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Victor Martins élu par la rédaction de LusoJornal: Sportif franco-portugais de l’année

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Âgé de 19 ans, le pilote franco-portugais Victor Martins a remporté le Championnat de Formule Renault Eurocup 2020 pour la première fois de sa carrière et a été choisi par la rédaction de LusoJornal le Sportif franco-portugais de l’année.

Après une seconde place au classement final en 2019, le lusodescendant a finalement remporté cette compétition comptant 20 courses en 2020.

Victor Martins a remporté 7 Grands Prix, a terminé six fois à la deuxième place et une fois à la 3ème, soit un total de 14 podiums en 20 courses.

Avec un total de 348 points, le pilote franco-portugais a devancé le brésilien Caio Collet de 44 points et l’argentin Franco Colapinto de plus de 134 points.

L’équipe ART Grand Prix de Victor Martins a également remporté le Championnat constructeur avec 473,5 points.

En exclusivité pour le LusoJornal, Victor Martins s’est confié sur cette année si particulière à cause du Covid-19, mais surtout avec un titre à la clé, et ses prochains objectifs en FIA F3.

 

Comment pourrait-on définir votre année 2020 d’un point de vue sportif? Incroyable?

Certes, c’était une saison incroyable, mais je dirais plutôt très marquante. Marquante car je vais me souvenir de cette année très longtemps, durant toute ma carrière, parce que c’était mon premier titre en monoplace. Avec toute cette situation du Covid-19, c’est sûr qu’elle a été très marquante. C’était incroyable car c’était un grand accomplissement d’avoir atteint ce titre.

 

Quelle est la saveur de ce titre acquis dans une saison rythmée par la pandémie?

Je dirais que ça a été un soulagement avec la situation, la pandémie, les cas positifs… On peut dire que ça a été un grand soulagement et un grand accomplissement car ça faisait trois années que je courais après ce titre. Je donnais tout pour atteindre celui-là. Beaucoup de stress à gérer, les contacts avec les personnes, l’état d’esprit entre les courses, car ça a été très intense. Quand un week-end se passait mal, il fallait tout de suite rebondir. Une année stressante, et un grand soulagement pour passer dans une catégorie supérieure. C’était un objectif qu’il fallait atteindre, il a été atteint. Maintenant on peut passer à un autre chapitre.

 

Quel moment de la saison a été le meilleur?

Le moment qui a été le meilleur, je dirais: Barcelone. J’ai enchaîné les deux poles position et les deux victoires dans des conditions différentes que ce soit la pluie ou le sec. Mais c’était surtout l’élan dans lequel on était, notre forme du moment, parce que tout le milieu de saison, on a dominé. J’avais eu 6 victoires sur 8 courses. C’était un élan très, très positif qui, pour nous, allait au bout, jusqu’au bout de la saison. C’est ce qui est arrivé. Le meilleur moment, c’était Barcelone, mais également le Nürburgring où j’ai également fait les deux ‘poles’ et les deux victoires.

 

A contrario, quel a aussi été le pire?

Pour le pire moment, ça a été la deuxième manche de Championnat, à Imola, où la performance n’était pas forcément au rendez-vous, n’était pas à la hauteur de nos attentes. Il fallait être directement dedans et j’ai dû enchaîner deux quatrièmes places. On se pose des questions, on essaye de trouver où est le problème, d’analyser pour pouvoir rebondir par la suite, et ça a été très compliqué. On n’a pas eu forcément toutes les réponses à nos questions. Mais on a su rebondir car on est retourné à Imola et le deuxième week-end s’est très, très bien passé, avec une pole position et une victoire. Un moment très important où il fallait à tout prix changer la donne.

 

D’ailleurs on vous a senti confiant durant toute la saison pour aller chercher ce titre…

La confiance a été un point fort. Les meilleurs moments étaient encore meilleurs, et les moments compliqués, on les rendait moins compliqués. J’essayais toujours d’être positif. Je me disais de toujours travailler dur, de rester concentré et que la situation allait s’arranger si on faisait les bonnes choses au bon moment. On travaillait, on analysait et on améliorait le tout. On essayait d’avoir un point de vue différent sur moi-même. L’équipe envers moi-même, moi envers l’équipe, mes retours sur la voiture… On avait un environnement de travail très serein, très calme et dans le développement.

 

Pour la saison prochaine, quels seront vos objectifs?

Mes objectifs pour 2021 sont clairs. La Formule Renault EuroCup, ce titre il fallait l’atteindre, on l’a fait. Cela faisait trois ans que je courais après ce titre. Maintenant je veux passer dans la catégorie supérieure, la FIA F3. Les années précédentes, je ne me sentais pas forcément prêt pour passer dans cette catégorie. J’avais toujours des choses à découvrir, à connaître sur moi. Maintenant je me suis découvert, je connais mes défauts et mes points forts. C’est le moment pour passer dans la catégorie supérieure. Je voudrais aller chercher ce titre de FIA F3 ou au moins être dans le Top-3. Il y a plusieurs choses qui vont entrer en ligne de compte, l’équipe où je vais être et mon apprentissage, car ça va être ma saison de ‘rookie’. Je vais tout donner et l’objectif est le titre.

