Le Studio de l’Ermitage accueillera, le 12 mai, un événement très attendu par les amateurs de musiques lusophones : la présentation officielle de «Povo Brasileiro», le nouvel album du collectif Rua Das Pretas, dirigé par le compositeur et guitariste brésilien Pierre Aderne. L’album est sorti hier, le 10 avril chez Harmonia / The Orchard, accompagné d’un court‑métrage éponyme qui sera également projeté lors de cette soirée exceptionnelle.
Avec ce projet, Pierre Aderne signe son douzième album, confirmant une trajectoire artistique marquée par les rencontres, les métissages et une réflexion profonde sur les identités atlantiques.
«Povo Brasileiro» s’inspire directement de l’œuvre de l’anthropologue Darcy Ribeiro, figure majeure de la pensée sur la formation du Brésil. Plutôt que de céder à la nostalgie, Pierre Aderne choisit de transformer ce texte classique en matière sonore et narrative. Le résultat est une traversée contemporaine des mémoires atlantiques, où se croisent violence historique, résistances, circulations culturelles et recompositions identitaires.
L’album a été enregistré à la Casa Museu Darcy Ribeiro, à Maricá (Rio de Janeiro), dans une maison conçue par Oscar Niemeyer et inspirée des villages tupinambá. Ce cadre symbolique renforce la dimension politique et poétique du projet.
Rua Das Pretas : Un collectif lusophone en mouvement
Rua Das Pretas fonctionne comme un laboratoire vivant de la lusophonie. Pour ce nouvel opus, Pierre Aderne réunit des artistes du Brésil, du Cap‑Vert et du Portugal, parmi lesquels : Zulu, chanteuse cap‑verdienne originaire de Boa Vista, Ana Margarida Prado, fadiste portugaise, Nilson Dourado, multi‑instrumentiste entre São Paulo et Sintra, Letícia Malvares, flûtiste (Rio / Madrid) et des musiciens du «Cordão do Boitatá», dont Kiko Horta et Carlinhos 7 Cordas.
Ici, les styles ne s’additionnent pas : ils dialoguent. Samba, fado, musiques afro‑brésiliennes et chanson se répondent, se contredisent parfois, puis se recousent. L’esthétique devient un espace de débat, fidèle à l’esprit du texte de Darcy Ribeiro.
Un court‑métrage comme prolongement visuel
Le court‑métrage «Povo Brasileiro», réalisé par Pierre Aderne lui-même, sur un scénario de l’écrivain cap‑verdien Jorge Araújo, a été tourné entre Rio de Janeiro et Lisboa. Il propose une relecture symbolique des routes atlantiques, notamment à travers l’image du «lavage» des caravelles – cette fois porté par des musiciens venus des trois continents unis par la langue portugaise.
La direction de la photographie réunit plusieurs talents : Daniel Lobo, Markão Oliveira, Manuel Águas, Tito Gonzalez Garcia, Samir Abujanra et Carlos Mendes Pereira. Le montage et le motion design sont signés Edson Rosas, qui intègre également des éléments d’IA générative.
Pierre Aderne : un passeur entre trois continents
Né à Toulouse d’une mère brésilienne et d’un père portugais, Pierre Aderne a grandi entre Rio et Brasília. Avant Rua Das Pretas, il s’était déjà imposé comme une figure pionnière des musiques du monde. Co‑auteur du premier tube de Seu Jorge, il a collaboré avec Melody Gardot, Tito Paris, Sara Tavares ou encore Madeleine Peyroux.
Ses duos avec Melody Gardot – «C’est Magnifique», «From Paris With Love», «If You Love Me», «Um Beijo» – ont connu un succès international, cumulant des centaines de millions d’écoutes.
Rua Das Pretas, né à Rio il y a vingt ans et installé à Lisboa depuis une quinzaine d’années, est devenu un carrefour majeur de la scène lusophone, fréquenté par Caetano Veloso, Gilberto Gil, Ana Moura, Carminho, José Eduardo Agualusa, entre autres.
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Le concert de lancement au Studio de l’Ermitage, le 12 mai, à 20h00, promet d’être un moment fort, réunissant sur scène une partie du collectif et offrant au public parisien une immersion dans ce projet musical et cinématographique.







