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L’histoire singulière du soldat du Corpo Expedicionário Português: Manuel da Cunha França

Manuel da Cunha França (archives personnels de la famille)Manuel da Cunha França (archives personnels de la famille)Manuel da Cunha França (archives personnels de la famille)Manuel da Cunha França (archives personnels de la famille)Manuel da Cunha França (archives personnels de la famille)Manuel da Cunha França (archives personnels de la famille)Manuel da Cunha França (archives personnels de la famille)Manuel da Cunha França (archives personnels de la famille)Manuel da Cunha França (archives personnels de la famille)Manuel da Cunha França (archives personnels de la famille)Manuel da Cunha França (archives personnels de la famille)Manuel da Cunha França (archives personnels de la famille)Manuel da Cunha França (archives personnels de la famille)Manuel da Cunha França (archives personnels de la famille)Manuel da Cunha França (archives personnels de la famille)Manuel da Cunha França (archives personnels de la famille)Manuel da Cunha França (archives personnels de la famille)Manuel da Cunha França (archives personnels de la famille)Manuel da Cunha França (archives personnels de la famille)Manuel da Cunha França (archives personnels de la famille)Manuel da Cunha França (archives personnels de la famille)Manuel da Cunha França (archives personnels de la famille)Manuel da Cunha França (archives personnels de la famille)Manuel da Cunha França (archives personnels de la famille)

Parmi les 55 mille soldats portugais qui ont participé à la 1re Guerre Mondiale, quelques-uns sont restés en France et ont fondé une famille. Leur nombre? Personne n’est en mesure de les quantifier.

L’histoire que nous allons vous raconter est singulière. C’est celle de Manuel da Cunha França. Il a embarqué à Lisboa le 8 août 1917… son retour, son débarquement, aura lieu le 9 juin 1919.

La particularité de Manuel? Le fait d’avoir décidé de revenir en France, motivé par la rencontre avec une demoiselle du côté d’Armentières pendant les années de guerre.

De sa fiche du Corpo Expedicionário Português, nous avons pu recueillir les informations suivantes: il est née à Duas Igrejas, Vila Verde, fils de Manuel da Cunha França et de Maria Amélia Raposta. Son père avait exactement le même nom que lui… leur dernier nom de famille, França, curieux, non?

Manuel appartenait au Regimento de Cavalaria II, 3° Esquadrão, praça de identidade 29402, soldado n°523.

Il a été décoré de la Médaille de l’expédition en France, malgré le fait d’avoir été puni le 22 février 1918 de 10 jours de prison pour ne pas s’être présenté à l’heure, alors qu’il était appelé à entrer en service, il s’était caché dans les écuries.

Manuel est venu en France avec ses deux frères, João et António, dont on n’a pas retrouvé de traces dans les archives du CEP. On se pose la question si João n’est pas un des soldats inconnus du Cimetière militaire portugais de Richebourg, son nom étant inscrit dans l’Anneau de la Mémoire, preuve du décès pendant la guerre.

Nous avons rencontré la petite fille de Manuel da Cunha França, Jocelyne Pède, lors d’une exposition organisée à Villeneuve-d’Ascq par la Société Historique de la ville. Nous nous sommes promis de nous rencontrer, dans le but d’écrire un article pour LusoJornal. Chose faite, ce lundi 8 avril, presque 101 ans après la Bataille de La Lys.

Nous sommes émus à la vue de l’ensemble des documents conservés par la famille et qui viennent d’être transmis à la petite fille, Jocelyne Pède. Des documents rares et qui nous donnent beaucoup d’informations sur Manuel, sur sa vie, sur l’existence d’un Vice-Consulat portugais à Lille en 1931… Jocelyne a d’autres documents, notamment sur les deux autres frères qui ont participé à la 1re Guerre… un trésor.

Manuel a rejoint le Portugal avec les autres soldats du CEP. Il a vite fait le voyage en sens inverse. Il est revenu en France pour travailler en tant que bûcheron. Très vite, le chemin le conduit dans le Nord pour retrouver son amour de guerre, Élisa Poupart, avec laquelle il va se marier le 20 mai 1922, à Estaires. Le jeune couple va élire résidence à Fives Lille. Il sera embauché le 21 mai 1929, à l’usine Peugeot de sa ville de résidence.

