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Xavier Bertrand signe un accord avec le Nord du Portugal : «Je connais la vitalité de l’économie portugaise»

Le Président de la Région Hauts‑de‑France, Xavier Bertrand, a effectué vendredi dernier une visite officielle au Portugal afin de signer un Mémorandum de coopération entre cette région française et la Région Nord du Portugal.

La journée de vendredi a commencé à Lisboa, avec un petit‑déjeuner avec des Français résidant au Portugal. Xavier Bertrand a ensuite déposé une gerbe de fleurs devant le mémorial rendant hommage aux soldats portugais qui ont combattu dans le nord de la France contre l’Allemagne durant la I Guerre mondiale.

Le Président de la Région Hauts‑de‑France a été reçu par l’Ambassadrice de France au Portugal, puis par le Président de la République portugaise.

En fin d’après‑midi, à Porto, Xavier Bertrand a signé le Mémorandum d’entente et de coopération entre les deux régions, en présence d’Álvaro Santos, Président de la CCDR Nord ; Nuno Botelho, Président de l’Association Commerciale de Porto ; Luís Ribeiro da Silva, Président de l’Association Entrepreneuriale du Portugal ; et Carlos Vinhas Pereira, Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie Franco‑Portugaise.

À son retour, le Président de la Région Hauts‑de‑France a répondu aux questions de LusoJornal.

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Quel bilan faites‑vous de ce déplacement au Portugal ?

C’est un bilan positif. Il reposait sur trois aspects : d’une part le développement économique, ensuite le devoir de mémoire, et enfin l’entretien avec le Président de la République, qui m’a beaucoup marqué. J’ai signé une déclaration d’intention entre les Hauts‑de‑France et le Nord du Portugal pour développer l’économie entre les deux régions dans différents domaines. Ce qui était très intéressant, c’est qu’il n’y avait pas seulement la CCDR Nord, mais aussi les trois grandes représentations économiques portugaises et franco‑portugaises. Parce que je pense clairement que ce ne sont pas les politiques qui créent les emplois, ce sont les entrepreneurs. Il faut travailler main dans la main, regarder dans la même direction, avec les acteurs économiques. Et il est vrai que j’ai des amis comme Mapril Batista, un formidable entrepreneur en France et au Portugal, qui m’a permis d’entrer très vite en contact avec de nombreux décideurs économiques.

Y a‑t‑il un secteur en particulier que vous souhaitez développer ?

Nous pensons aux filières d’avenir : la tech, l’IA, la cybersécurité, la défense, mais aussi l’agroalimentaire, l’énergie et les ports. Ce sont des sujets sur lesquels nous avons vraiment des choses à développer ensemble. Vendredi matin, j’ai rencontré plusieurs dizaines d’entrepreneurs, français et portugais, à Lisboa, ce qui m’a permis d’échanger très clairement avec eux sur les perspectives de coopération entre les Hauts‑de‑France et le Portugal.

Le Portugal en général, pas seulement le Nord…

Tout à fait. Le voyage avait une véritable tonalité économique. J’ai d’ailleurs invité une délégation de ces entrepreneurs à Lille afin d’organiser un véritable partenariat. Ils m’ont reçu dans un échange très direct, très question‑réponse, et je les ai invités à venir nous voir. Ensuite, ce qui était très important pour moi, c’était le devoir de mémoire.

Pourquoi le devoir de mémoire ?

Parce que la Bataille de La Lys a été marquante pour le Portugal, mais aussi pour ma région. J’ai rencontré une personnalité incroyable, le Général Chito Rodrigues, Président de la Ligue des combattants du Portugal. En me rendant le matin à Lisboa devant le monument aux anciens combattants, c’était une façon de souligner le rôle du Corps Expéditionnaire Portugais (CEP), tombé en Flandres en 1918 lors de la Bataille de La Lys. C’était un moment important pour moi. Quand j’ai commencé à être Député, il y a un quart de siècle, j’étais rapporteur du budget des anciens combattants et déjà très attaché au devoir de mémoire. Mon grand‑père était combattant, donc tout ce qui touche aux anciens combattants est pour moi très important.

Vous avez ensuite rencontré le Président de la République. De quoi avez-vous parlé ?