 

À long terme, quel est votre rêve?

Mon rêve, qui est devenu un vrai objectif, c’est la Formule 1. Je veux être Champion du monde de Formule 1. Après, je sais que c’est long. Le plan ne sera peut-être pas le même chaque année, ça peut, peut-être, changer, mais ça en vaut la peine. Et ça prendra le temps que ça prendra. Il faudra certainement passer par des moments plus compliqués, peut-être des catégories où je ne prévoyais pas forcément d’y aller. Il va falloir se remettre en question chaque année, travailler dur, analyser les années réalisées et puis prendre les meilleures décisions. L’objectif à long terme, c’est la Formule 1 et être Champion du monde.

 

En parlant plus de vous, comment arrive-t-on dans ce milieu?

Mon parcours est un peu différent des autres. Je faisais de la gymnastique artistique de mes 5 ans à mes 11 ans. J’ai été Champion de France de gymnastique artistique à mes 10 ans. J’avais un ami qui en faisait avec moi et son père faisait de la Porsche Cup quand il était plus jeune, il avait participé au Championnat de France de Porsche Cup. Je suis parti en vacances avec eux. J’ai essayé le kart de mon ami, et son père, en parlant avec le mien, lui a dit qu’il fallait que je pratique ce sport. Que mon père devait me donner la chance d’essayer et de voir si c’était quelque chose de réalisable. C’est parti comme ça. En revenant en France, l’année suivante, c’est cette année là où j’ai commencé à essayer le karting, et j’ai adoré. Je voulais faire ça. C’était une décision compliquée, car financièrement ce n’est pas abordable pour tout le monde. Cela a pris un peu de temps, mais c’est parti comme ça.

 

Dans votre famille, d’autres personnes ont eu une carrière de pilote?

Dans ma famille, personne n’était de ce milieu ou a eu une carrière de pilote. Mes parents étaient sportifs: mon père a été en équipe de France de baseball pendant plusieurs années, mais rien à avoir avec le sport automobile. Ma mère pratiquait beaucoup de sports, mais aucun lien avec le sport automobile. C’est l’anecdote précédente qui m’a emmené vers ce sport. Toutefois j’ai toujours regardé avec mon père, ma famille, les Grands Prix ou les courses automobiles, même si je n’étais pas encore dans ce milieu. Depuis tout petit, j’ai toujours adoré le sport mécanique en général, comme le moto-cross également. Tous les sports où il y a un moteur (rires).

 

Vous êtes d’origine portugaise, d’où exactement? Vos deux parents sont-ils portugais?

Il n’y a que mon père qui est portugais. Mes grands-parents paternels sont nés au Portugal, près de Viana do Castelo, à Forjães. Quant à ma mère, elle est française.

 

Vous allez souvent au Portugal? Quel est votre lien avec le pays?

Plus petit, j’allais tous les ans au Portugal. Toutefois, depuis que j’ai commencé le sport automobile, c’est un peu plus compliqué. Avec les saisons sportives, les étés sont chargés. Je n’y vais plus tous les ans. J’ai eu la chance d’y aller pour mes courses. C’est d’ailleurs là-bas où j’ai remporté ma première course internationale en karting, à Portimão. C’est une saveur spéciale. Mes grands-parents étaient venus me voir. J’ai un lien fort avec le pays, mais je n’ai plus trop la chance d’y aller. J’y ai été pour des compétitions et j’espère y retourner dès que j’aurai un peu de temps, pour aller voir ma famille. On peut dire que c’est là-bas que ma carrière a commencé.

 

Le fait de piloter au Portugal a-t-il une saveur particulière ou pas spécialement? Est-ce comme piloter en France?

Cela a une saveur particulière parce que je suis d’origine portugaise et parce que j’y ai gagné ma première course en karting. Quand j’y retourne, c’est aussi mon pays et j’ai du soutien comme par exemple la Banque BCP. Et de beaucoup de monde, comme ma famille et mes amis qui me suivent quand je suis là-bas. C’est mon deuxième pays et c’est comme piloter en France.

