«Coutures aux seins», le nouveau livre de Sylvie das Dores, un témoignage littéraire d’une rare intensité qui plonge le lecteur au cœur de l’expérience du cancer du sein est déjà disponible. Publié de manière indépendante, avec la coordination éditoriale de Serena Davis‑Guidécriture, des illustrations de Chloé Quenolle‑Forget et une mise en page signée Lucie Carlet, l’ouvrage s’inscrit dans une démarche à la fois personnelle et universelle: raconter la maladie pour mieux la comprendre, la traverser et, finalement, la transformer. Sylvie das Dores est la fois lectrice, collaboratrice et chroniqueuse de LusoJornal.
Dès les premières pages, l’autrice inscrit son histoire dans celle d’une communauté de femmes touchées par la maladie. Une longue liste de prénoms ouvre le livre – Marie, Stéphanie, Jeanne, Nathalie, Sophie, Claire, Elvira, Suzanne, Céline… – autant de vies bouleversées par une annonce brutale, autant de trajectoires qui se croisent dans les couloirs des hôpitaux, dans les salles d’attente, dans les regards échangés entre patientes. Sylvie das Dores rejoint ce groupe invisible, celui des femmes qui doivent affronter «le monstre», comme elle le nomme, et qui apprennent à vivre avec la peur, les cicatrices, les traitements et l’incertitude.
Le récit suit le fil chronologique et émotionnel de la maladie: la découverte d’une masse, les examens, les biopsies, l’opération, la radiothérapie, puis la lente reconstruction physique et psychologique. L’écriture, précise et sensible, restitue la violence des gestes médicaux, l’attente interminable des résultats, la fatigue écrasante, les brûlures de la radiothérapie, les douleurs qui s’installent et les pensées qui se bousculent. Mais elle restitue aussi les moments de douceur, les instants de répit, les petites victoires qui permettent de tenir debout.
Au-delà du parcours médical, «Coutures aux seins» est un livre sur les liens. L’autrice évoque la force de l’amitié, le soutien de la famille, la bienveillance des soignants, l’importance de la psychologie et de l’activité physique adaptée. Elle raconte l’aide précieuse d’Anne‑Lise, «coupeuse de feu», qui apaise les brûlures de la radiothérapie, et décrit comment certaines pratiques complémentaires l’ont accompagnée dans les moments les plus difficiles. Elle parle aussi de la vie professionnelle, de la pression à continuer malgré la maladie, du besoin de ralentir, de repenser ses priorités et de retrouver une forme de vérité intérieure.
Certaines pages sont particulièrement marquantes: les souvenirs d’enfance au Portugal, les paysages de Trás‑os‑Montes et du Douro qui deviennent des refuges imaginaires pendant les traitements; la musique qui redonne de la couleur aux journées grises, notamment lors d’un concert à La Cigale qui agit comme une bouffée d’air; les rencontres avec d’autres patientes, femmes courageuses qui inspirent et rassurent par leur simple présence.
Le livre aborde également la période qui suit la fin des traitements, souvent méconnue du grand public: ce moment où l’on croit que tout est terminé, mais où commencent en réalité de nouvelles questions, de nouvelles fragilités, de nouveaux ajustements. Sylvie das Dores décrit ce temps suspendu avec une grande justesse, montrant que la guérison n’est pas un point final mais un chemin.
L’ouvrage se clôt sur une série de remerciements sincères, adressés à celles et ceux qui ont accompagné l’autrice dans cette traversée: l’équipe éditoriale, les amis, les professionnels de santé, la famille. «Coutures aux seins» apparaît alors comme une œuvre collective, née d’un réseau de soutien, d’amour et de solidarité.
Avec sa sortie prévue en octobre, à l’occasion du mois dédié à la sensibilisation au cancer du sein, «Coutures aux seins» s’annonce comme un livre important. Un témoignage qui éclaire la maladie sans pathos, avec une écriture honnête, pudique et profondément humaine. Une œuvre qui parle de douleur, certes, mais surtout de vie, de résilience et de la capacité de se reconstruire – point par point, couture après couture.







