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Opinion: Le Portugal qui se meurt, le Portugal qui résiste

LusoJornal | António Marrucho LusoJornal | António Marrucho LusoJornal | António Marrucho LusoJornal | António Marrucho LusoJornal | António Marrucho LusoJornal | António Marrucho LusoJornal | António Marrucho LusoJornal | António Marrucho LusoJornal | António Marrucho LusoJornal | António Marrucho LusoJornal | António Marrucho LusoJornal | António Marrucho
Opinião

 

Notre personnalité s’alimente de rencontres plus ou moins importantes, la perception du monde qui nous entoure est fonction de grandes, mais aussi de petites choses… petites choses qu’au regard d’autres sont de grandes choses, des signes de désespoir, mais aussi d’espérance pour le plus important de nos vies: le demain, ce dont on n’a pas encore vécu. L’espoir est parfois compagnon ou proche, de son contraire: le désespoir.

Selon notre passé, notre éducation… la perception de notre moi nous conduit vers le dé ou espoir.

 

Notre chronique vient à propos de notre voyage de ressourcement à notre Portugal que nous aimons: celui de l’intérieur. Un voyage au même temps à l’intérieur de nous-mêmes… un voyage presque initiatique.

Il y a le Portugal du tourisme de masse, il y a le Portugal des feux, signes de destruction de végétation centenaire, de patrimoine mondial, d’anéantissement de vies, d’économies d’une vie, les oliviers, la petite agriculture de subsistance qui rendait la retraite moins difficile à traverser.

Il est difficile de tout oublier, toutefois quel courage pour ceux qui ont vécu les drames du feu, des femmes et des hommes qui malgré tout, trouvent au fond d’eux un peu de courage pour rester, pour reconstruire des murs de toute sorte… peut-être aussi la non possibilité d’un ailleurs.

 

Dans nos errances d’un voyage dans ces terres du Portugal, nous avons trouvé un peu de désespoir, mais – et surtout – des signes d’espoir.

Dans notre visite à “Raia”, à Foios, petit village d’un peu plus de 300 âmes, nous avons rencontré des gens extraordinaires, des hommes de bonne volonté, des gens engagés, qui disent et qui font tout pour qu’il fasse bon vivre dans ce village à la frontière de l’Espagne. Très peu de maisons abandonnées, quelques-unes achetés récemment et en voie de restauration, il y a presque tout à Foios: petit supermarché bien achalandé, café, restaurant gastronomique, un centre avec musée, auditoire, piscine, piscines fluviales, des gens qui persistent et signent pour vivre de l’agriculture locale: fromage, on continue à planter des châtaigniers, plus de 200 tonnes sont à commercialiser cet automne, on vient à Foios pour ramasser les champignons… Le village devient cosmopolite, voyant arriver des gens des villes, de la capitale, voire de l’étranger. Un village ouvert aux voisins avec lesquels ils échangent, avec lesquels ils se réunissent pour faire la fête, la fête de la châtaigne.

Un dossier est en cours pour que la châtaigne et ce qui tourne autour, fasse partie du Patrimoine mondial immatériel.

Foios, petit village qui n’a plus d’école, mais où 22 jeunes enfants donnent vie et donnent des raisons d’espérer. L’émigration qui a débutée à la fin des années 1950, vers le sud de la France, et les mines de talc, ne sont plus les seules sorties, le seul avenir.

 

D’autres villages plus proches de la ville voient sa population diminuer. Tout près de Fundão, Alcaria, jusqu’à bien peu de temps a vu sa population diminuer, le fond du village se dépeuple, certaines rues n’ont plus qu’un seul résident, parfois âgé, les enfants de peur de voir leur père ou leur mère seuls au milieu de tant de murs vides, décident de les recueillir ou de les faire partir en maison de retraite.

Des signes d’espoir? De belles demeures anciennes, abandonnées, accueillent des Ukrainiens, une famille de Marocains, d’Indiens, une famille Allemande et une autre Française. D’un village d’émigration, Alcaria devient un village d’immigration?

