
Les cérémonies commémoratives du 108ᵉ anniversaire de la Bataille de La Lys se sont déroulées ce week‑end, en présence du Ministre portugais de la Défense, Nuno Melo, et de la Ministre déléguée auprès de la Ministre des Armées, Alice Rufo, ainsi que de nombreuses autres personnalités civiles et militaires.
Nous publions ci‑après le discours prononcé samedi matin par le Général Chito Rodrigues, Président de la Ligue des Combattants, lors de la cérémonie au Cimetière militaire portugais de Richebourg.
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«Nous sommes réunis aujourd’hui en ce lieu chargé de mémoire, Richebourg, pour évoquer un épisode marquant de notre histoire commune : La bataille de La Lys.
Nous le faisons non seulement pour commémorer un événement militaire, mais surtout pour rendre hommage à ces hommes, des hommes qui venaient de terres différentes, parlaient les langues distinctes, mais partageant le même destin, le même courage, et les mêmes sacrifices.
L’ambiance d’aujourd’hui contraste avec les fracasses d’autrefois. Les combattants portugais et français ont été côte à côte, unis non seulement par des alliances politiques, mais par des valeurs plus profondes : la liberté, la dignité et le sens du devoir.

Pour les soldats portugais, dont beaucoup étaient des jeunes arrachés à leur village, cette terre était lointaine, inconnue, et parfois incompréhensible. Et pourtant, ils sont restés fermes ici. Ici, ils ont résisté. Ici, ils ont écrit, de leur espoir et de leur sang, une page indélébile de l’histoire du Portugal.
Aux combattants français, qui ont défendu leur patrie avec une détermination inébranlable, nous devons une reconnaissance tout aussi grande. Ce sont eux qui ont accueilli, combattu et souffert, aux côtés de leurs alliés, démontrant que la fraternité entre les peuples se construit aussi dans les moments les plus difficiles.
Aujourd’hui, en évoquant la Bataille de la Lys, nous ne célébrons pas la guerre, au contraire, nous nous souvenons de son coût et rendons hommage à la paix. Nous nous souvenons de la douleur des familles, de la souffrance des survivants, et du poids du souvenir qui accompagne ceux qui ont vécu ces jours-là.
Mais c’est précisément pour cela que nous sommes ici. Nous sommes ici pour veiller à ce que le sacrifice de ces hommes ne tombe pas dans l’oubli. Nous sommes ici pour affirmer que la mémoire est un devoir, un devoir collectif qui tranche les générations et les frontières.

Aux morts au combat, à leurs familles et à leurs descendants, Français et Portugais, nous devons un hommage tout particulier. C’est en réalité ce qui donne tout son sens à cette cérémonie. C’est le témoignage d’une époque que nous ne pouvons, ni devons, oublier.
L’exemple de ces hommes courageux continue de nous enseigner la valeur du courage, de la résilience et de la solidarité. Nos nations, la France et le Portugal, partagent aujourd’hui une relation d’amitié solide, fondée également sur ces souvenirs communs. Une amitié née dans un temps difficile, mais qui s’épanouit aujourd’hui dans la paix, la coopération et le respect mutuel.
Que ce lieu, marqué par l’histoire, soit aussi un espace de réflexion. Qu’il nous rappelle l’importance du dialogue face au conflit, de l’union face à la division, de l’humanité face à la violence, des valeurs qui, hier comme aujourd’hui, comme le monde nous le montre, sont absolument essentielles et d’actualité.
Mesdames et Messieurs, en commémorant la Bataille de La Lys, nous rendons hommage au passé, mais nous prenons également un engagement vers l’avenir. Un avenir où la mémoire sert le guide, et non du fardeau. Un avenir où les erreurs de l’histoire ne se répètent pas, car elles ont été véritablement comprises.
Puisons nous montrer à la hauteur de l’héritage qui nous a été léguée. Et que dans ce silence respectueux qui règne ici aujourd’hui, nous puisons entendre, non pas l’écho de la guerre, mais la voix sereine de la mémoire, de la gratitude et de la paix».






