Frédéric Garçon et Linda de Suza : l’histoire d’une «famille de cœur» née d’un coup de foudre amical

Dans l’émission «Ça commence aujourd’hui» sur Francetv du 24 avril dernier, consacrée au thème «Tout pour leur idole !», Frédéric Garçon (lire ICI) revient avec émotion sur la relation très fusionnelle qu’il a entretenue pendant près de dix-huit ans avec Linda de Suza. Il raconte leur rencontre inattendue, l’amitié profonde qui les a unis, ainsi que la place quasi familiale qu’il a occupée auprès de l’artiste jusqu’à la fin de sa vie.

Frédéric Garçon continue à entretenir la mémoire de Linda de Suza, en créant par ailleurs, une chaîne youtube (suivre ICI).

Nous revenons sur le propos de Frédéric Garçon, interrogé par la présentatrice de l’émission, Faustine Bollaert. Des confirmations, mais aussi des révélations.

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Frédéric Garçon, est-ce que vous étiez fan de Linda de Suza avant de la rencontrer ?

Pas du tout, je ne connaissais pas sa carrière. Je l’ai rencontrée pour la programmation d’une émission de radio. Je savais qu’elle n’habitait pas très loin de chez moi. Ma grand-mère m’a dit qu’elle habitait telle maison. Je me suis renseigné, vous savez quand une petite célébrité habite un petit village, tout le monde le sait. À l’époque, j’étais chroniqueur d’une radio locale. Je n’étais pas fan du tout, mais je voulais rentrer en contact avec elle pour lui proposer une émission. Je lui ai laissé un petit mot dans la boîte aux lettres. Je suis rentré chez moi. Dix minutes après, elle m’appelle en me disant “J’ai rien à vendre, je n’ai pas de promotion. Je suis chez moi tranquille dans ma petite maison de campagne. Mais on peut aller se prendre un café”. Dix minutes plus tard, on s’est rencontré en ville pour boire un café ensemble.

C’était encore la période de «La valise en carton» ?

Non, la valise en carton, c’était dans les années 80.

Vous l’avez vu «La valise en carton» ?

J’ai vu la série télévisée vers 88. Je ne me souviens plus tout à fait, j’étais tout jeune.

Moi aussi, ça a bercé ma jeunesse. Il y a eu le livre, la série télévisée et la comédie musicale. Qu’est-ce qui s’est passé ce jour-là, autour d’un café ?

C’était en août 2005, on a eu un coup de foudre amical. On s’est adopté tout de suite l’un à l’autre. On s’est regardé. Depuis ce jour-là, on ne s’est plus jamais quittés.

Vous êtes devenu très amis ?

Oui très amis. On a eu une relation très fusionnelle. Linda, par le passé, avait eu une grosse histoire familiale. Elle a fui le Portugal avec son fils pour fuir sa famille. Et elle a eu un manque d’attache tout le long de sa vie. Autour d’elle, elle a recréé une famille avec ses amis. Une famille de cœur.

Elle a gardé des attaches avec son fils ?

Oui, ils s’appelaient. Avec son téléphone, on faisait des visios. Elle voyait souvent son fils par visio, celui-ci habitant au Portugal. La vie fait que vous ne pouvez pas venir la voir tout le temps. J’ai remplacé un peu son fils. D’une certaine façon, il est devenu mon grand frère spirituel.

D’ailleurs, vous nous aviez confié un mot qu’elle vous a écrit. Vous pouvez nous le lire ?

“À Fred, qui m’a donné l’amour d’un enfant. Maman. Je t’aime très fort. Merci. Bisous”.

C’est joli comme déclaration d’amour. Elle vous considérait vraiment comme son fils ?

Oui, elle me présentait comme son fils quand on partait en tournée.

“Maman t’aime très fort”, c’est quand même fort.

Oui. On était quatre autour d’elle, quatre, vraiment proches. Et on était ses enfants. Son chien, c’était notre petit frère. Jeannot, son fils João, qui était notre frère aîné. Elle s’est recréé une famille.

Vous parlez vraiment avec des termes familiaux. Vous aviez votre maman à l’époque ?

Oui, je l’ai toujours.

Comment a-t-elle vécu cette proximité-là ?

On n’en a jamais discuté réellement. Mais je pense qu’elle a accepté Linda. Elles se voyaient. Ma mère allait voir Linda. Ma mère lui faisait de temps en temps des soupes, des repas. C’était très familial.

Quel genre de femme était Linda de Suza ?

C’était quelqu’un qui avait un tempérament volcanique. Dans une de ses chansons, d’ailleurs, elle le dit. Mais quand on arrivait à rentrer dans son cœur… on n’en sortait plus.

Linda de Suza était possessive, elle n’aimait pas vous partager, elle n’aimait pas partager ?

Oui. Exactement. C’est ce qui s’est passé aussi par rapport à son fils, par rapport à la femme de celui-ci. Linda de Suza était un peu jalouse et possessive par rapport à lui.

Vous avez découvert son répertoire après l’avoir rencontrée ?

Exactement. Elle m’a fait écouter ses chansons. On était dans son salon et elle m’a fait écouter son répertoire.