Le gros des émigrés est parti, toutefois toutes les fêtes et cérémonies religieuses ne sont pas terminées, on dira même qu’il y en a pour tous les goûts et l’embarras du choix, avec, le même fin de semaine: la Fête de Santa Luzia du Castelejo, lieu important au niveau régional de pèlerinage, la Fête des Chocalhos, à Alpedrinha, la Fête médiévale de Sortenha. Arrivent la Fête de la Cherovia, à Covilhã, du maranho…

Le lundi, quoi qu’il en soit, allez au marché de Fundão. C’est sacré. Même si ce n’est que pour mettre un “cachet” sur le passeport… le passeport de notre mémoire… il est vrai que parfois on y achète tout de même quelque chose.

Nous avons été surpris d’entendre, à la mi-septembre, dans ce marché, plus la langue de Molière que celle de Camões et, peut-être signe des temps, des changements: trois couples d’étrangers, qu’on appellera un jour, peut-être, de première génération, à la mode de 68, transportaient entre un stand du marché – une aubaine pour le commerçant – et leur camionnette, une cinquantaine de jeunes arbres fruitiers de toute sorte. Un terrain qui va revivre, produire? La région, fleurie traditionnellement par les cerisiers au printemps, commence à recevoir des touristes lors de la floraison des amandiers qui peuplent de plus en plus les terrains irrigués de la région.

 

À Descoberto, petite annexe de Bogas de Cima, le safran n’y est plus cultivé, des maisons vides et menaçant les passants vont être démolies… des belles pierres ayant perdu de sa valeur physique et sentimentale, les agents des forêts surveillent et nettoient les abords des routes, on a planté des cerisiers, les chemins sont bien plus praticables, des couleurs sur certains pins indiquent le chemin à suivre dans la “rota das aldeias históricas”, les chemins plus boisés de sapins et qui conduisent aux éoliennes, sont plus larges et bien nettoyés, la récolte du miel cette année a été bonne.

 

Quand on laisse faire la nature, elle reprend ses droits, on peut, avec un peu de chance, rencontrer des écureuils, des chèvres sauvages, des biches au loin, un renard, des familles de cailles qui traversent route et se dirigent vers un point d’eau… des motifs de croire, d’espérer.

Chose toutefois incompréhensible: l’autorisation de la chasse aux lapins et lièvres le dimanche. Arrivent-ils à en chasser alors que les lapins semblent avoir été décimés? On veut croire que dire “aller à la chasse” est un simple motif de rencontre et pas motif de faire disparaître à 100% des espèces devenues rares, les chasseurs contribuant ainsi à la disparition de leur hobby – la chasse – s’ils abusent des autorisations réglementées de tirer encore sur des animaux.

Depuis des dizaines d’années on parle de l’introduction dans la région du lynx. Celui-ci s’alimente presque exclusivement de la chasse aux lapins et lièvres… comment y arriver? Le lynx, dont son habitat est exclusivement la péninsule ibérique, est actuellement l’animal européen le plus menacé de disparition, on n’en comptabilise plus que 200 dans les forêts d’Espagne et du Portugal.

Les feux se sont calmés, des pluies sont tombées par bénédiction, nous découvrons certaines fleurs, toutefois des fontaines ne coulent toujours pas.

 

Ainsi va une partie du Portugal. L’espoir fait vivre? Nous continuons à y venir, pour combien de temps? Pourtant, nos venues, pour ceux qui vivent dans cees régions, reste un motif qui leur donne aussi un peu d’espoir. Prêche-t-on, prêchent-t-ils dans le désert? Difficile pour nous d’être objectifs, nous aimons à y croire encore…

Une voiture passe et interrompt nos pensées. Il est l’heure. Des dizaines d’oiseaux envahissent l’arbre qui fait ombre dans la terrasse du café d’à côté. Le monde est fait de contrastes… mon Portugal aussi.

 

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