Nous avons parlé des liens entre les deux pays, de l’Europe – indispensable pour le Portugal, pour la France et pour les Hauts‑de‑France. Nous sommes des Européens convaincus. Nous avons évoqué ce qui doit évoluer en Europe, les rapports Letta et Draghi, qui doivent trouver toute leur place. Nous avons aussi parlé des défis des démocraties : faire reculer les difficultés de nos concitoyens, renforcer les services publics, les politiques qui créent du lien, parce que c’est la seule façon de faire reculer les extrêmes. Redonner de l’espoir est essentiel. Le Président était dans la même logique, notamment sur la question des classes moyennes : ceux qui travaillent doivent être notre priorité. Nous sommes également revenus sur le Traité de Porto. L’accord que nous avons signé avec le Nord du Portugal fait de nous les premiers territoires d’Europe à traduire ce traité en partenariat concret. C’est une alliance entre le Nord de l’Europe du Sud et le Nord de la France. C’était important de montrer que le Traité de Porto devenait concret.

Avez‑vous un objectif chiffré pour ces échanges économiques ?

Non. Les objectifs chiffrés ne parlent que sur le papier. Si nous permettons le développement d’un seul projet de coopération, nous aurons bien fait de le faire. Mais je pense qu’il y a un potentiel bien plus important. Je connais la vitalité de l’économie portugaise, la réalité budgétaire du Portugal, remarquable depuis plusieurs années. Je vois comment nous devons travailler ensemble. Je suis très proche de la Communauté portugaise. D’ailleurs, dimanche matin, en allant faire mes courses près du siège de l’Association des Portugais de Saint‑Quentin, un monsieur m’a dit : «Bertrand est allé au Portugal, il est venu boire un Porto». Je lui ai répondu que je prenais plutôt une Super Bock ! Nous avons discuté, parce qu’il avait vu sur les réseaux sociaux que j’étais au Portugal. Ce déplacement a été très important pour moi. Ce partenariat est un partenariat de long cours. Nous avons la même vocation : des régions et des pays qui savent ce qu’est la valeur du travail. C’est la clé de la réussite, et aussi une façon de faire reculer les extrémismes, les colères et les difficultés sociales.

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Vous aviez demandé une ‘Feuille de route’ pour ce lien entre le Nord de la France et le Nord du Portugal. Quels sont les prochains pas ?

Bruno Cavaco, Consul honoraire du Portugal à Lille, qui est quelqu’un de remarquable, sera chargé de suivre la mise en œuvre de cette Feuille de route. Signer un Accord, c’est bien ; le faire vivre, c’est mieux. Il sera la cheville ouvrière pour s’assurer que tout se met en place. Je suis très attaché à la mise en œuvre concrète.

La Présidente de la Région Île‑de‑France, Valérie Pécresse, a aussi signé un accord avec la région de Lisboa…

Ce n’est pas tout à fait la même chose. Nous nous inscrivons vraiment dans le cadre du Traité de Porto. C’est la logique qui est la nôtre. Mais la Région Île‑de‑France entretient aussi de très bons rapports avec le Portugal, et ce depuis longtemps.

Vous aimez le foot. Vous en avez parlé au Portugal ?

Je ne comprenais pas qu’avec une telle équipe et un tel milieu de terrain – dont une bonne partie joue en France – le Portugal ait perdu contre l’Espagne. Mais on comprend mieux maintenant : nous sommes également tombés contre une équipe redoutable.

Cela nous a évité un France‑Portugal…

Oui, mais nous l’avions déjà connu en 2006. Et je ne reviens pas sur l’Euro (rires). Quand on peut être compétiteur au foot, et moi qui suis passionné, Vitinha est l’un des meilleurs milieux qui soient. Quand on voit votre ligne de milieu… Après, quand on a vu jouer l’Espagne hier soir, on comprend combien les Espagnols sont redoutables. Je suis fan de Mbappé, et mon fils, qui a 8 ans, est fan de Ronaldo. Il a donc fallu que je trouve une boutique pour lui ramener deux maillots de Cristiano Ronaldo et une paire de chaussettes CR7. Je ne suis pas revenu les mains vides. Et je suis tombé sous le charme de Porto.

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