Télévision : Joséphine, héritière d’une mémoire portugaiseAntónio Marrucho·Comunidade·9 Fevereiro, 2026 Elle s’appelle Joséphine, un prénom bien français. Toutefois, son nom de famille ne nous est pas révélé. Josephine est issue de la troisième génération d’immigrés portugais. On sait qu’elle a écrit une pièce de théâtre à partir du récit de son grand-père, parti du Portugal il y a plus d’un demi-siècle. . Un témoignage à découvrir sur M6 Pour en savoir davantage sur cette jeune femme, il faudra regarder le documentaire «Les Nouveaux Français, 100 ans d’immigration», dont la deuxième partie sera diffusée ce lundi 9 février à 21h15 sur M6. Produit en 2026, d’une durée de 45 minutes, le documentaire est réalisé par Mathilde Gautry et présenté par Karine Le Marchand. Joséphine sera l’un des témoins de ce programme qui met en lumière des histoires singulières. À cette occasion, Josephine a été interrogée par Télé-Star, dans un entretien mené par la lusodescendante Sylvia de Abreu, spécialiste des sujets culturels et de société. . L’exil des grands-parents sous la dictature de Salazar À travers les propos recueillis et résumés, nous en apprenons davantage sur l’histoire familiale de Joséphine avant la diffusion de l’émission. Elle raconte la fuite de ses grands-parents du Portugal sous la dictature de Salazar, motivée par des conditions de vie très dures, sans perspectives d’avenir (ils ne possédaient même pas un vélo). Son grand-père est parti le premier, en se faisant passer pour un industriel ayant des affaires en France. Sa grand-mère, enceinte, l’a rejoint plus tard et a accouché en France de leur premier fils. . Une installation à Valence et une vie de labeur La famille ne s’est pas installée dans les bidonvilles parisiens, mais à Valence, dans une HLM du quartier La Cécile, où vivaient de nombreux travailleurs étrangers. Le grand-père a travaillé sur les chantiers. La grand-mère a eu deux filles, puis a effectué des ménages pour subvenir aux besoins de la famille. Les grands-parents sont arrivés sans parler français et ont appris la langue «sur le tas», principalement grâce au travail. Le grand-père était plus à l’aise linguistiquement que la grand-mère. . Transformer la mémoire en création artistique Les souvenirs familiaux ont refait surface lorsque le grand-père a développé la maladie d’Alzheimer. Pour raviver ces mémoires, Joséphine a utilisé des albums photos afin de faire parler ses grands-parents. Elle a ensuite monté une pièce de théâtre en 2020 à partir de ces témoignages. Au départ, les grands-parents se montraient sceptiques quant à l’intérêt que cette histoire pourrait susciter auprès du public. . Le documentaire : une fresque de l’immigration en France Dans la présentation officielle de l’émission, on peut lire : «Depuis plus d’un siècle, la France est une terre d’immigration. Aujourd’hui, environ un habitant sur cinq, vit en France en étant immigré ou descendant d’immigrés, soit environ 13 millions de personnes. Si l’on remonte aux grands-parents, ce chiffre s’élève à près de 20 millions de personnes ayant un lien familial direct avec l’immigration. Les raisons de ces migrations sont diverses et ces hommes et ces femmes sont venus de pays aussi variés que l’Italie, le Portugal, la Grèce, l’Arménie, la Syrie, l’Algérie, le Sénégal, le Vietnam, Madagascar, les Comores et bien d’autres. Le documentaire propose les témoignages de ces nouveaux Français devenus célèbres comme Gérard Hernandez, Booder, Rachel Khan, Tomer Sisley, Alexis Michalik ou André Manoukian». À travers le parcours de Joséphine et de sa famille, le documentaire rappelle que l’histoire de l’immigration est avant tout une somme de destins humains, faits de courage, de sacrifices et d’espoir. En transformant la mémoire intime en création artistique, Joséphine participe à transmettre un héritage précieux et universel : celui de femmes et d’hommes venus bâtir une vie meilleure, et qui font aujourd’hui pleinement partie de l’histoire de France.