 

Une question sur la pandémie, comment avez-vous vécu tous ces moments? Confinement, déconfinement, couvre-feu…

Cette situation a été un moment difficile à vivre parce qu’on n’a pas roulé pendant 6 mois, pas de compétitions, pas de courses pour se battre avec les adversaires. J’ai été privé de ma passion, de rouler dans une voiture. C’était compliqué. Il fallait tout de même voir la situation sous un autre angle, moi je l’ai prise pour me développer du point de vue personnel, d’être prêt dès que la saison allait recommencer. J’ai découvert plein de choses pendant le confinement. J’ai lu des livres, je me suis préparé physiquement, parce qu’on ne savait pas quand tout allait reprendre. Je devais être prêt et j’ai pris ça comme un challenge. Sortir de cette situation meilleur que je ne l’étais avant. Pendant le déconfinement et le couvre-feu, j’ai eu ma salle de sport qui a pu réouvrir, parce que c’est un centre d’expertise de la performance pour les sportifs de haut niveau. Ils ont pu réouvrir pour nous, les sportifs de haut niveau. J’ai eu cette chance et je peux sortir comme ça. Ce qui est compliqué, c’est le contact avec les autres. Pendant toute l’année, je me suis mis des barrières parce que si j’avais été testé positif, je ne pouvais pas participer aux courses, donc c’était stressant, intense, mais surtout un soulagement, à la fin, d’avoir atteint ce titre dans cette situation. Il fallait que je gère tout cela avec beaucoup d’attention et c’est ce qu’on a réussi avec mon entourage.

 

Que peut-on souhaiter pour 2021 et pour vous en particulier?

On peut me souhaiter une année à la hauteur de mes ambitions, c’est-à-dire aller chercher le titre FIA F3 ou le Top-3. Après, sur le côté personnel, prendre du plaisir, de ‘kiffer’ la vie au maximum, que ce soit dans le sport, avec les gens avec qui je travaille, ou que ce soit avec ma famille, prendre soin d’eux. Sans oublier mes amis. Il faut également que j’ai des temps de récupération et d’apprécier la vie. Dans mon sport, être à fond dedans, travailler dur avec l’équipe, analyser les situations, les bonnes comme les pires. Et toujours être dans le développement personnel.

 

En 2020, avec tout ce qui s’est passé, vous êtes la figure incontournable du sport automobile luso-français, mais aussi du sport luso-français en général, ressentez-vous cette plus grande responsabilité et cette plus grande notoriété?

Avec tout ce qui s’est passé en 2020, on sent cette responsabilité et une plus grande notoriété. Après j’essaye de la prendre comme de la confiance. Ce sont des gens qui me suivent, qui sont derrière le projet. Ça fait plaisir et ça donne beaucoup de force. Ça permet de se surpasser à des moments et de se dire qu’il y a beaucoup de monde derrière moi, qui me soutient. Ce n’est que du positif. Il n’y a pas de pression à avoir. Je me concentre au maximum sur moi-même. Avec mon entourage, on essaye de trouver le meilleur moyen pour m’améliorer à chaque fois. Avoir le soutien de toutes ces personnes, c’est toujours appréciable.

 

En parlant de notoriété, vous êtes à côté de Tiago Monteiro pour les campagnes de la Banque BCP, qu’est-ce que cela représente?

J’ai le soutien de la Banque BCP, je suis à côté de Tiago Monteiro, ça représente beaucoup pour moi. Je l’ai connu en 2017, c’est grâce à lui que j’ai ce soutien. C’est un soutien très important pour moi, car c’est grâce à eux que je peux continuer ce sport, que je peux pratiquer ma passion. Je suis très reconnaissant forcément. Je les remercie, ça me donne beaucoup de force. J’essaye en tout cas de donner le meilleur de moi pour les remercier avec mes résultats. J’ai également eu la chance de faire des conférences avec eux lors des années précédentes, car cette année, c’était impossible. Mais ce sont des moments que j’apprécie. Il y a beaucoup de personnes derrière tout ça, mais sans le soutien de ces mêmes personnes, je ne serais pas là aujourd’hui et je ne pourrai pas pratiquer mon sport.

 

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O LusoJornal escolheu Victor Martins como o desportista luso-francês do ano

O piloto luso-francês Victor Martins é para o LusoJornal o desportista do ano de 2020. A pandemia de Covid-19 que assolou o mundo e em particular os eventos desportivos acabaram por complicar o desfecho de todas as competições. Eventos foram adiados, outros suspensos ou até cancelados.

O campeonato de «Formule Renault Eurocup», prova automóvel que decorre na Europa, arrancou em julho e terminou em novembro. Em apenas cinco meses, 20 corridas foram realizadas – uma proeza neste contexto.

O vencedor da prova foi o piloto luso-francês Victor Martins. O desportista acabou por se destacar por ter vencido uma competição prestigiosa que conta no palmarés com nomes como o Português Filipe Albuquerque, os Franceses Pierre Gasly e Alain Prost ou ainda o Brasileiro Felipe Massa.

No desporto franco-português, e fora do futebol, Victor Martins é aquele que conseguiu a maior proeza num ano atípico em que qualquer teste positivo ou casos positivos no Campeonato podiam ter deitado por terras as aspirações do piloto luso-francês. O campeonato de «Formule Renault Eurocup» chegou ao fim e Victor Martins arrecadou o título que lhe faltava antes de dar o salto em 2021 para o campeonato FIA F3.

 

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