LusoJornal | LSG LusoJornal | LSG LusoJornal | LSG LusoJornal | LSG Home Ensino Journée Portes Ouvertes : Le portugais au Lycée International Montebello de Lille – une langue qui résisteAntónio Marrucho·26 Janeiro, 2026Ensino Ce samedi 24 janvier a eu lieu la Journée Portes Ouvertes au Lycée International Montebello, à Lille. C’est dans la salle 10 que les visiteurs étaient invités à se rendre pour s’informer sur l’enseignement du portugais, salle habituelle des cours de la langue de Camões. Combien de temps, combien d’années pourra-t-on, encore, continuer à donner cette information ? Devra-t-on à court terme, dire, écrire : «Souvenir, souvenir», «en ce temps-là…» ? Nous insistons et réitérons : l’enseignement du portugais est moribond en France. Y-a-t-il un remède, une volonté forte ? Faut-il espérer un miracle ? À quel saint se vouer ? Des élèves peu nombreux mais fortement mobilisés Les élèves de portugais à Montebello ne sont pas nombreux. Toutefois, ils étaient pour une bonne partie à ces Portes Ouvertes, chacun avec un rôle bien spécifique. Dès l’arrivée, dans le hall d’accueil du lycée, deux élèves des cours de portugais se démarquent, arborant un drapeau du Portugal. Sourire aux lèvres, ils invitent et guident d’éventuels futurs élèves et parents vers la salle 10. Une enseignante en mission Dans cette salle, l’enseignante, Ana da Silva Rocha, lutte avec ses propres armes, en informe, tente de convaincre, propose un petit souvenir, une photo et explique pourquoi choisir le portugais, de la Seconde à la Terminale. D’autres élèves de portugais soutenaient cette dynamique. On sentait chez l’enseignante et chez les élèves une véritable mission : partager quelque chose qui leur est cher, le plaisir d’apprendre le portugais, d’autant plus dans une ambiance chaleureuse et bienveillante. Informer pour ne pas oublier Avant de quitter la salle, chaque visiteur était invité à prendre un marque-page, pour ne pas oublier, ou pour qu’en cas d’hésitation, le futur élève puisse se dire : «Pourquoi pas le portugais ?» Rappelons que le portugais est la deuxième langue la plus parlée en France, la troisième langue européenne la plus parlée au monde, présente sur cinq continents et parlée par environ 240 millions de personnes. Des avancées fragiles mais réelles Pour l’année scolaire 2025-2026, l’enseignante, Ana da Silva Rocha, a réussi à maintenir des cours séparés pour chaque niveau : Seconde, Première et Terminale. Serait-ce encore le cas la prochaine année scolaire ? Cela reste incertain et dépendra du nombre d’élèves inscrits. Rencontres et témoignages Lors de notre visite, nous avons rencontré Isabel Gonçalves, maman d’origine portugaise, venue avec sa fille qui apprend la langue de ses grands-parents. Isabel Gonçalves est elle-même enseignante au CFPPA UFA des Flandres, à Lomme. Contourner les obstacles : des pistes existent Nous connaissons la situation du portugais et la nécessité d’habiter dans la zone de chalandise des établissements scolaires. Toutefois, certaines demandes spécifiques et quelques astuces permettent d’élargir cette zone et de suivre, par exemple, des cours de portugais. Quelques exemples : s’inscrire dans une section internationale ou une section européenne d’une autre langue et demander le portugais en option (troisième langue) ou suivre un Bachibac, formation binationale du baccalauréat permettant de passer certaines disciplines dans une autre langue que le français (l’espagnol, par exemple). Dans ce cadre, le portugais peut également être choisi comme option. Une idée à développer au collège Dans la région lilloise, il existe quelques rares cours de portugais au niveau primaire. En revanche, au niveau du collège, le portugais, à de très rares exceptions, a été abandonné. Nous avons appris qu’au collège, des activités hors cursus scolaire sont organisées, telles que les échecs, le sport, le coréen… Une maman a eu l’idée de proposer le portugais dans le cadre de ces activités. Voilà une initiative intéressante : elle permet d’apprendre ou de se perfectionner dans une langue, même en dehors de cursus scolaire classique et noté. Le Directeur de l’établissement s’est montré coopératif. Si l’expérience voit le jour et est concluante, pourquoi ne pas dupliquer cette idée dans d’autres collèges ? . La Journée Portes Ouvertes du Lycée International Montebello a montré que, malgré les difficultés, le portugais continue d’exister grâce à l’engagement d’une enseignante passionnée, d’élèves motivés et de parents déterminés. Le combat est fragile, mais tant qu’il y aura des initiatives, des idées et des volontés, la langue portugaise résiste.