«La Chambre de Pinóquia»: exposition-performance de Lídia Martinez à la Maison du Portugal André de Gouveia

L’exposition-performance de Lídia Martinez, «La Chambre de Pinóquia» será présentée à la Maison du Portugal, Cité Universitaire Internationale de Paris, le 18 janvier prochain, à 19h00.

«Le conte de Collodi est un prétexte pour permettre au personnage de Pinóquio de naître au féminin». Une exposition installée en forme de Chambre-Cabinet de curiosités, aura lieu dans la Galerie Vieira da Silva. «‘La Chambre de Pinóquia’ est façonnée à la mesure du corps d’une jeune lle. Les broderies intimes nous révèlent sa métamorphose, le temps qui passe de la naissance à la mort. On expose ses objets en céramique, ses dessins, ses cahiers, les tiroirs remplis de secrets… Ils racontent le passage des heures, le temps qu’une lle prend pour réclamer une parole, la sienne propre».

«Nous ferons une performance ce soir-là, on jouera sur des textes de ma pièce du même nom, en bilingue, portugais-français. Du chant, de la danse, des marionnettes, robes et accessoires feront partie de l’ensemble. Tout ceci à été confectionné pour cette représentation, car les éléments scéniques resteront ensuite dans l’exposition» explique Lídia Martinez. «Le personnage de Pinóquia va ‘naître’ et sa chambre est remplie de souvenir des femmes qui l’ont attendue. La proposition d’une chambre comme un espace poétique à la manière de Bachelard, un lieu de l’intime qui nous invite au secret, au ‘rêve éveillé’, aux morsures de l’enfance. Quand j’étais enfant, sous la table de cuisine, j’écoutais ma mère, ma tante, elles parlaient des affaires de femmes… en m’oubliant déjà. J’ai appris à jouer avec leurs souvenirs, le monde était si grand alors…».

Lídia Martinez cite d’ailleurs Gaston Bachelard: «La chambre était quasiment un corps, presque un corps maternel qui nous reçoit la nuit».

Lídia Martinez est chorégraphe, née à Lisboa, en 1952, et est venue à Paris à l’âge de 21 ans, parce qu’elle voulait danser et dessiner. Elle a dédiée une bonne partie de sa carrière autour de Inês de Castro et ses amours avec D. Pedro, mais récemment travaille autour du personnage de Pinóquia.

«Le mythe de Pinóquio prend de multiples voies et part chercher au plus loin de nous, un corps de petite lle. Se joignent à elle des personnages du vrai conte, la fée aux cheveux bleus, la narratrice chanteuse, le pianiste, le chat aveugle, le renard boiteux, le serpent rieur… Pinóquia est aussi une vieille femme, humaine, trop humaine qui suit une simple lumière au fond de la nuit. Elle est un écho à notre destin pluriel».

Lídia Martinez est chorégraphe, interprète et plasticienne, elle crée une cinquantaine de pièces depuis 1981. Elle a été ambassadrice de la danse française lors du «made in France» 1989, à l’Américan Danse Festival et au Jacob’s Pillow. Elle a dansé entre Paris e New York, a représenté la danse portugaise au Centre Georges Pompidou en 1997/98 et a dansé également au CCB, Balleteatro, Festival de Almada, Festival da Fábrica, Ano Inesiano, Teatro S. João… au Portugal.

Plasticienne, elle expose plus d’une vingtaine de fois, mais elle est également auteure, traductrice et poète.

Ses spectacles, ses performances sont donc un mélange artistique hors du comun.

Participent à la performance: Isabelle Dufau (danse), Mariana Fabião (soprano), João Costa Lourenço (piano) et Lídia Martinez (danse, textes, costumes, accessoires).

LusoJornal