Cimetière militaire portugais de Richebourg : Réunion du Comité de suivi des sites UNESCO du Pas-de-Calais

Une réunion institutionnelle à la Préfecture d’Arras s’est tenue ce mardi 20 janvier, rendez-vous annuel du Comité de suivi des sites funéraires et mémoriels du Pas-de-Calais inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO, présidée par le Préfet de la Meuse, Xavier Delarue, Coordinateur des biens et sites funéraires classés UNESCO.

Pour rappel, 139 sites funéraires ont été classés en septembre 2023, parmi lesquels figure le Cimetière militaire portugais de Richebourg.

Ces 139 sites sont répartis sur trois régions françaises et cinq provinces belges. Dans le Pas-de-Calais, 14 sites sont classés, répartis sur neuf communes.

Une participation internationale marquée

Côté portugais, assistaient à cette réunion Bruno Cavaco, Consul honoraire du Portugal dans les Hauts-de-France, ainsi que le nouvel Attaché militaire auprès de l’Ambassade du Portugal, le Capitaine de vaisseau Dário de Oliveira Pinto Moreira. Il convient également de noter la présence du Maire de Richebourg, commune qui abrite à la fois le mémorial indien et le Cimetière militaire portugais.

Enjeux, responsabilités et échéances fixées par l’État

En ouverture de séance, le Préfet Xavier Delarue a rappelé les dates anniversaires à commémorer en 2026 et 2027, ainsi que le rôle de l’État à travers la création des Comités départementaux de gestion, l’élaboration d’un guide de protection des biens et des zones tampons ainsi qu’un guide relatif à l’entretien et à la conservation des sites.

Il a été souligné que le mauvais entretien d’un site, pourrait remettre en cause l’ensemble du classement UNESCO. Une date butoir a été fixée au 31 décembre 2026, échéance à laquelle tous les sites devront bénéficier d’une protection adaptée, notamment par la mise en place d’une zone tampon autour des 139 sites.

À titre d’exemple, l’implantation de parcs éoliens devra respecter une distance réglementaire.

La qualité de l’entretien fera l’objet d’un examen attentif, sachant que 90% des sites sont gérés par l’État. Deux Comités de contrôle et de surveillance seront créés au sein de la Mission Patrimoine de la Première Guerre mondiale.

Les «Chemins de mémoire» 14-18

À la suite de l’intervention du Préfet, la Conseillère régionale au devoir de mémoire, Mady Dorchies, accompagnée d’Édouard Roose, ont présenté les quatre chemins de mémoire 14-18 : Le front 14-18 ; L’invasion de 1914, l’occupation et la libération ; L’arrière-front allié ; et La grande reconstruction.

Dans un objectif de bonne exécution, de pérennité et de mise en valeur de ces parcours, un guide sera édité en quatre langues : français, anglais, allemand et néerlandais.

Signalétique, grands projets et transmission aux jeunes générations

Le responsable du patrimoine mémoriel a fait référence à la qualité de la signalétique des plages du Débarquement de Normandie (Seconde Guerre mondiale), également candidates au patrimoine mondial de l’UNESCO, comme exemple à suivre. Afin d’assurer une cohérence visuelle, deux à trois modèles de signalétique sont actuellement à l’étude.

Un autre projet d’envergure est également envisagé : la création d’un grand Chemin de mémoire pour visiter les lieux emblématiques de la Première Guerre mondiale, à l’image du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, l’un des objectifs étant d’attirer un public jeune sur une zone mémorielle européenne.

Un geste symbolique fort a eu lieu le 11 novembre dernier, jour de l’Armistice : seize petites urnes contenant de la terre provenant de lieux de mémoire emblématiques de la Grande Guerre ont été déposées autour du Soldat Inconnu, sous l’Arc de Triomphe. Parmi elles, figurait, une urne contenant de la terre du mémorial indien et du Cimetière portugais de Richebourg.

Suivi des recommandations de l’UNESCO et actions de valorisation

Une partie de la réunion a également été consacrée au suivi des demandes du Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO, notamment la réunion des trois lieux de mémoire de Notre-Dame-de-Lorette en un seul ensemble.

Ont ensuite été présentées les actions de valorisation prévues dans le Pas-de-Calais : la cérémonie du 110ᵉ anniversaire de la bataille du 9 avril 1917, la création du monument de la Nouvelle-Zélande dans les jardins précédant l’entrée des Carrières de Wellington à Arras, ainsi que le monument maori.

Il a également été question du voyage du Maire d’Arras en octobre, dans le cadre d’un jumelage avec une ville de Nouvelle-Zélande, et de la venue prévue d’élèves néo-zélandais à Arras à l’occasion des cérémonies du 9 avril 2027.

Les commémorations à venir à Vimy

À cette même date, des cérémonies se dérouleront sur la crête de Vimy, où se situe le mémorial canadien portant les noms inscrits des 12.982 soldats canadiens morts au combat. À cette occasion, vingt mille personnes sont attendues, dont 3.000 jeunes Canadiens accompagnés de leurs familles.

Vimy constitue un exemple emblématique de la valorisation des lieux de mémoire de la Première Guerre mondiale, avec 593.115 visiteurs recensés sur la crête et 102.316 au centre d’interprétation en 2025. Parmi ces derniers, 62% sont des visiteurs étrangers, dont 15.809 Canadiens. Il est également de noter que 40 jeunes Canadiens, par an, font le voyage pour présenter le site de Vimy et assurer des missions de guide.

Cette réunion annuelle a mis en lumière l’ampleur des enjeux liés à la préservation, à la protection et à la transmission des sites funéraires et mémoriels de la Première Guerre mondiale. À travers une coopération internationale renforcée, des projets structurants et une attention particulière portée aux jeunes générations, l’objectif demeure clair : garantir la pérennité de ces lieux de mémoire, tout en leur donnant une dimension pédagogique et universelle conforme aux exigences du patrimoine mondial de l’UNESCO.