, la différence et l’acceptation. «Ce projet m’avait particulièrement plu. Il rappelle que, même si nous sommes différents, nous restons des êtres humains et que cette différence peut aussi devenir une force», souligne-t-il.
Pour Lionel Pereira, l’intérêt de Cívica réside également dans son caractère pluraliste. «Au sein de Cívica, il n’y a pas de politique partisane. Les membres viennent de différentes sensibilités. L’objectif est de favoriser les échanges, de mettre en avant la démocratie participative et de montrer que les Portugais et leurs descendants peuvent s’engager dans la vie politique en France et y jouer pleinement leur rôle».

Trois jours de rencontres institutionnelles à Lisboa
Du 22 au 24 octobre, une délégation d’environ 35 élus français d’origine portugaise a participé à un programme de rencontres particulièrement dense dans la capitale portugaise.
Cette visite officielle, organisée par Cívica, avait pour objectif de renforcer la coopération entre les élus des deux pays et de permettre aux participants de découvrir les institutions portugaises, tout en partageant leurs expériences respectives.
Dès la première journée, la délégation a été reçue à l’Ambassade de France par l’Ambassadeur Jean-Pierre Asvazadourian, avant de se rendre à l’Assemblée de la République, où elle a rencontré son Président, Pedro Aguiar Branco.
Le programme s’est poursuivi avec une audience auprès de l’ancien Président de la République portugaise, Marcelo Rebelo de Sousa. Une rencontre qui a particulièrement marqué le jeune élu. «Je pensais que cette rencontre serait très protocolaire. Je m’attendais à avoir du mal à échanger avec un ancien Président de la République. Mais pas du tout! C’est quelqu’un de très accessible, qui dialogue facilement et qui prend le temps d’écouter».
Au-delà du caractère institutionnel de cette audience, certains messages ont retenu son attention, notamment ceux concernant le respect de la diversité et la nécessité d’apprendre à vivre ensemble. «Il a insisté sur le respect de la diversité, sur l’importance d’accepter que les autres soient différents et d’apprendre à vivre ensemble. Ce sont des messages que nous pouvons aussi transmettre et faire vivre sur nos territoires en France».
La délégation a également été reçue par l’actuel Président de la République portugaise, António José Seguro, dans le cadre d’une rencontre qui a permis d’aborder les relations entre les deux pays et la place de la Communauté portugaise établie en France.
«Avec l’agenda du Président, il n’était pas forcément évident de trouver un moment, mais il a pris le temps de recevoir les élus français d’origine portugaise. Je pensais que la rencontre serait très protocolaire et que nous serions simplement là pour l’écouter. Mais il nous a également écoutés, il a cherché à comprendre le message que nous apportions et nous avons pu échanger ensemble».
Cette disponibilité a été particulièrement appréciée par les participants. Le Président a notamment rappelé l’importance des liens historiques et humains entre la France et le Portugal.

Des échanges qui dépassent le cadre institutionnel
Le déplacement ne s’est pas limité aux rencontres officielles. Le programme prévoyait également des échanges avec le Secrétaire d’État portugais à l’Intérieur, Telmo Correia, ainsi qu’avec le Maire de Lisboa, Carlos Moedas.
La délégation a aussi participé à une réception et à un dîner officiel au Palais des Necessidades, en présence des représentants du Ministère portugais des Affaires étrangères et de l’Ambassadeur António Moniz, Directeur Général des Affaires Consulaires et des Communautés Portugaises (DGACCP).
Pour Lionel Pereira, les moments informels ont été tout aussi importants que les audiences institutionnelles. «Cívica nous a permis d’échanger également de manière moins officielle, pendant les repas et les événements organisés en soirée. Cela nous a donné l’occasion de rencontrer d’autres élus français d’origine portugaise, de découvrir leurs territoires et de partager nos expériences».
Une manière de constater que, malgré des parcours et des réalités locales différentes, les élus issus de la Communauté portugaise partagent souvent des préoccupations communes: la transmission culturelle, la participation citoyenne, l’intégration et la place des nouvelles générations dans la société française.
À Tourcoing, une Communauté portugaise active
Dans sa ville, Lionel Pereira observe notamment le rôle important joué par les associations portugaises dans la transmission de la culture et le maintien des liens avec le pays d’origine.
Il tient à souligner leur contribution à la vie locale. «À Tourcoing, nous avons des associations de Français d’origine portugaise qui font un travail extraordinaire pour mettre en avant notre culture. Elles organisent des activités, font vivre les échanges et vont même jusqu’à réaliser des déplacements au Portugal pour y proposer des animations».
Pour lui, l’engagement de la Communauté portugaise ne doit pas être envisagé uniquement sous l’angle politique. Le tissu associatif constitue également un élément essentiel de cette dynamique. «Il n’y a pas forcément que l’aspect politique. Il y a aussi l’aspect associatif, qui permet de faire vivre la Communauté portugaise sur notre territoire, mais également de maintenir les échanges avec le Portugal».

Faire de cette expérience un point de départ
Au terme de ces trois journées à Lisboa, Lionel Pereira revient avec de nombreuses expériences, de nouveaux contacts et surtout l’envie de prolonger les échanges.
Il souhaite notamment réfléchir à la possibilité de développer des projets entre Tourcoing et des territoires portugais.
«J’ai pu échanger pour la première fois avec certains élus français d’origine portugaise. Nous avons parlé de nos territoires, de nos façons de travailler et de nos expériences. Maintenant, je vais voir ce qui pourrait être transposé à Tourcoing et si certains projets peuvent être construits entre notre ville et le Portugal».
Cette première participation lui a également permis de mieux mesurer l’intérêt d’un réseau comme Cívica pour les élus issus de la diaspora portugaise.
Son message à ceux qui hésiteraient encore à rejoindre l’organisation est simple: venir partager leurs expériences. «J’invite les élus français d’origine portugaise à rejoindre Cívica pour que nous puissions échanger tous ensemble. C’est en partageant nos expériences que nous pouvons faire émerger des idées et construire des projets».
Pour cet élu du Nord, la visite de Lisboa aura ainsi été bien plus qu’un déplacement officiel. Elle représente une occasion de renouer avec une histoire familiale, de découvrir davantage les institutions portugaises et de renforcer un réseau de femmes et d’hommes engagés dans leurs communes françaises.
Une conviction ressort de son témoignage: les origines portugaises ne constituent pas seulement un héritage familial ou culturel, elles peuvent aussi devenir un véritable moteur d’engagement citoyen et de coopération entre les deux pays.