Étant ouvrier de nationalité non française, il reçoit une notification l’interdisant de faire grève pendant le Front Populaire en 1936. Il devait passer entre des rangs de policiers pour aller au travail. Il décide alors de demander la nationalité française, qu’il va obtenir le 9 août 1939. Par la même occasion, son épouse, née française retrouve sa première nationalité, puisque du fait du mariage avec un étranger elle l’avait perdue.

Après une carrière complète dans la même usine, il sera médaillé et prendra sa retraite en 1960 à l’âge de 65 ans.

Manuel da Cunha França est décède le 18 février 1971, son épouse le suivra peu de temps après, le 1er mai de la même année. Ils sont tous les deux enterrés au Cimetière de l’Est de Lille.

À la petite fille de Manuel, Jocelyne Pède, qui nous a transmis beaucoup de données personnelles et documents, nous avons souhaité lui poser quelques questions pour mieux cerner la personnalité de Manuel et de Jocelyne… la gardienne de la mémoire familiale:

 

Comment avez-vous pu récupérer les documents en rapport avec votre grand-père?

Après le décès de ma mère, en juillet 2018, j’ai récupéré, avec l’accord de mes frères, tous les documents et photos que celle-ci possédait.

 

Quelques-uns des documents que vous nous avez montré ont été exposés à Villeneuve d’Ascq, comment sont-ils arrivés à cette exposition?

Je fais partie de l’Association d’amitié franco-allemande. A partir des échanges avec le Président de la Société Historique de Villeneuve d’Ascq, Sylvain Calonne, j’ai décidé de prêter, à ce dernier, tous ces documents pour l’exposition.

 

Votre grand-père combien de frères et sœurs a-t’il eu?

Il a eu deux frères et une sœur. De João, j’ai une photo de lui en tant que militaire et d’António j’ai son livret militaire. Tous deux sont venus en Flandre pendant la 1re Guerre Mondiale. De sa sœur, on sait qu’elle est partie vivre à Lisboa où elle est décédée.

 

Les Portugais restés en France après la 1re guerre ne parlaient pas portugais à la maison, ça a été le cas de votre grand-père?

Je pense que dû à son mariage, le portugais n’a jamais été parlé en famille par mon grand-père. Moi, de mon côté, j’ai appris quelques expressions et mots, d’autant plus qu’en tant qu’enseignante j’ai travaillé un an à Lisboa dans une école primaire pour promouvoir la langue française.

 

Votre famille et vous-mêmes avez-vous été dans le village de votre grand-père?

On a été, j’ai été au Portugal, et entre autres, à Vila Verde. On n’a pas trouvé de traces de la famille dans le village, ni même dans le cimetière. Dans le village on a su nous donner comme information que la sœur de Manuel avait vécu à Lisboa et qu’elle y aurait décédé.

 

Votre grand-père est-il retourné un jour au Portugal?

Non, il n’a jamais retourné au Portugal. Ma grand-mère faisait blocus. Quand il est décédé, j’avais 21 ans. Personnellement je suis allé au Portugal que quelques années plus tard. Mon grand-père craignait le régime de Salazar, mort en 1971, il n’a pas eu le bonheur de voir arriver la liberté dans son pays natal.

 

Êtes-vous encore en quête d’informations sur votre grand-père?

J’ai une sœur, dont une de ces filles s’est marié avec un portugais, et coïncidences des coïncidences, il est originaire de Vila Verde. J’ai bien l’intention d’un jour retourner à Lisboa et dans le village natal de mon grand-père pour faire des recherches complémentaires.

 

Dans votre famille quelqu’un voudra-t-il plus tard garder les souvenirs de votre grand-père et les approfondir?

Oui j’ai une nièce qui s’intéresse à cette histoire.

 

Voilà une histoire d’un poilu portugais… une parmi tant d’autres. Une histoire pour la Grande Histoire… une contribution pour la recherche entreprise par Aurore Rouffelaers, petite-fille de Felícia d’Assunção et de son exposition, créée lors du Centenaire de la Bataille de la Lys: «Racines».

 

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