Avant de partager ses premiers morceaux, Lerset a longtemps fait de la musique pour lui et ses proches. De son vrai nom Lilian Rego, le jeune artiste est né le 12 novembre 2002 à Limoges, où il a grandi. Sa mère est française, tandis que son père est portugais, originaire de Vila Real. Une histoire familiale qui lui a permis de découvrir le Portugal dès l’enfance, à travers les séjours dans le pays de son père et les retrouvailles avec sa famille.
Étudiant en management du sport, il nourrit depuis petit une passion pour la musique. Pendant la période du Covid, cet auditeur assidu commence à écrire ses propres textes et à créer ses morceaux. Après plusieurs années à les partager avec son entourage, il décide de les rendre publics. Pour le LusoJornal, Lerset revient sur ses racines portugaises, son histoire familiale et ses premiers pas dans la musique.
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Vous avez grandi à Limoges, entre une mère française et un père portugais. Quelle place ces deux cultures ont-elles occupée dans votre enfance?
J’ai baigné entre les deux cultures. Je ne parle pas portugais, mais je suis allé assez souvent au Portugal, ce qui m’a permis de découvrir ma famille là-bas. Pour moi, c’est quelque chose de normal. Nous vivons dans un pays où beaucoup de cultures se mélangent, donc je n’ai pas l’impression d’avoir grandi différemment des autres. En France, je ne trouve pas cela si particulier de grandir avec deux cultures.
Quelle est l’histoire de votre père et de son arrivée en France?
Mon père est arrivé à Limoges à l’âge de trois ans. Ses parents sont venus principalement pour travailler, et finalement ils sont restés. Mais il retournait au Portugal pendant plusieurs mois. Même s’il vivait en France à partir de ses trois ans, il a donc aussi passé une partie de son enfance là-bas.
Qu’est-ce qu’il vous a transmis de ses racines portugaises?
La fierté de représenter son pays. Il y a aussi les valeurs que mes deux parents m’ont transmises: le travail, la rigueur et le respect. Et parmi les valeurs portugaises, je retrouve beaucoup cette priorité donnée à la famille.
Retournez-vous régulièrement au Portugal?
J’y retourne tous les ans ou tous les deux ans. Mes souvenirs sont vraiment liés aux moments en famille. Je me souviens des premières fois où j’y suis allé, de la découverte du pays de mon père, de la maison familiale et de l’endroit où il avait grandi. Ce sont surtout ces souvenirs-là, et les moments que nous partageons en famille, que je garde.
Votre père parle portugais, mais vous ne parlez pas la langue. Comment expliquez-vous cette absence de transmission?
Mon père parle parfaitement portugais, mais cette transmission ne s’est pas faite à la maison. Ma mère est française. J’ai des cousins dont les deux parents sont portugais: forcément, c’est plus simple de parler portugais chez eux. Pour nous, cela ne s’est pas fait, malheureusement.
Comment la musique est-elle entrée dans votre vie?
J’en écoute depuis que je suis petit. Mais le déclic, le moment où j’ai commencé à en écouter beaucoup, c’est lorsque j’ai eu mes premières enceintes, une chaîne hi-fi, un iPod… Mon grand frère aimait aussi beaucoup la musique, donc je suis tombé dedans à ce moment-là. J’écoutais essentiellement de la musique française, puis je me suis davantage dirigé vers la musique urbaine française.
À quel moment avez-vous eu envie de passer de l’écoute à la création?
Pendant le Covid, j’écoutais vraiment énormément de musique. À un moment, je ne savais plus trop quoi écouter et je me suis dit: pourquoi ne pas essayer d’en faire moi-même, pour voir si j’en étais capable? C’est là que j’ai commencé à écrire mes propres textes et à faire mes propres morceaux. Au départ, je faisais cela avec un ami, simplement pour nous amuser. Nous avons progressivement fait découvrir nos morceaux à notre entourage. Avec le temps, nous faisions des choses de plus en plus qualitatives et plusieurs personnes nous demandaient de les partager publiquement, notamment pour pouvoir les écouter plus facilement sur les plateformes. Mon ami ne souhaitait pas franchir ce cap, alors j’ai fini par me lancer seul.
Comment définiriez-vous votre univers musical?
Je ne veux pas m’enfermer dans un genre. Le rap englobe tellement de choses aujourd’hui que l’on pourrait m’y placer, mais je préfère parler de musique urbaine, sans chercher à la qualifier davantage.
Comment construisez-vous vos morceaux?
J’ai un proche qui fait des instrumentales et des beats. Nous nous posons ensemble pour écouter ce qu’il a fait, ou alors il crée directement devant moi. Nous voyons ce qui nous plaît, ce qui nous plaît moins, ce que nous pourrions faire. Nous testons, nous recommençons et, quand quelque chose fonctionne, nous allons au bout du morceau. Pour les textes, soit j’écris directement à côté de lui, soit je prends ses productions et je me retrouve seul chez moi ou dans ma voiture, souvent le soir. J’écris ce qui me passe par la tête. L’inspiration vient principalement de moments de vie, d’histoires que j’ai vécues, vues ou entendues autour de moi.
Vous avez sorti deux premiers singles, dont «Boca». Qu’aviez-vous envie de proposer avec ces morceaux?
Ce sont des morceaux qui datent un peu et que j’ai sortis pour l’été. Ils sont plutôt faits pour mettre de l’ambiance. Il n’y a pas forcément une histoire précise à raconter, même si l’on peut y retrouver des moments de vie. Ce sont des titres que j’avais faits il y a longtemps et dont mes amis aimaient bien le rythme. Aujourd’hui, les instrumentales et le rythme prennent beaucoup de place, les paroles ne sont pas forcément la priorité. D’autres morceaux arriveront avec une histoire plus complète à suivre à travers la chanson.
Quelle a été la principale difficulté avant de vous lancer?
Le regard des gens. C’est quelque chose de difficile à appréhender avant de sortir ses premiers morceaux. C’est aussi pour cela que j’ai mis du temps à me lancer: je voulais proposer quelque chose de propre, dont je puisse assumer le jugement. Je ne voulais pas sortir n’importe quoi. Aujourd’hui, je suis content des retours que j’ai reçus et de ce que j’ai pu proposer jusqu’à présent.
Quelle place la musique occupe-t-elle aujourd’hui à côté de vos études?
Cela reste une passion. Je ne suis signé nulle part. Je fais un peu de promotion, mais je ne peux pas encore m’y consacrer pleinement. J’aimerais pouvoir le faire, mais je me lance tout juste.
Aimeriez-vous faire une place à votre double culture dans votre musique?
Ce n’est pas forcément un projet à court terme. Comme je ne parle pas portugais, malheureusement, je ne peux pas chanter dans les deux langues, même si cela aurait été un plaisir. En revanche, je suis ouvert aux collaborations. Si je pouvais un jour travailler avec un artiste portugais, je le ferais avec plaisir. Ce serait une manière de mettre en avant cette double culture et je pense que cela pourrait être vraiment sympa.
Quels sont vos prochains projets?
De nouveaux singles devraient arriver prochainement. Pour l’instant, je ne prépare pas de projet complet. J’ai envie de raconter certains moments de ma vie qui m’ont marqué, mais aussi des histoires vécues par mes amis, qu’ils m’ont racontées ou que j’ai traversées à leurs côtés. Je laisserai ensuite les gens écouter et se faire leur propre avis.







