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Ça y est! Les Portugais et les Français ont été déconfinés, une liberté administrative conditionnée, qui n’est pas faite pour tout le monde, car la planète est peuplée de personnes, dont le respect de leur semblable, gravite autour de leur nombril.

Portugais résidant en France, je suis doublement lâché dans les rues et dans les nuages, avec la méfiance de croiser quelqu’un que voudrait partager avec moi une bestiole qui se fait le plaisir de s’attaquer aux plus faibles.

Ce virus émigré ne me fait pas peur. Même quand clandestinement je me déplace dans des endroits peu fréquentables.

Je n’ai pas encore l’âge considérée dangereuse, pas de pathologies aggravantes et puis les scientifiques l’ont balbutié, sans trop insister, je suis d’un groupe sanguin statistiquement plus immunisé que les autres, et pour ne rien négliger, aspirateur de nicotine.

N’empêche que je suis extrêmement méfiant.

Un soupçon psychosomatique, avec un zest hypocondriaque, entraînent mon addiction a suivre les consignes gouvernementales. Sans doute un conditionnement qui date de l’époque du Salazarisme et de son confinement culturel.

Administrateur d’une radio associative en Occitanie, je ne me suis pas gêné pour expédier en télétravail les 5 salariés de la collectivité, ceci avant l’heure.

Sans faire d’associations – tiens donc – comme beaucoup de parents au Portugal, qui ont enlevé leurs enfants de l’école avant que le Gouvernement ne le décrète.

Mon coté misanthrope s’est révélé extrêmement heureux pendant cette période particulière, fini de croiser et de parler avec des gens qui m’ennuient.

Mon côté égoïste exulte! Enfin toute la famille réunie. Un privilège et un espace terrien, qui ont permis à mes enfants de ne pas se sentir emprisonnés, dans une région où l’ennemi n’a pas – tout du moins pour l’instant – réussi à trop se répandre. Seul le déconfinement sera témoin.

Mon côté râleur fait que je n’ai pas arrêté de pester contre les réfugiés covidiens, qui malgré les consignes, n’ont aucun respect pour la santé de leurs semblables.

Pendant le confinement, tous les trois jours j’ai marché pendant un kilomètre aller/retour afin d’aller acheter mon poison et faire les courses essentielles à la survie de la famille.

Sur de moi, sans tenir compte des avis ministériels, je me suis équipé d’un masque chirurgical avant la polémique pénurie. Bien heureux, ni tout le monde a eu la possibilité d’avoir un familier en réanimation, pendant le confinement.

Alors, à chaque voyage à l’hôpital, je sortais avec un masque tout neuf, qui avait le don de rendre méfiants les humains que je croisais, la distanciation psychique et physique est devenue naturelle.

Du coup, je me suis méfié des voitures, plus que des humains.

Dans mon parcours alimentaire, marchant à pas d’alentejano, j’ai eu le temps de compter et d’admirer la pauvreté ou la richesse des propriétaires des maisons et des véhicules stationnés le long de la rue, en faisant attention de m’écarter a chaque fois qu’une porte s’ouvrait.

Sans jeu de mots! Une quarantaine de véhicules au total. Vingt immatriculés dans le département, une dizaine dans la région d’Occitanie et le reste originaires de régions ou la bestiole faisait le plein de morts.

Tout ça pour dire, que la minorité des réfugiés covidiens, bravant les interdits, les consignes, avant ou après le confinement, risquent de gagner la guerre des perdants. Seul le déconfinement sera témoin.

Quand à moi, finement con, au désespoir de ma famille, j’ai décidé de me confiner jusqu’à ce que il n’y ait plus aucun mort par négligence ou par héroïsme funeste.

 

Opinião
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