À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, il est temps de dépasser les déclarations de principe et de regarder la réalité en face : malgré les progrès, l’égalité entre les femmes et les hommes reste inachevée.
Le 8 mars ne devrait pas être seulement une date dans le calendrier. Chaque année, la Journée internationale des droits des femmes nous rappelle que les avancées existent, mais qu’elles restent insuffisantes.
Selon le dernier rapport du Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes, les écarts persistent de manière préoccupante : en France, les femmes perçoivent encore en moyenne un revenu inférieur de 24% à celui des hommes. À temps de travail comparable, l’écart salarial reste d’environ 15%. Elles représentent près de 70% des emplois à temps partiel et restent minoritaires dans les postes de direction des grandes entreprises. Le rapport souligne également la persistance des stéréotypes sexistes et des violences : chaque année, des centaines de milliers de femmes déclarent être victimes de violences conjugales ou sexuelles.
Derrière ces chiffres se cachent des carrières freinées, des ambitions contrariées et des talents dont nos économies se privent encore.
Une société qui freine les femmes, freine aussi son propre avenir.
Mais l’inégalité ne se limite pas aux salaires ou aux postes de responsabilité. La santé des femmes, qu’il s’agisse de prévention, de dépistage ou d’accès aux soins, reste un enjeu majeur. Trop de femmes vivent la maladie en silence, craignant que leur carrière ou leur vie professionnelle ne soit impactée. La lutte pour l’égalité implique aussi de bâtir des environnements de travail capables de concilier vie professionnelle et santé, maternité ou maladie.
Cette réalité dépasse le monde du travail. Elle touche aussi aux lieux où se prennent les décisions qui façonnent nos sociétés.
Comme le rappelait récemment Marie Eloy dans une tribune publiée dans Les Échos, les femmes devraient être pleinement présentes dans les instances de paix. Pourtant, elles en restent largement absentes, alors même que leur participation est un facteur essentiel de paix durable et de stabilité internationale.
À l’heure où les crises internationales se multiplient et où les équilibres démocratiques sont fragilisés, on observe également dans certaines régions du monde un recul, voire un effacement des droits des femmes. Dans ce contexte, continuer à écarter la moitié de l’humanité des lieux de décision n’est pas seulement injuste : c’est une erreur stratégique.
L’égalité entre les femmes et les hommes n’est pas une cause sectorielle. Elle est un levier de progrès pour l’ensemble de la société : pour la démocratie, pour l’économie et pour la cohésion sociale.
Dans cet esprit, les relations entre la France et le Portugal peuvent porter une ambition commune. Nos deux pays partagent une histoire, des liens humains profonds et une volonté de construire des sociétés plus ouvertes et plus justes.
Le 8 mars ne doit pas être un simple rendez-vous symbolique. Il doit être un point d’appui pour agir durablement.
Parce que l’égalité entre les femmes et les hommes n’est plus seulement une ambition.
Elle est devenue un impératif collectif.






