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«Cantar Amália»: Le public était au rendez-vous

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Vingt ans après sa mort, Amália Rodrigues demeure au cœur des portugais. Le concert du 6 octobre au Trianon à Paris en a apporté une nouvelle preuve: une salle bondée, où rares étaient les non-lusophones, plus populaire sans doute que celles des concerts des fadistes de la nouvelle génération, et en tout cas à la fois fervente et bienveillante, comme le montra l’accueil chaleureux accordé à Linda de Suza, qui fut, on le sait, une vedette ici de la chanson populaire portugaise, et revient sur scène (une série de concerts «Carte Postale du Portugal» est prévue ces prochains mois).

Amália fut une icône du fado mais aussi de la chanson. Ce fut rappelé par l’interprétation de «Ai mourir pour toi» (composée par Charles Aznavour pour Amália), par l’une des deux fadistes «parisiennes» du programme, Tereza Carvalho, étincelante dans sa robe argentée, et par les nombreuses reprises des autres artistes des succès liés aux musiques folkloriques portugaises ou aux «marchas» lisboètes («Senhor Vinho», «Vou dar de beber à dor», «Fadinho ribatejano», «Lisboa antiga»…) qui ont contribué à la renommée internationale d’Amália, et permis au public de contribuer des deux mains, voire de la voix (n’est-ce pas, João Heitor?) à l’accompagnement de ces chansons.

Bien entendu, le «fado fado» ne fut pas oublié, défendu par trois interprètes habitués des scènes lisboètes, la «castiça» Teresa Tapadas, la sensible et délicate Joana Amendoeira, et le poétique et fantasque Duarte, chacun apportant sa touche personnelle aux grands fados chantés par Amália. On retiendra notamment le «Estranha forma de vida» de Duarte, tout en émotion contenue avec une élégance baroque qui n’appartient qu’à lui et dont nous avons eu bien des démonstrations lors de ses nombreux concerts en France ces dernières années. Entre les fados les plus connus d’Amália, et les plus chantés, Teresa Tapadas nous donna à entendre un fado moins connu, le «Fado Malhoa», référence au célèbre tableau du peintre éponyme censé représenter la mythique Severa, sur un joli poème de José Galhardo, impeccablement interprété. N’oublions pas la belle version proposée par l’autre de nos «parisiennes», Mónica Cunha, en fait authentique alfacinha, de «Disse-te adeus e morri».

Joana Amendoeira est rare à Paris et c’est dommage: une sensibilité rare, une voix d’une grande fluidité, une présence gracieuse, qui sont de nature à la faire figurer dans les toutes premières interprètes de fado. Les amateurs le savent, le grand public pas encore, il convient donc de l’en informer. Tout ce beau monde fut accompagné avec talent et efficacité par trois excellents musiciens qu’il faut évidemment citer: Bruno Mira à la guitare portugaise, Pedro Pinhal à la viola et Rodrigo Serrão à la viola baixa, habitués à jouer avec la crème du fado à Lisboa.

Un bel hommage, donc, à la «reine» Amália, légende du fado. Et les légendes, on le sait, sont immortelles. On n’en a pas fini de cantar Amália!

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Le concert «Cantar Amália» a été organisé par Dyam Produções, la société de José Antunes, avec le soutien, notamment, de LusoJornal. Dans le hall d’entrée du Trianon, il y avait une exposition de tableaux d’Amália Rodrigues, réalisés par l’artiste peintre Nathalie Afonso, qui a d’ailleurs réalisé également le décor de la scène.

 

Linda de Suza 19/20
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