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C’était un soir de fin d’octobre, où les premières froidures mordillaient les visages, cinglés par une pluie fine et persistante, où l’on avait hâte de rejoindre la douceur de son foyer ou quelque auberge au charme rustique auprès de la chaleur de sa cheminée, ou encore, ce que nous fîmes, de trouver refuge dans ce bon vieux théâtre des Bouffes du Nord, amicalement aménagé, où allait se produire Cristina Branco.

Finies les longues robes brodées ou pailletées dont se parent souvent les fadistes. C’est une nouvelle Cristina Branco qui se présente, jeans noir et t-shirt blanc floqué, à l’instar de beaucoup d’artistes pop/rock d’aujourd’hui. Entourée d’excellents musiciens, Luis Figueiredo, aux claviers et parfois aux percussions, Bernardo Moreira à la contrebasse et Bernardo Couto à la guitare portugaise – les deux premiers ne sont pas issus de la sphère fadiste -, elle va nous offrir un concert qui mêlera des chansons de son dernier disque, Branco, sorti au Portugal voici presque deux ans, et d’autres thèmes issus de son répertoire ou inédits.

On le pressentait en constatant l’absence de viola, on le savait si on avait écouté les derniers enregistrements de Cristina, on n’assisterait pas vraiment à un concert de fado. Elle s’en est expliquée lors de l’entretien que nous avons eu avec elle: «Branco est le disque qui me ressemble le plus aujourd’hui, c’est mon nom et c’est aussi la couleur qui est la somme de toutes les couleurs… Nous vivons aujourd’hui dans une époque mondialisée et c’est aussi vrai pour la musique. Nous avons la possibilité d’entendre des musiques venant de tous les continents et inévitablement, certaines nous touchent et touchent le public. C’est important pour un artiste d’être à l’écoute de ce que les gens écoutent!». Elle ajoute: «Pour autant, quand on vient du fado, on y revient toujours, c’est un peu une boussole».

«Je suis très attachée au Portugal, où nous avons une jeune génération de compositeurs, de poètes qui sont très créatifs et à qui je demande ou qui me proposent ce qui devient l’essentiel de mon répertoire». Même le fameux ‘Não há só tango em Paris’, dont la musique est un tango plus qu’argentin? «Oui, je le dois à Pedro da Silva Martins [ndlr: co-fondateur du groupe Deolinda, a écrit notamment pour António Zambujo et le bien connu ‘Desfado’ chanté par Ana Moura]».

Le concert, une vingtaine de titres, comprendra trois fados, dont un très réussi fado azenha, qui seront – tiens, tiens – les trois plus applaudis par un public, pourtant peu avare en applaudissements. On y notera aussi, mais ça, c’est notre sélection à nous, le ‘Não há só tango’ déjà cité, une jolie chanson vénézuélienne, le très humoristique ‘Aulas de natação’, une belle version du ‘Joana francesa’ de Chico Buarque, le slow jazzy ‘Eu por engomar’… On s’arrête là car on pourrait presque tout citer.

Ce qui est nouveau aussi, pour nous qui avions déjà entendu Cristina Branco plusieurs fois en concert ces dernières années, c’est le punch qu’elle sait mettre dans ses chansons, elle qui privilégiait peut-être un peu trop le cristal de sa voix par rapport à l’énergie qu’elle y déployait. L’équilibre est maintenant atteint: le cristal demeure, il est aujourd’hui électrisé.

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