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Opinion: L’autre Portugal: le Portugal qui se meurt, le Portugal qui résiste (3) ou l’éloge de la cerise

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En 2014, 349.475… en 2019, 324.930… une diminution de 24.545, soit 7,55%.

De quoi parle-t-on, à quoi correspondent de tels chiffres?

Ce sont les chiffres du Portugal de l’Intérieur, «Beira Interior» qui regroupe les districts de Castelo Branco et Guarda. Il s’agit du nombre d’électeurs de cette région inscrits sur les carnets électoraux pour les Européennes de 2014 et 2019. C’est la preuve, s’il en fallait, d’un certain état de choses dans l’État qui s’appelle le Portugal.

Nous pourrions ici faire une chronique sur les raisons d’un tel déclin, d’un certain abandon, d’une certaine politique: les péages des autoroutes trop chers, la crise de l’agriculture, de la forêt, la baisse de la natalité liée aux difficultés des jeunes pour acquérir un chez soi, les faibles salaires, l’émigration interne et externe…

A cette réalité nous opposons les propos qui vont suivre… le pays qui résiste, qui se rénove, qui attire malgré tout.

Des exemples: on voit l’arrivée d’industries de haute technologie, industrie du luxe, le canton le plus âgé d’Europe, Penamacor, ouvre une école pour des Anglais qui débarquent dans ce lieu loin de la côte… La cote? Les universités et instituts de l’intérieur… l’ont, 8.000 élèves. Paulo Fernandes, Maire de Fundão, grâce à une mise en valeur de la qualité de vie et un important effort municipal a permis de passer de 3 à 500, le nombre de programmateurs informatiques entre 2012 et 2018, ce qui a conduit à que cette ville de l’intérieur soit primée au niveau Européen par le 1er prix de la ville qui le mieux appuie l’industrie de l’intelligence.

En ce début de Printemps, alors que la cigogne prépare son nid pour une future naissance, que les stigmates des feux sont encore présents, même ici et là l’eucalyptus repousse, se replante (!), que des feux de forêts se combattent déjà, les politiciens se lancent sur un autre combat: le combat des élections Européennes.

Dans des même ronds-points nous pouvons lire sur d’immenses affiches: «Somos Europa, europeias 2019», «Portugal: a Europa é aqui» ou encore «No parlamento europeu: defender o povo: basta d’imposições da União europeia». Le Portugal de l’intérieur délibérément dans l’Europe, même si les points de vue divergent sur quel type d’Europe.

Pour parler de feux: on s’aperçoit qu’un effort immense a été fait pour nettoyer le bord des routes, les abords des villages. Toutefois… à quoi bon, si en partie, on laisse le bois coupé sur place… il sèche… n’est-il pas encore plus dangereux?

En ce début de Printemps, les fleurs des Mimosas perdent de leur splendide jaune pour donner place à la blancheur du paysage. Dans l’avenue principale de Fundão on annonce pour le 7 avril une marche pour visiter les cerisiers en fleur.

Cerisiers qui attirent de plus en plus de touristes dans la région. On peut, donc, les admirer par des parcours pédestres, à moto, en petit train, voir en montgolfière. Une beauté rare… une beauté éphémère d’une jeune fille (une région) en fleur…

Nous disons que la vallée de Douro est au Porto, ce que Fundão-Alcongosta est à la cerise.

En cette période de l’année, le spectacle de la nature y est extraordinaire, la couleur des cerisiers en fleur rend les coteaux des monts d’une blancheur, qui, de loin, ressemble à un tapis blanc… un clin d’œil de la montagne de Gardunha, à celle d’Estrela recouverte encore dans son sommet, de neige.

La cerise, la matière première, que la ville de Fundão utilise à fond pour promouvoir une région où il fait bon vivre, l’air y est pur, la spéculation immobilière y est contenue. Pour y arriver on vend la cerise de Fundão à Lisboa dans des petits kiosques ambulants, on la distribue sur la classe affaires de la compagnie aérienne TAP, dans des éventements sportifs, on va jusqu’à la promouvoir dans des foires de la région parisienne.

La sainte cerise donne lieu à des pèlerinages: celui de fleurs au printemps, celui des fruits en été, en automne celui de la liqueur, en hiver et en toutes saisons, les gâteaux, le «Bolo de nata» à base de cerise, l’accompagnement de bons plats. Quand vous dégustez un Moncherie, vous consommez de la cerise de Fundão.

Parler de la cerise de Fundão-Alcongosta, c’est parler de la fête, des fêtes en rapport avec le bon manger: la fête de la «sopa, do cogumelo, do maranho, do bolhão, da cherovia, da castanha, do enchido, do queijo…». C’est également cela, une forme de lutte… le Portugal qui résiste… à chaque région sa méthode.

La cerise, l’or rouge de Fundão-Alcongosta, un catalyseur d’énergies, l’emblème d’une région… des raisons d’y croire: les pêches des abords du fleuve Zêzere à Covilhã, les milliers d’hectares qui vont être plantés à Idanha-à-Nova d’amandiers avec la construction de trois usines pour les traiter commercialement…

Le Portugal est un pays avec des traditions catholiques. Pus qu’ailleurs, le Portugal de l’intérieur célèbre le Carême, se prépare pour Pâques. On y organise actuellement des cérémonies qui remontent dans la nuit des temps… on récrée.

La fréquentation des églises est en déclin, toutefois, comme forme d’expression, chaque ville organise sa procession, ses processions… on est là entre la foi, le folklore et le tourisme religieux… à l’image de la «Procissão dos Terceiros», de ce troisième dimanche de Carême, organisée à Teixoso, après 80 ans d’interruption avec la présence de 200 figurants et 14 statuts religieuses.

L’intérieur du Portugal s’expose, essaye de se faire connaître. C’est ainsi que dans la récente Foire de tourisme de Lisboa: la ville de Covilhã a mis en évidence sa traditionnelle industrie de la laine, Penamacor le plus grand «madeiro» de Noël et les terres du lynx, Manteigas sa nature, ses paysages et l’aventure, Castelo Branco, la tradition de la broderie, son patrimoine et son histoire, Guarda la foire ibérique de tourisme, Belmonte les terres du découvreur du Brésil, Pedro Álvares Cabral…

Notre confère «Jornal do Fundão» défend avec «corpo e alma» cette région, depuis sa première édition, depuis les années 1950, sous la houlette d’António Paulouro… le combat est de plus en plus d’actualité… un combat qui ne sera jamais terminé. Il défend la «Beira Interior» par l’écriture et par des actes… Son pastorat? Entre autres, en organisant des rendez-vous, des rencontres pour parler de ce Portugal, de son Portugal. Ce 30 mars, dans les «Quintas do Anascer», qu’on pourrait plus ou moins traduire par «dans les fermes du renaître», un lieu oublié du Canton de Penamacor, le journal de toute une région a convié intellectuels et populations dans l’église du village pour débattre sur le thème: «Interioridades».

En forme de conclusion: faudrait-il attendre l’élection européenne de 2024 pour voir le nombre d’électeurs progresser dans le «Portugal do Interior»? Ce n’est pas encore gagné…

Est-ce être narcissique de dire: qui mieux que nous peut parler de nous, si ce n’est nous?

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