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Origine des Hymnes nationaux, l’exemple de «A Portuguesa»

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Le 1er décembre est l’un des fériés civils au Portugal. Le pays lusitanien fête, ce jour-là, un événement déjà bien lointain, la Restauration de l’Indépendance, après 60 ans de dominations des rois d’Espagne, les Filipe, sur le royaume du Portugal, entre 1580 et 1640.

L’hymne national est souvent vu comme un chant qui exalte le sentiment d’appartenance à une nation. Très souvent, il raconte l’histoire d’un pays et des bouleversements politiques qu’il a connus. Chaque hymne national est unique et raconte une véritable histoire, différente à chaque fois. Ainsi, des changements de paroles ou de mélodies affectent certains hymnes, suivant la naissance d’une révolution ou le changement d’un régime.

Mais, comment et pourquoi les premiers hymnes nationaux se sont imposés dès le XVIIIème siècle?

Les Hymnes nationaux sont joués lors de dates festives, des hommages et lors d’évènements sportifs. Oubliés, parfois des voies s’expriment pour que lors du parcours scolaire on l’apprenne ou réapprenne tout en expliquant aux jeunes sa raison d’être. Certains partis politiques, certaines personnalités, se prononcent pour qu’on les chante au moins une fois par semaine à l’école.

Au niveau des formations sportives nationales, beaucoup de sportifs ayant été critiqués, de plus en plus de Champions font l’effort d’apprendre l’hymne national et de le chanter. L’hymne étant l’un des symboles qui font presque l’unanimité dans le pays, même si, ici et là, des voies se lèvent contre les paroles de certains hymnes, le thème étant souvent de nature guerrière. «Avec les hymnes nationaux, on touche au sacré national. Il est donc très difficile de les modifier sans porter atteinte à la nation», explique Anne-Marie Thiesse, Directrice de recherche au CNRS et auteure de La Création des identités nationales (Seuil, 1999).

Autrefois, les princes, les rois, les empereurs et d’autres souverains, étaient accompagnés de la pompe et du protocole attachés à leur personne, ils avaient leurs «musiques d’entrée» qui représentaient la personne en elle-même et non la nation ou le peuple.

Les symboles – hymne et drapeau – vont changer de sens, dès lors que les gouvernants vont devenir des représentants d’une nation, d’un peuple ou d’un pays.

À partir du XXème siècle, de multiples rencontres entre pays – diplomatiques, artistiques, sportives… – ont nécessité de façon accrue, de l’utilisation protocolaire de représentations symboliques des nations, au premier rang desquelles figurent les hymnes et les drapeaux nationaux.

Les 197 pays que compte le monde à ce jour, tous ont un hymne national.

Il y a, toutefois, des cas particuliers. L’hymne du Japon fait, aussi, partie des hymnes nationaux les plus récents. «Votre Règne» a été officialisé en 1999, pourtant, les paroles sont issues d’un poème qui est connu depuis le XIIIème siècle.

En plus des 197 hymnes nationaux, vingt neuf autres hymnes existent, interprétés dans des pays qui se sont déclarés indépendants, mais pas reconnus au niveau des organisations internationales – à l’exemple du Chypre du Nord -, de pays rattachés – à l’exemple de Taïwan – ou d’hymnes à l’intérieur d’un pays – tels que celui de Flandre et celui de la Wallonie, en Belgique.

Le plus ancien hymne national d’Europe est l’hymne national néerlandais – «Het Wilhelmus» – écrit entre 1568 et 1572 durant la guerre de Quatre-Vingts Ans. Les autres hymnes européens sont plus récents. Celui de l’Espagne – «Marcha Real» – date de 1770, au Royaume-Uni, «God Save the Queen» a été joué pour la première fois en 1775. En France, la «Marseillaise» date de 1795, en Belgique, la «Brabançonne» date de 1860, en Allemagne «Das Lied der Deutschen» date de 1922 et en Italie, «Fratelli d’Italia» date de 1946.

L’hymne le plus récent est celui du Soudan du Sud, il n’a vu le jour qu’en 2011.

C’est au cours des XIXème et XXème siècles que la plupart des nations ont adopté un hymne, parfois après avoir obtenu leur indépendance. Les anciennes colonies se sont d’ailleurs inspirées des hymnes européens, comme en témoignent «L’Abidjanaise», «La Nigérienne», «La Congolaise» et «La Tchadienne».

