Cyclisme: Laura da Cruz, le vélo dans la peau

Laura da Cruz, cycliste de 18 ans, est lusodescendante et porte pour la première fois les couleurs de l’équipe féminine cycliste de St Michel Auber 93. Elle a porté les couleurs du CSM Villeneuve-la-Garenne en 2018. Cette année sur la piste, Laura da Cruz a déjà remporté des courses, comme la Tempo Race sur le Vélodrome de Saint Quentin-en-Yvelines.

L’équipe féminine cycliste de St Michel Auber 93 compte également sur une autre cycliste franco-portugaise, Bárbara Fonseca, pour cette saison 2019. Côté masculins, le club francilien peut compter sur les frères Fábio et Miguel do Rego pour obtenir des résultats tant sur route que sur piste.

LusoJornal a pu s’entretenir avec Laura da Cruz qui nous a parlé de ses ambitions, de son parcours, de sa carrière, ainsi que de ses liens avec le Portugal.

 

Vous avez choisi de représenter St Michel Auber 93 pour la saison 2019, quelles ont été vos motivations ?

On m’a proposé un bon planning de courses avec des épreuves en Belgique, pour commencer, et ensuite, j’aime quand il y a une bonne ambiance dans une équipe, j’aime faire des courses avec des ‘amies’, c’est ce qui me permet d’être bien dans la tête et sur le vélo.

 

Cette équipe est différente des précédentes ?

L’année dernière j’étais toute seule, donc oui c’est un peu différent. Je faisais ce que je voulais, mais là il y a un groupe nombreux, donc on sera organisées et on verra comment tout va se passer.

 

Quel est le niveau de l’équipe ? Et l’objectif, c’est la professionnalisation ?

On a une bonne équipe et on a toutes, à peu près, le même niveau. Quant à la professionnalisation, je pense que cela viendra sur le long terme, mais l’équipe veut progresser et devenir ensuite une équipe UCI.

 

Quels sont les objectifs pour cette saison : plus piste ou plus route ?

En début de saison j’ai fait pas mal de piste, mais ensuite je serai surtout sur la route à partir de ce mois de mars. Durant les mois de juillet et août, ça sera un mélange de piste et de route avec les Championnats de France sur route et sur piste. Les deux épreuves sont différentes. J’aime bien la route, mais l’ambiance sur la piste est différente. En piste par exemple, on reste plusieurs jours sur le même site, avec plusieurs épreuves différentes. Toutefois, j’ai une petite préférence pour la route.

 

Quelles sont vos caractéristiques : sprinteuse ?

Je ne suis pas du tout sprinteuse. Je suis une attaquante, j’aime finir en solitaire, je ne pense pas gagner un sprint. En fait, je fais le spectacle, il faut que j’attaque pour pouvoir gagner. On peut dire aussi que je grimpe bien, j’aime les montées, mais les descentes, je déteste, je me fais toujours lâcher dans les descentes, c’est horrible. On va dire que, quand j’étais petite, je n’ai pas fait d’école de vélo, pas de cyclo-cross, donc je suis hyper rigide sur le vélo et dans les descentes ça ne pardonne pas. Je n’ai pas confiance en moi sur les descentes et c’est là que je perds tout.

 

Qu’est ce qui vous a donné envie de faire du cyclisme ?

J’ai commencé à l’âge de 7 ans. J’ai vu mon père [ndlr: Carlos da Cruz] aller sur les podiums, signer des autographes, et je voulais faire pareil. On va dire que ce n’est pas vraiment comme je l’imaginais, mais ça m’a plu et j’ai continué. Mon père ne m’a pas aidé et ne m’a pas entraîné, donc j’ai appris toute seule. Après, j’ai eu beaucoup de soutien du côté de la famille de ma mère, et c’est eux qui m’ont aidé pour m’entraîner et suivre ma passion.

 

Qu’est ce qui donne envie de pratiquer ce sport qui est quand même compliqué ? En plein hiver, il faut sortir pour s’entraîner…

Je me pose encore la question (rires). Quand je me lève un dimanche et que je pense à mes amis qui sont encore dans leur lit, je me pose la question (rires). Je suis là à 8h00 du matin à aller rouler, par -2°C, sous la neige, par exemple, mais pour moi, c’est une satisfaction. Je m’entraîne toute seule, avant ma mère me suivait, mais maintenant je vais rouler toute seule, même si elle veut savoir quand je rentre et si je ne rentre pas à l’heure, elle m’appelle pour savoir où je suis. C’est ma vie de cycliste. Je me dis qu’à la fin de l’année, je vais faire les Championnats du monde, on peut essayer de gagner un titre sur piste ou sur route, et c’est là, quand on est sur le podium et qu’on entend l’hymne, qu’on a des sensations incroyables, que personne n’a. Ce sont des souvenirs énormes, magiques.

 

Quels sont vos liens avec le Portugal ?

Mon père est portugais et ma mère est française. Mais du côté de ma mère, toutes mes tantes et mon oncle sont mariés avec des portugais (rires), d’ailleurs j’ai une tante qui vit au Portugal. J’adore partir au Portugal, même si je ne parle toujours pas portugais, mais j’arrive à me débrouiller (rires). Je vais souvent dans le Nord, vers Viana do Castelo, et j’ai déjà été à l’Algarve étant petite.

 

Côté Sélection, vous pouvez courir pour le Portugal ?

On ne peut choisir qu’une Nation à partir des juniors, et à l’époque j’ai choisi la France. Une fois qu’on a choisi, on ne peut plus changer, ce sont les règles dans le cyclisme.

 

 

LusoJornal