
Réunis le 27 juin dans l’ancienne forteresse-prison de Peniche, symbole de la lutte contre la dictature de l’Estado Novo, anciens prisonniers politiques, militants antifascistes et représentants d’associations mémorielles ont rendu hommage aux résistants portugais. À cette occasion, l’Uniao Résistantes Antifascistes Portugueses (URAP) a lancé un appel à défendre la démocratie face aux nouvelles menaces qui pèsent sur les libertés.
La cérémonie s’est déroulée dans l’enceinte du Musée national de la Résistance et de la Liberté, installé dans l’ancienne prison politique de Peniche, où furent détenus de nombreux opposants au régime salazariste.
Dans son intervention, César Roussado, membre du Conseil directeur de l’URAP, a salué le travail du Musée, de l’Association 25 de Abril, du Musée de l’Aljube et des Amis du Musée national de la Résistance et de la Liberté, qui œuvrent à préserver la mémoire de celles et ceux qui ont combattu le fascisme.
L’orateur est revenu sur un épisode marquant de l’histoire récente de Peniche. En 2016, des anciens prisonniers politiques, familles et citoyens s’étaient mobilisés pour empêcher la transformation de l’ancienne prison en hôtel de luxe. «Ce fut une victoire de la démocratie», a rappelé César Roussado, en soulignant que cette mobilisation avait permis la création du Musée national de la Résistance et de la Liberté, devenu aujourd’hui un lieu incontournable de transmission de la mémoire.
Pour l’URAP, dix ans plus tard, ce musée constitue un véritable «phare de la mémoire collective», chargé de transmettre la vérité historique, notamment aux jeunes générations, et de lutter contre toute tentative de banalisation ou de réécriture du fascisme.
Au-delà de l’hommage aux résistants antifascistes portugais et aux volontaires ayant combattu le nazisme durant la guerre civile espagnole et la II Guerre mondiale, le discours a largement porté sur les défis actuels.
Face à la progression de l’Extrême droite, des discours racistes et xénophobes et à la montée de régimes autoritaires dans plusieurs pays, l’URAP estime que le combat pour la démocratie reste pleinement d’actualité. «Nous ne pouvons ni ignorer, ni nous taire, ni fermer les yeux sur le monde dans lequel nous vivons», a affirmé César Roussado, appelant à défendre la paix, la coopération entre les peuples et les libertés démocratiques.
L’organisation a également appelé à une mobilisation en faveur des valeurs de la Révolution des Œillets et de la Constitution portugaise.
Elle dénonce notamment la dégradation des conditions sociales, les faibles salaires et pensions, la précarité qui touche particulièrement les jeunes, ainsi que les difficultés rencontrées par le Service national de santé, l’école publique, le logement et les politiques environnementales.

Plus de 35.000 prisonniers identifiés
À l’occasion du 50ᵉ anniversaire de l’URAP et des 90 ans du début de la guerre civile espagnole, l’association poursuit un important travail de recherche dans les archives de la PIDE.
Selon les données déjà rassemblées, plus de 35.000 Portugais ont été emprisonnés par la dictature, dans les prisons politiques, les gouvernements civils et d’autres lieux de détention.
Ce travail a permis la publication de nombreux ouvrages consacrés à la mémoire de la résistance antifasciste, parmi lesquels «Forte de Peniche – Memória, Resistência e Luta», «Elas Estiveram nas Prisões do Fascismo» ou encore «Cadeia de Caxias – A repressão fascista e a luta pela liberdade».
L’URAP entend poursuivre ses actions dans les écoles, où des centaines de rencontres sont organisées avec des enseignants, des anciens prisonniers politiques et des milliers d’élèves.
L’association prépare également un cycle de dix conférences consacrées à la guerre civile espagnole, qui se déroulera dans plusieurs villes portugaises, ainsi que de nouvelles publications destinées à préserver la mémoire de la Résistance.
En conclusion de son intervention, César Roussado a salué les organisateurs de cette journée d’hommage avant de lancer un appel à poursuivre le combat pour la démocratie, la liberté et la paix.






