À Paris, Cá e Lá explore la mémoire de l’immigration et la transmission entre générations


Que reste-t-il d’une histoire familiale lorsque celle-ci s’est construite entre plusieurs pays, plusieurs langues et plusieurs cultures? Le 16 octobre, à Paris, la compagnie franco-portugaise Cá e Lá tentera d’apporter quelques réponses avec «Transmissions – Transmissões: Nous allons inventer une langue, une langue pour la mémoire, une langue pour les histoires».

Présentée à 16h00 au Collège-lycée Montaigne, dans le 6ème arrondissement de Paris, cette performance bilingue en français et en portugais s’intéresse à la mémoire de la migration et à ce qui se transmet, ou parfois ne se transmet pas, d’une génération à l’autre.

Au centre du spectacle, il y a notamment le silence. Celui que peuvent laisser derrière eux les parcours migratoires, mais aussi les histoires familiales racontées aux enfants et aux petits-enfants, ou, au contraire, celles qui restent longtemps tues.

Pour construire cette performance, la compagnie Cá e Lá s’appuie sur des romans et des textes autobiographiques dans lesquels les auteurs remontent le fil de leur histoire familiale. La mort d’un père ou d’une mère devient parfois le point de départ d’un retour vers le passé, les souvenirs et cette double culture qui accompagne les familles marquées par la migration.

Des auteurs portugais parmi plusieurs voix

La proposition ne se limite pas à l’expérience portugaise. Plusieurs langues, histoires et trajectoires se croisent. Mais deux voix portugaises y occupent notamment une place: celles de José Luís Peixoto et José Vieira.

Leurs textes côtoient ceux de Clara Ysé, Jacques Prévert, Philippe Artières, Camille Lefebvre, Didier Eribon et Caroline Dawson. Des chansons ou des échos de chansons de Benjamin Biolay et Laura Cahen viennent également accompagner cette création où la littérature ne sera pas simplement lue: poésie et prose seront jouées, chantées et dansées.

La direction artistique et théâtrale est assurée par Graça dos Santos, tandis que les costumes sont signés Isabel Vieira. Sur scène, la compagnie réunira Gonçalo Cordeiro, Anna Mirabella et Leonardo Da Silva e Castro. La représentation sera suivie d’un échange entre les artistes et le public.

Entre Paris, Nanterre et Lisboa

Cette performance s’inscrit dans un travail plus large mené cette année par Cá e Lá autour des «Transmissions». La compagnie organise depuis 2007 le festival Parfums de Lisbonne, pensé comme un rendez-vous entre Paris et Lisboa. Pour sa 19ème édition, le festival s’intéresse justement à l’héritage culturel, familial et linguistique, mais aussi à la mémoire des migrations et aux aspirations des nouvelles générations.

Le projet rejoint également «Jeunesses méditerranéennes et mobilités», porté par l’Université Paris Nanterre et la Cité internationale universitaire de Paris dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026. Du 12 au 31 octobre, plusieurs rendez-vous sont organisés autour des migrations, des identités plurielles, de la mémoire et de la jeunesse.

Pour cette création, Cá e Lá travaille notamment avec le Consulat Général du Portugal à Paris, la Maison du Portugal André de Gouveia, la Chaire Lindley Cintra de l’Institut Camões, le Lectorat de portugais de l’Université Paris 8 et le CRILUS de l’Université Paris Nanterre. Le projet bénéficie également du soutien de la Direção-Geral dos Assuntos Consulares e das Comunidades Portuguesas (DGACCP), de la Ville de Paris et de l’Université Paris Nanterre.

Avec «Transmissions – Transmissões», la compagnie revient ainsi sur une question qui traverse de nombreuses familles issues de l’immigration: comment raconter aux générations suivantes une histoire vécue ailleurs, parfois dans une autre langue, et faire vivre une mémoire familiale lorsqu’elle se construit entre plusieurs cultures?

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