Les paroles des hymnes nationaux ne sont pas toujours écrites et chantées dans la langue officielle du pays. Ainsi, l’hymne du Pakistan, n’est pas en ourdou, mais en persan, et l’hymne national de Singapour, est en malais!

Les pays qui ont plusieurs langues officielles, comme la Suisse, disposent de plusieurs versions de leur hymne. L’hymne suisse existe donc en français, en allemand, en italien et en romanche.

L’hymne sud-africain est unique en son genre: cinq des onze langues officielles du pays y sont utilisées, chacune dans une strophe de l’hymne!

Enfin, certains hymnes sont sans paroles, comme l’hymne espagnol, l’hymne du Kosovo et l’hymne européen, dans ce dernier cas, le choix d’une seule langue serait problématique.

Il n’y a pas de véritable règle pour la musique et la composition des hymnes nationaux. La plupart sont caractérisés comme étant des marches. Plusieurs pays du nord de l’Europe ont, quant à eux, adopté des musiques qui ressemblent à des chorales luthériennes. Du côté des pays d’Amérique latine, beaucoup font entendre des compositions semblables à des chœurs d’opéra. Dans de nombreux pays, les hymnes sont simplement des fanfares.

Bien souvent, il existe des hymnes nationaux avec une version longue, pourvue d’une anacrouse – en musique, une anacrouse (ou levée) est une note ou un ensemble de notes précédant le premier ‘temps fort’ d’une phrase musicale – plus ou moins étendue, de couplets multiples séparés par des reprises chorales ou instrumentales. Les versions jouées lors des cérémonies ont une durée limitée par l’usage: celui-ci impose que durant l’exécution de l’hymne, les personnalités et le public soient fixés, au garde à vous, et silencieux. Presque tous les hymnes sont joués dans une version protocolaire dont la durée est comprise entre une minute et une minute et demie.

On donne aux hymnes souvent un nom: c’est ainsi qu’on appelle «La Marseillaise» en France, «The Star-Spangled Banner» aux États-Unis, «God save the Queen» pour le Royaume-Uni, «Kimi ga yo» au Japon.

 

L’hymne national du Portugal

Savez-vous quel fut le premier hymne du Portugal?

L’hymne patriotique, ou dans son orthographe originale «Hymno Patriótico», peut être considéré comme étant le premier hymne au Portugal. Composé en 1808 par Marcos Portugal – probablement le plus grand compositeur portugais de musique classique de tous les temps – et dédié au prince régent D. João VI, il a été inspiré à la fin de «Cantata La Speranza la sia l’Augurio Felice» du même auteur.

La date de son officialisation comme hymne national est incertaine, on cite généralement le premier quart du 19ème siècle. Il a ensuite été remplacé dans son rôle par l’hymne de la Charte, composé par le roi D. Pedro IV, qui était également l’empereur D. Pedro I du Brésil.

Les paroles ont subi plusieurs mutations, à l’origine destinées au Prince Régent, il commençait par la phrase «Oh Prince Excelso…».

Ce fut Dom Pedro IV qui composa, lui-même, l’hymne national portugais en 1822, sous le titre d’Hymne Impérial Constitutionnel. On le nommera, plus simplement, en 1826, hymne de la Charte, «Hino da carta». Considéré à l’époque comme officiel, il fut rendu obligatoire dans toutes les solennités. Lorsque D. Carlos I monta sur le trône, on composa à son intention un hymne. Toutefois à la veille de son couronnement, on s’est aperçu qu’il était d’une telle platitude que le nouveau roi déclara adopter l’air de D. Pedro IV.

A Portuguesa, écrit par Henrique Lopes de Mendonça et composé par Alfredo Keil, a été créé en 1890 comme une chanson de protestation suite à l’Ultimatum anglais, il ne deviendra officiel qu’en1911.

Un petit rappel historique: le royaume portugais s’est allié aux Anglais dès 1396 pour la coopération militaire et économique, par le biais du Duc de Windsor, encore valide de nos jours. L’alliance joue à plein pour chasser les Espagnols en 1640, les Français en 1808 et durant les deux conflits mondiaux du siècle dernier. C’est pourtant contre les Anglais que va se jouer la partition républicaine. L’Angleterre met la royauté lusitanienne en difficulté en s’opposant à ses prétentions territoriales en Afrique, qui visaient à compenser la perte du Brésil. L’ultimatum britannique contre les prétentions portugaises passe mal et est jugé humiliant, ce qui conduit aux émeutes de 1891, dirigées à la fois contre les anglais et la monarchie portugaise. Chanté lors de cette tentative de révolution de janvier 1891, la marche écrite par Henrique Lopes de Mendonça et mise en musique par Alfredo Keil exhorte le peuple de marins au réveil, à l’insurrection.

