CCPF : Marie Hélène Euvrard dit que le séjour linguistique au Portugal «transmet bien plus qu’une langue»


Depuis neuf ans, un séjour linguistique organisé par la Coordination des collectivités portugaises de France (CCPF) permet à des enfants de découvrir le Portugal autrement. Entre apprentissage de la langue, immersion culturelle, autonomie et nouvelles rencontres, l’initiative séduit chaque année davantage de familles malgré une organisation complexe et des défis financiers importants. Pour Marie Hélène Euvrard, Présidente de la CCPF et organisatrice du projet, les objectifs du séjour vont bien au-delà du simple apprentissage linguistique. «Participer activement à la promotion de la langue et de la culture portugaise, c’est quelque chose d’important», explique-t-elle au LusoJornal.

Chaque année, les enfants découvrent différentes facettes du Portugal à travers des visites et des activités variées. Ils ont notamment visité l’Oceanário de Lisboa, la pâtisserie de Belém ou encore le Musée présidentiel au cours de ce séjour linguistique. L’idée est aussi de renouveler régulièrement les activités afin que les enfants qui participent plusieurs années puissent découvrir de nouveaux lieux et de nouvelles réalités. «L’objectif, c’est d’ouvrir les enfants à d’autres expériences», résume Marie Hélène Euvrard.

Au-delà de l’aspect culturel, le séjour représente souvent une étape importante dans la vie des participants. Pour certains enfants, il s’agit de la première expérience loin de leur famille. Une découverte de l’autonomie, mais aussi de la vie en groupe. «Certains ne sont jamais sortis de chez eux sans leurs parents», souligne la Présidente de la CCPF. Au fil des journées, les enfants créent de nouvelles amitiés et gagnent en confiance à travers les nombreuses activités proposées : accrobranche, tyrolienne, escalade, piscine, balades dans la nature ou encore découverte des grottes voisines.

L’enthousiasme des enfants et des parents reste d’ailleurs le principal indicateur de réussite du projet.

Derrière les six jours de séjour se cache une préparation de longue haleine. Dès l’automne, les familles contactent déjà l’organisation pour savoir si le voyage sera reconduit. «En septembre ou octobre, certains parents demandent déjà les dates pour organiser leurs vacances», raconte Marie Hélène Euvrard. L’organisation repose sur le bénévolat, bénévolat assuré cette année par Carolina et Amélia aux côtés de Marie Hélène Euvrard «avec qui ce fut un réel plaisir de collaborer». Il faut constituer une équipe capable d’encadrer les enfants tout en partageant les valeurs pédagogiques et culturelles du projet.

Un partenariat étroit a également été mis en place avec une structure d’accueil au Portugal, la Quinta, qui prend en charge les activités et la logistique sur place. «Ils connaissent les enfants avant même notre arrivée : les âges, les besoins particuliers, les questions de santé», précise l’organisatrice.

Si le séjour continue d’exister après neuf années, son équilibre financier reste un défi. L’une des principales difficultés concerne l’anticipation des coûts, notamment les billets d’avion, alors même que le nombre définitif de participants n’est pas encore connu. «Il faut avancer l’argent sans savoir combien de familles vont répondre», explique Marie Hélène Euvrard. L’objectif reste pourtant de maintenir des tarifs accessibles à tous. Pour certaines familles, des aides existent déjà grâce aux entreprises ou aux Comités d’entreprise. Mais l’organisatrice aimerait aller plus loin en permettant aux parents de bénéficier du dispositif “chèque Colo”.

Aujourd’hui, Marie Hélène Euvrard souhaite surtout assurer la continuité du projet en formant une équipe capable de prendre progressivement le relais. Son ambition dépasse désormais l’Île-de-France. Elle rêve de voir ce type de séjour se développer dans d’autres régions françaises afin qu’un maximum d’enfants puisse vivre cette expérience. «Mon rêve, ce serait que cela existe ailleurs en France», confie-t-elle. Avec une priorité : permettre à tous les enfants intéressés de participer, indépendamment des moyens financiers de leur famille.

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