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La répression salazariste est à l’origine de la création d’Amnesty International

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L’histoire a retenu que la création d’Amnistie Internationale est en rapport avec deux étudiants portugais. Nous y reviendrons.

Les dictatures et les démocraties ont, souvent, peur des mouvements étudiants, rappelons-nous les évènements récents à Hong-Kong et ceux de mai 68 en France, entre autres…

On peut dater la création, au niveau mondial, de la Journée de l’étudiant de 1947, lors de la Semaine de la jeunesse organisée par la MUD Youth, entre le 21 et le 28 mars 1947, la Fédération mondiale de la jeunesse démocratique étant d’inspiration communiste.

Au Portugal la désignation officielle de la Journée de l’étudiant, avec des activités dans trois académies (Lisboa, Porto, Coimbra) ont commencé en 1951, année au cours de laquelle une réunion des associations des trois universités portugaises de l’époque s’est tenue à Coimbra.

Parmi les décisions prises, la création d’un congé universitaire, qui s’appellerait Journée des étudiants, au cours duquel se dérouleront diverses manifestations culturelles, académiques et sportives. La célébration de la 1ère Journée de l’étudiant aura lieu au Portugal officiellement le 25 novembre (date anniversaire de la prise de la Bastille) 1951, à Coimbra.

La 1ère grande manifestation culturelle dans le cadre de la Journée de l’étudiant se déroule à Lisboa, du 17 au 19 avril 1957, avec la participation du Cercle d’initiation au théâtre académique de Coimbra (CITAC) et dont le programme comprenait également un colloque sur «La vie dans la ville universitaire» et un concert de Juventude Musical avec la collaboration de l’Orquestra Sinfónica da Emissora Nacional.

Portugal est à ce moment-là sous la dictature de Salazar, qui ne voit pas d’un bon œil les manifestations, fussent-elles culturelles ou politiques.

Le 19 novembre 1960, l’avocat britannique Peter Benenson lit un article concernant deux étudiants portugais condamnés à sept ans de prison pour avoir porté un toast à la liberté. Il pense aussitôt à une pression internationale qui mobilise l’opinion publique en faveur des prisonniers d’opinion.

Entre le 21 et le 22 janvier 1961, au Portugal, le plus grand et le meilleur navire de la Companhia Colonial de Navegação, le «Santa Maria», est pris d’assaut par la Direction de la libération révolutionnaire ibérique (DRIL), dirigée par le Capitaine Henrique Galvão et Jorge de Soutomayor, déclenchant l’«Opération Dulcinée». Au même moment, de graves incidents se produisent à Luanda et dans le Nord de l’Angola. Le régime traverse une de ses grandes crises. La répression s’accentue.

À la suite de la lecture de l’article par Peter Benenson sur la condamnation des deux étudiants portugais, le britannique publie un appel intitulé «The Forgotten Prisoners» diffusé dans la presse le 28 mai 1961 (1), et l’idée d’une campagne internationale est lancée, appel à l’Amnistie, pour la défense des droits de la personne. Peter Benenson reçoit immédiatement plus de 1.000 offres de soutien.

Peter Benenson dira notamment: «Il ne se passe pas de jour sans que, en ouvrant son journal, on apprend qu’un homme, quelque part dans le monde, a été jeté en prison, torturé ou exécuté, parce que ses opinions ou sa religion déplaisait à son gouvernement. […] Les lecteurs des journaux éprouvent un sentiment pénible d’impuissance. Mais si tous ceux qui sentent monter en eux l’indignation devant de telles nouvelles, pouvaient se donner la main à travers le monde pour entreprendre une action commune, il serait possible, sans doute, d’obtenir un résultat positif».

L’idée initiale de la création d’Amnistie Internationale est lancée.

Au même moment, au Portugal la répression étudiante s’accentue avec des arrestations opérées par la PIDE. Le Gouvernement présidé par Salazar publie, le 21 mai 1962, le décret n° 44.357 qui établit que «sans préjudice de la compétence attribuée par la loi aux autres entités, le Ministre de l’Éducation nationale peut toujours ordonner des poursuites disciplinaires à l’encontre des élèves des écoles relevant du Ministère, nommer librement les instructeurs et appliquer, après avis du Conseil permanent de l’action éducative, l’une quelconque des sanctions prévues par la législation respective». Ce décret sera utilisé de manière intensive par le Ministère de l’Éducation dans les années suivantes: par arrêté ministériel du 29 juin 1962, les 21 étudiants qui avaient déclaré avoir fait une grève de la faim à l’intérieur de la cantine universitaire entre le 9 et le 11 mai, date à laquelle la police anti-émeute les a arrêtés, sont exclus de toutes les écoles de Lisboa. À Coimbra, 34 étudiants, dont cinq dirigeants d’associations, sont condamnés à des peines allant de six mois d’expulsion de l’Université à deux ans d’exclusion de toutes les écoles du pays.

Ce qui est certain, c’est que l’interdiction de la Journée des étudiants en 1962 a entraîné une crise profonde au sein du régime de l’Estado Novo, qui s’est bien exprimée dans la démission de Marcelo Caetano de Recteur de l’Universidade Clássica de Lisboa et dans celle du Colonel Homero de Matos de la Direction Générale de la PIDE, tous deux en avril. Le Ministre de l’Éducation nationale, Lopes de Almeida, sera également remplacé par Inocêncio Galvão Teles en décembre de la même année.

Entre temps Amnesty s’est enregistrée comme «organisation internationale à caractère non gouvernemental».

Pour l’histoire de cette organisation, rappelons que Peter Benenson deviendra le premier Secrétaire général, entre 1961 et 1966. Neuf autres Secrétaires se sont succédés à ce jour. Occupe actuellement le poste, élue en 2021, la française Agnès Callamand, experte des Droits de l’homme. Elle était auparavant la Rapporteuse spéciale sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, nommée par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies. Elle est également directrice du projet de l’Université de Columbia sur la liberté d’expression à l’échelle mondiale.

Amnesty International entretient des sections dans plus de 80 pays et se voit reconnaître le caractère d’organisme à voix consultative auprès des grandes organisations internationales.

Rappelons qu’Amnesty International publie chaque année un rapport rendant compte de la situation des Droits de l’homme et de leurs violations dans l’ensemble des pays du monde. Elle publie également un certain nombre de rapports importants et documentés dénonçant les incarcérations politiques pratiquées par les Gouvernements de divers pays.

Se déroulent actuellement les Jeux Olympiques de Tokyo, avec la présence de 205 équipes, dont 13 délégations (4 territoires avec des situations complexes: le Kosovo, Hong Kong… et 9 territoires insulaires appartenant à des pays reconnus par l’ONU). La Liberté est-elle respectée dans tous les pays présents? Tous les athlètes vont-ils rentrer dans leur pays? Signalons qu’un pays manque à l’appel à Tokyo: la Corée du Nord. Le prétexte? Le pays déclare zéro cas de Covid et selon ses dirigeants, pour l’éviter, ils ont décidé de ne pas envoyer de représentants aux Jeux Olympiques.

La Liberté au niveau mondial est-elle en progression ou en régression? Amnistie Internationale ne manque pas de travail.

Est-ce un mythe, est-ce la réalité? L’histoire a retenu que la création d’Amnistie Internationale est en rapport avec la prison de deux étudiants portugais, en 1960.

 

(1) https://amnestyfr.cdn.prismic.io/amnestyfr%2F26711480-0497-4d78-9a76-440dd6cf72f0_les+prisonniers+oubli%C3%A9s.pdf

 

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