Le 5 octobre 1910, la République est proclamée au Portugal.

La Constitution fixera en 1911 les symboles nationaux: hymne et drapeau. Le sentiment d’injustice et le désir de liberté transparaissent dans les vers et la mélodie. «A Portuguesa» est reprise par les républicains émeutiers du 31 janvier 1911. Les accents et les paroles de la marche sont vibrants, enthousiastes et passionnés. Plusieurs versions de l’hymne, tant sur le rythme que sur les arrangements musicaux, cohabiteront au Portugal.

En 1956 il y avait plusieurs versions de l’hymne, non seulement dans la ligne mélodique, mais aussi dans les instruments, en particulier pour le groupe. Le Gouvernement décide, alors, de nommer une Commission chargée d’étudier une version officielle de «A Portuguesa». Cette Commission rédige une proposition qui sera approuvée par le Conseil de Ministres le 16 juillet 1957. En gardant l’hymne inchangé depuis, il a été désigné comme l’un des symboles nationaux, au même titre que la langue officielle du Portugal, dans la Constitution de 1976, contenu à l’article 11.2, paragraphe 2, de la Constitution de la République portugaise.

 

“A Portuguesa”

Heróis do mar, nobre povo,

Nação valente e imortal

Levantai hoje de novo

O esplendor de Portugal!

Entre as brumas da memória,

Ó Pátria, sente-se a voz

Dos teus egrégios avós

Que há-de guiar-te à vitória!

.

Às armas, às armas!

Sobre a terra, sobre o mar,

Às armas, às armas!

Pela Pátria lutar!

Contra os canhões, marchar, marchar!

.

Desfralda a invicta Bandeira,

À luz viva do teu céu!

Brade a Europa à terra inteira:

Portugal não pereceu!

Beija o solo teu, jucundo,

O oceano, a rugir de amor,

E o teu Braço vencedor

Deu mundos novos ao mundo!

.

Às armas, às armas!

Sobre a terra, sobre o mar,

Às armas, às armas!

Pela Pátria lutar!

Contra os canhões marchar, marchar!

.

Saudai o Sol que desponta

Sobre um ridente porvir;

Seja o eco de uma afronta

O sinal de ressurgir.

Raios dessa aurora forte

São como beijos de mãe,

Que nos guardam, nos sustêm,

Contra as injúrias da sorte.

.

Às armas, às armas!

Sobre a terra, sobre o mar,

Às armas, às armas!

Pela Pátria lutar!

Contra os canhões marchar, marchar!

 

“La Portugaise”

Héros de la mer, noble peuple,

Nation vaillante et immortelle

Montrez aujourd’hui de nouveau

La splendeur du Portugal!

Entre les brumes de la mémoire,

Ô Patrie, résonne la voix

De tes illustres aïeux

Qui te mènera à la victoire!

.

Aux armes, aux armes!

Sur la terre, sur la mer,

Aux armes, aux armes!

Pour la Patrie, lutter!

Contre les canons marcher, marcher!

.

Déploie l’invincible drapeau,

À la lumière vive de ton ciel!

Que l’Europe clame à la Terre entière:

Le Portugal n’a pas péri!

Embrasse ton sol, magnifique,

L’océan, rugissant d’amour,

Et ton bras vainqueur

Donna de nouveaux mondes au monde!

.

Aux armes, aux armes!

Sur la terre, sur la mer,

Aux armes, aux armes!

Pour la Patrie, lutter!

Contre les canons marcher, marcher!

.

Saluez le soleil qui se lève

Sur un avenir radieux;

Que l’écho d’une offense

Soit le signal de ressurgir.

Les rayons de cette forte aurore

Sont comme les baisers d’une mère,

Qui nous gardent, nous préservent,

Contre les injures du sort.

.

Aux armes, aux armes!

Sur la terre, sur la mer,

Aux armes, aux armes!

Pour la Patrie, lutter!

Contre les canons marcher, marcher!

 

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