C’est quoi votre chanson préférée de Linda de Suza ?

«Comme vous». Elle est jolie, cette chanson. Elle représentait beaucoup pour Linda… des soirs de solitude.

C’était une femme seule ?

Oui, très, très seule. Je suis rentré dans sa vie à une période où elle était encore plus seule de ce qu’elle a été par le passé.

Elle avait quel âge quand vous êtes rentré dans sa vie, en 2005 ?

Je ne sais même plus, je ne compte plus. On avait 30 ans d’écart, je devais avoir autour de 32 ans.

Elle était dans une période de vulnérabilité à cette époque-là ?

Oui, elle était très vulnérable et très triste. Elle s’enfermait.

Qu’est-ce qui la rendait triste à part ses histoires de famille ?

Elle était dans une période où elle ne faisait plus de scène, elle ne faisait plus de concert, plus rien. Le public c’était, aussi, sa famille. Quand elle montait sur scène, elle disait au public : «C’est vous ma famille». Et c’est vrai, elle était en manque de public tout le temps, même pendant la période de Covid. Ça a été compliqué de ne plus remonter sur scène.

À quel moment avez-vous vu Linda de Suza heureuse ?

C’est durant nos vacances. On partait en vacances ensemble.

Vous partiez en vacances ensemble ?

Oui on partait en vacances ensemble, on faisait Noël ensemble. Nous partions à La Longue-les-Morts chez nos amis, on partait régulièrement chez eux. Et là, elle était totalement sereine, elle ne pensait plus à rien. C’était une bande de potes, on faisait la fête, on allait à la piscine. C’était joyeux. Elle rayonnait vraiment.

Vous vous n’êtes plus jamais éloignés même physiquement, vous habitez l’un à côté de l’autre ?

Oui, on habitait à cinq minutes l’un de l’autre.

Je vois Linda de Suza comme une femme un peu mélancolique. Était-ce vrai ?

Oui, elle était très mélancolique, il y avait, toutefois, des moments très joyeux. Elle racontait énormément de bêtises. Rappelez-vous, Linda de Suza a fait partie de l’émission des Grosses Têtes. Elle déconnait énormément, cependant il y avait des moments avec une chape de plomb au-dessus d’elle, elle s’enfermait à ces moments-là.

Dans ces moments-là, que faisiez-vous ?

On essayait les quatre amis autour d’elle, la bande des quatre mousquetaires, chacun à notre tour, de la sortir de là. Elle sortait très peu. Ses seules sorties, c’était au casino.

Elle jouait un peu trop ?

Oui, un peu trop. Mais voilà, c’était son plaisir. On passait des nuits entières au casino.

Vous travailliez avec elle, vous aviez un travail à côté d’elle ?

J’ai eu une période où j’avais un travail qui nous permettait d’être en permanence avec elle.

C’était quoi ?

J’étais chroniqueur dans une radio et je faisais des animations au supermarché pour promouvoir des produits. Je choisissais quand je voulais travailler. Mon employeur était au courant, on s’est mis d’accord pour que je me libère pour les tournées. C’était la période de la tournée «Âge tendre». J’étais auprès d’elle, en tant qu’assistant, nounou, fils, tout.

Vous êtes devenu fan ou pas ?

Pas du tout fan, j’ai connu la femme en premier, avant de connaître l’artiste.

Est-ce que vous auriez pu continuer à aimer la femme sans forcément travailler avec elle ?

J’ai travaillé avec elle parce que j’ai voulu la protéger du métier. Quand j’ai su tout ce qu’elle a subi par les gens du métier, je n’ai pas voulu qu’elle se retrouve à nouveau dans cette arène où tous les vautours allaient lui tourner autour.

Qu’est-ce qu’elle avait vécu, sans rentrer dans les détails ?

Ça s’est un peu connu. Il y a eu de l’escroquerie, du détournement d’argent. Tout un tas de choses. Et j’ai voulu la protéger.

Vous la voyiez toute la journée ?

Oui, toute la journée. En tournée, parfois, on dormait même dans le même lit. Parce que la production n’avait pas spécialement l’argent de nous prendre deux chambres. Donc, on dormait ensemble. Cela est arrivé deux ou trois fois.

Vous n’étiez pas amoureux d’elle ?

Pas du tout. Mais il y avait en effet une passion, une tendre passion en tout cas.

Avez-vous eu l’impression que vous avez donné votre vie à Linda de Suza ?

Oui, j’ai donné 18 ans de ma vie… mais voilà, c’est normal. Pour moi, ça s’est fait naturellement. C’était comme ma deuxième maman.

Vous n’avez pas l’impression d’être passé à côté de choses dans votre vie ?

Peut-être. Je ne m’en suis pas rendu compte, ça été mon choix, je l’ai fait avec tout mon amour d’enfant, comme elle aimait le dire.

Vous aviez une vie amoureuse ?

Non.

Vous avez mis votre vie entre parenthèses pour Linda de Suza ?

Exactement.

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À travers ce témoignage très intime, Frédéric Garçon décrit une relation hors norme, faite d’affection, de protection et de dépendance affective réciproque avec Linda de Suza. Plus qu’une simple admiration.

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