Cindy Rodrigues ou les improbables rencontres d’Avignon


Il y a des festivals où l’on vient voir des spectacles. Et puis il y a le Festival Off d’Avignon, où l’on vient aussi faire des rencontres.

Depuis plusieurs années, je parcours les rues d’Avignon au mois de juillet. Le spectacle ne se limite pas aux salles de théâtre : il est partout. Dans les rues, sur les places, aux terrasses des cafés. Les comédiens, les metteurs en scène et parfois même les auteurs eux-mêmes partent à la rencontre du public pour défendre leur création. Ils distribuent des tracts, improvisent quelques répliques, engagent la conversation et tentent, avec passion et sincérité, de convaincre les passants de venir découvrir leur univers.

Ces échanges donnent naissance à des scènes totalement improbables, qui n’auraient sans doute jamais lieu ailleurs.

Et, curieusement, presque chaque année, je finis par croiser un artiste d’origine portugaise.

Cette année, cette rencontre s’appelle Cindy Rodrigues.

En quelques secondes, on sent si le courant passe. Un sourire, une poignée de main, une façon de parler de son spectacle, une étincelle dans le regard. Lorsqu’un auteur croit profondément à son texte et qu’un comédien le porte avec passion avant même d’entrer en scène, le spectacle est déjà à moitié vendu.

Avec Cindy, la conversation a commencé très simplement.

– Vous êtes Espagnols ?

– Non, Portugais.

– Moi aussi.

– D’où êtes-vous ?

– Mon père est originaire de la région de Castelo Branco.

– Nous aussi !

– Aujourd’hui, il partage sa retraite entre l’Algarve et la France.

– Comme nous !

Quelques minutes plus tard, nous étions presque en train de comparer nos histoires familiales. Une succession de coïncidences qui donne le sourire et rappelle combien les chemins de la diaspora portugaise se croisent parfois de manière inattendue.

Cette rencontre m’a donné envie d’en savoir davantage sur cette jeune femme.

J’ai donc demandé à… Machine.

Et la réponse m’a impressionné.

Cindy Rodrigues n’est pas seulement comédienne. Elle est également autrice et metteuse en scène. Formée à la prestigieuse École Claude Mathieu, après des études d’arts du spectacle, elle est montée sur les planches dès son enfance. Depuis, elle construit avec patience un parcours exigeant, alternant les grands textes du répertoire et ses propres créations.

Son écriture est sensible, poétique et profondément humaine. Elle aime raconter des histoires qui parlent des émotions universelles avec délicatesse. Son spectacle «Au ciel», présenté cette année au Festival Off d’Avignon, en est une belle illustration. À travers le voyage imaginaire d’une petite fille partie retrouver sa grand-mère «au ciel», elle aborde le deuil, l’enfance et la transmission avec une infinie douceur, mêlant théâtre, marionnettes et poésie.

Ce qui frappe chez Cindy Rodrigues, c’est cette double capacité à écrire et à interpréter ses propres textes. Peu de jeunes artistes font aujourd’hui ce choix exigeant. Elle le fait avec conviction, authenticité et une générosité qui transparaît dès les premiers instants de la rencontre.

Finalement, c’est peut-être cela, la véritable magie du Festival Off d’Avignon.

On pense acheter une place de théâtre. En réalité, on repart souvent avec bien davantage : une rencontre, une histoire et le sentiment d’avoir découvert un artiste avant que le grand public ne s’en empare.

Merci, Cindy.

Et merci… Machine.

José Robalo

José Robalo

Movimento Sinergias da Diáspora

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