Benjamin da Cunha a découvert la boxe avec une idée simple: devenir meilleur que son ami. À Mantes-la-Jolie, dans les Yvelines, les deux jeunes avaient pris l’habitude de mettre les gants au pied de son immeuble. Son camarade pratiquait déjà en club. Lui allait finir par le rejoindre. «Au bout d’un moment, j’en ai eu marre de voir qu’il était meilleur que moi, alors je l’ai rejoint. Je me suis entraîné pour devenir meilleur que lui», raconte le boxeur franco-portugais au LusoJornal.
Avant la boxe anglaise, il s’était essayé à d’autres disciplines. «J’ai toujours été attiré par les sports de combat. J’ai fait du judo, mais c’est le striking qui m’intéresse», explique-t-il, en référence aux techniques de frappe. À 15 ans, il commence le kickboxing, sans y trouver tout à fait ce qu’il recherche. La rencontre avec la boxe lui donne ensuite envie de se mesurer aux autres et de progresser. Il dispute ses premiers combats amateurs et raconte avoir enchaîné les victoires.
«Comme tout le monde, j’aime être bon dans ce que je fais. Lorsque j’ai commencé à voir que j’étais vraiment doué pour me battre et que je pouvais briller grâce à ça, j’ai eu envie de continuer».
Cette envie l’a conduit à poursuivre une carrière professionnelle, avec un parcours passant par la France, les États-Unis et le Mexique.
Originaire de Mantes-la-Jolie, avec des racines à Fiscal, dans la commune d’Amares, Benjamin da Cunha vit désormais à Cascais, au Portugal.
C’est là qu’il continue de s’entraîner, après plusieurs années durant lesquelles une fracture de la main l’a tenu éloigné de la compétition. «Je n’en suis pas à ma première blessure grave. J’ai pris l’habitude de combattre en étant diminué», confie-t-il.
Un retour après quatre ans d’absence
Le 11 juillet dernier, Benjamin da Cunha a retrouvé le ring à Santa Marta, en Colombie, face à José Luis Prieto. Dans son message adressé au LusoJornal après cette soirée, il rapportait une victoire par arrêt de l’arbitre à la huitième reprise. Ce retour intervenait après quatre ans sans combattre, avec une préparation qu’il juge lui-même insuffisante.
«J’habite au Portugal désormais, j’ai pour habitude de m’entraîner seul et de me déplacer uniquement pour les sparrings», explique-t-il. Ces séances d’opposition permettent aux boxeurs de travailler face à un partenaire avant un combat. Mais, près de chez lui, Benjamin da Cunha affirme avoir rencontré des difficultés pour en organiser. Selon lui, les quelques boxeurs contactés ont décliné, en lui disant ne pas se sentir à son niveau.
«J’ai donc eu une préparation de très mauvaise qualité, mais je savais que mon adversaire n’était pas à mon niveau, donc je me suis contenté de ça». Une assurance qui n’a pas empêché le boxeur de mesurer, une fois sur le ring, les conséquences de sa longue absence. «Je savais ce dont j’étais capable auparavant et je voyais qu’après quatre ans d’arrêt, mon niveau avait fortement baissé».
Le combat a aussi été marqué par un geste antisportif qu’il reconnaît: après avoir envoyé José Luis Prieto au tapis sur un coup au foie, il lui a donné un coup de pied. Pour expliquer cet épisode, Benjamin da Cunha évoque sa frustration et une tension avec son adversaire et son entourage. Il critique également les conditions d’organisation de cette première expérience colombienne.
«Au 6ème round, le combat a commencé à s’accélérer. J’ai enfin commencé à proposer de belles choses et, lorsque mon adversaire s’est écroulé après que je l’ai touché au foie, je suis resté sur ma faim», raconte-t-il. «Je lui ai dit de se relever et je l’ai frappé du pied. Ce n’était pas pour le blesser, mais pour l’inciter à reprendre le combat».
Après ce geste, Benjamin da Cunha indique avoir été suspendu pour six mois.

Le projet américain contrarié
Depuis cette soirée, il n’a pas disputé d’autre combat. Son objectif était de retrouver les États-Unis en octobre, avec une préparation auprès de son entraîneur principal, Daniel Valverde, à Azusa, en Californie.
«Si j’avais pu boxer en octobre, j’aurais passé deux mois aux États-Unis pour retrouver mon entraîneur principal. Là, j’aurais pu me préparer dans de meilleures conditions», explique-t-il. Mais à la suspension qu’il évoque s’ajoute une blessure au coude contractée lors du combat de juillet.
«J’aurais été incapable de combattre, ou alors encore une fois en étant fortement diminué». Malgré son habitude de boxer avec des blessures, il mesure le risque d’un retour dans ces conditions. «Le niveau aux États-Unis n’est pas à prendre à la légère. Si j’y vais dans ces conditions, ce serait partir à l’abattoir».
À Cascais, son entraînement se concentre donc pour l’instant sur l’entretien et la préparation physique. Benjamin da Cunha garde les États-Unis comme objectif, mais n’annonce pas encore une prochaine date de combat.







