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Le Devoir de Mémoire: La comparaison impossible entre le Portugal et le Commonwealth

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«Je me regarde, je me désole; je me compare, je me console». Voilà un des bons dictons français que beaucoup d’entre nous connaissent. Ne l’avez-vous pas entendu régulièrement pendant votre carrière professionnelle?

Mais, comme on dit par ailleurs, il y a toujours des exceptions. C’est de cette exception dont nous allons vous parler. Dans notre cas, on pourrait même écrire: «quand je me regarde je me console, quand je me compare je me désole».

Mettons un peu de bémol dans nos dires, car «il faut comparer ce qui est comparable».

Jugez-en:

Écrire, alerter, raconter ce qui a été la participation portugaise pendant la I Guerre Mondiale est l’un des sujets que LusoJornal aborde dans ses colonnes fréquemment. Parler des traces et des lieux de mémoire portugais en France, ça va de soi, pour LusoJornal.

Afin de vous informer en tant que lecteur et de faire réfléchir nos institutions sur le Cimetière Militaire Portugais de Richebourg, nous abordons ici la situation et traitement des lieux de souvenir des pays du Commonwealth.

La dimension du sujet, entre le Portugal et le Commonwealth, est incomparable à tous les niveaux, toutefois on peut prétexter que le Portugal n’a tout de même qu’un seul Cimetière militaire à l’étranger à s’en occuper.

LusoJornal a visité The CWGC Expérience. Dans le sous-titre du prospectus de prestation il est écrit: «Dans les coulisses de la Commonwealth War Graves Commissions».

On peut y vivre une expérience unique.

Située à Beaurains, dans le Pas de Calais, c’est là qui sont taillées et gavées les stèles en mémoire des soldats du Commonwealth morts pendant la I et II Guerres Mondiales.

Depuis un an, The CWGC Expérience est devenu comme qu’un musée vivant. On peut y assister à la fabrication de stèles et à bien d’autres travaux et réalisations d’ouvrages.

Accueillis par sa Directrice, Fiona Tabary, et par deux de ses collègues, nous avons pu faire deux visites: une première, pendant laquelle nous nous sommes imprégné du lieu, en faisant des photos; la deuxième, en tant que visite guidée par Fiona Tabary pendant laquelle nous avons fait un enregistrement vidéo.

Le lieu est étonnant et montre l’importance que les pays du Commonwealth portent au devoir de Mémoire.

Au début de la visite, on rentre dans une salle dans laquelle on nous projette un film sur le travail de la Commission. La visite se poursuit par l’observation de 10 tableaux, dix salles mettant en évidence tout le travail et l’entretien qu’exécute la Commission. Les 10 tableaux/salles sont disposés autour d’une place centrale. Sur celle-ci on peut voir et lire des statistiques impressionnantes… on va de surprise en surprise.

Dans le premier atelier on observe la production de stèles, suivi de celui de la menuiserie, la mécanique, le magasin à outils. On rentre dans une salle dans laquelle on nous parle et on voit le travail sur les exhumations et inhumations, l’équipe nous est présentée à la suite. On rentre à nouveau dans une autre salle pour observer le travail sur la production de panneaux, le travail d’horticulture et entretien. Pour terminer, et avant d’entrer dans la dernière salle, pour éventuelles consultations et achat de souvenirs, on nous présente la forge et la ferronnerie.

Le parcours est très instructif et didactyle, adapté, également, pour des visites de groupes et de scolaires.

Notons que c’est la Commission qui gère la qualité des stèles qui sont déjà posées dans tous les Cimetières Militaires du Commonwealth et tout son environnement floral, aménagements… En cas de besoin, la Commission remplace la stèle ou envoie une équipe pour retailler un nom qui serait, éventuellement, moins bien lisible.

Sur le mur de la salle de présentation, au début de la visite, on peut lire la phrase de l’écrivain Rudyard Kipling: «L’ouvrage le plus monumental depuis les pharaons et ceux-ci ne travaillèrent que dans leur pays». Phrase qui d’une certaine façon est complétée par une autre qu’on peut lire plus loin, tirée du The Kenyon Report 1918: «Quel que soit le grade militaire ou le poste occupé dans la vie civile, tous doivent être égaux dans la tombe».

La CWGC s’occupe de 23.000 sites de mémoire, pour l’essentiel des cimetières à travers le monde et ce dans 150 pays et territoires. Mille trois cents personnes sont employées à travers la planète, dont 850 jardiniers qui s’occupent du patrimoine historique qui va du cercle polaire (-16°C) à la verdure luxuriante des tropiques (+45°C), obligés qu’ils sont de s’adapter à des normes des plus élevées en s’adaptant à un grand nombre de variations climatiques. Les jardiniers placent 83.000 plantes par an et tondent le gazon du correspondant à 13.375 stades de Wembley. Ils ont 103 mille tailles haies par an à faire.

Parmi les 1.300 personnes que la Commission emploie, 927 sont du personnel technicien (jardiniers, tailleurs de pierre, graveurs…) et 323 du personnel de bureau (administration, historiens…).

À Beaurains, 4 machines continuent à tailler des stèles à raison de 1h30 de travail par stèle, chacune pesant 80 kilos. Sortent des ateliers 50 à 60 stèles par semaine, soit entre deux et trois mille stèles selon les années.

Sont nécessaires pour le travail dans les Cimetières à travers le monde, 90 types de tondeuses différentes, ceci en fonction de la localisation, de l’inclinaison du terrain, du type de coupe à faire… Rien qu’en France, la Commission compte 1.400 tondeuses, qui en période de printemps/été coupent le gazon de chaque cimetière à raison de deux fois par semaine. En mettant ensemble les kilomètres parcourus par les jardiniers avec les tondeuses pendant une année, ils pourraient faire le tour du monde deux fois.

De nos jours l’équipe d’exhumation continue à récupérer une cinquantaine de corps par an, qui lui sont signalés par des agriculteurs, lors de chantiers, d’aménagements… Deux corps sur dix, la Commission arrive encore de nos jours à les identifier, grâce aux éléments recueillis: des restes d’habits, de bottes, des boutons, des instruments et autres indices sur le lieu où le corps a été retrouvé.

Depuis sa création par Charte royale n°1917, la CWGC a construit 2.500 Cimetières et Carrés militaires ainsi que des Mémoriaux pour commémorer ceux qui n’ont pas de tombe connue.

Les sites mémoriaux militaires de la CWGC abritent plus d’un million de sépultures sur le 1,7 million de femmes et d’hommes des forces armées du Commonwealth morts au cours des deux Guerres mondiales.

La CWGC s’occupe, depuis 4 générations, des soldats tombés pendant la I et la II Guerres Mondiales. Ne pouvons-nous, Portugais, faire appel à son expérience ou tout au moins demander conseil, sachant que s’occuper du Cimetière Militaire Portugais de Richebourg devrait être, à la fois, plus facile, au vu du nombre de tombes, et plus compliqué, au vu de l’organisation totalement différente et des compétences au niveau du Portugal et du Commonwealth.

 

The Commonwealth War Graves Commission

5-7 rue Angèle Richard

62217 Beaurains

Horaires d’ouverture: du lundi au vendredi, de 9h00 à 16h00.

Entrée libre. Stationnement gratuit pour tout véhicule de moins de 12 places.

cwgcexperience@cwgc.org

Tel.: 03.21.21.52.75

 

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